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d'éclat qui aurait du retentisse ment dans la chrétienté. Vouloir prendre Jérusalem avec une armée aussi faible, c'était folie. Jérusalem, la ville sainte des infidèles, était gardée par une armée puissante; elle était de tous cotés
hiîrisséu de iléfuiM-s fi.irmHyUef; qui [il rKubiïTil comme
imprenable. Les croisés se consumeraient sous ses murailles en efforts impuissants. De l'Arabie et de l'Afrique, les Arabes accourraient pour la défendre et détruiraient aisément une armée aussi faible que celle des croisés. Le roi do Chypre en était persuadé; il voulut done imiter l'exemple de saint Louis, roi de France, et commencer les opérations de la croisade par l'Egypte : il forma le projet de s'emparer d'une ville du littoral, pour s'y fortifier et attendre les secours dr. l'Occident. Se rendre maître de
l'Égypte, c'était frapper l'islamisme au
cir.ur et empêcher
les musulmans de l'Afrique do s'unir
ceux de l'Asie. Le
plan était sage, Le roi de Chypre l'e
écuta; il monta le
premier sur la galère royale; toutes li
autres vinrent se
ranger autour d'elle. I.e bienheureux Pi
<?rre Thomas voulut
donner uni! dernière b.'nédicimri .ï 1
rméc; il prononça
des paroles inspuVs. 1 ■ -n : i l.i ile.i -, l.i mer, les armes,
les guerriers, appela sur les Sarrasins
la malédiction cé-
îeste. Le roi et ses troupes répondin
nt aux prières du
légat en inclinant la tête. Quand la pr
ère fut achevée, on
hissa le drapeau royal au* mâts de 1
galère qui portait
Pierre de Luïignan. An même instant, l'armée agita ses drapeaux en signe de joie, le son des trompettes ébranla les airs, et do toutes les poitrines partit co cri puissant ; Vive le roi de Chypre et de Jérusalem! à lui la vïctoirel qu'il triomphe des infidèles! La Hotte leva l'ancre et partit du port de Miedcs. Les croies ne savaient où le roi de Chypre les conduisait; mais pleins de confiance en sa valeur et en sa sagesse, ils allaient avec joie au combat: déjà ils comptaient sur la victoire. Quand ils eurent atteint la haute mer, le roi de Chypre dévoila son plan à l'année et
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désigna pour le débarquement la plage d'Alexandrie. Tout à coup, il se leva un vent très-violent qui dispersa la flotte, on craignit qu'elle ne put se rallier; mais quatre jours après sa sortie du port de Rhodes, elle se retrouva tout entière devant le port d'Alexandrie. L'effroi gagne tes habitants de cette ville. Mais bientôt ils reprennent courage et viennent présenter la bataille aux croisés. Pierre de Lusignan veut prendre son temps et donne des ordres; il renvoie le débarquement au lendemain, et l'armée se prépare au combat par le repos. Les Sarrasins, croyant que la peur empêche les croisés d'opérer leur descente, leur reprochent leur lâcheté et font retentir de leurs cris tout le rivage. Le légal rougissait de honte en entendant ces injures, il eût voulu gagner seul le rivage et verser le premier son sang pour Jésus-Christ. II fit part de son projet au chancelier de Chypre, Philippe de Manières; cet homme prudent eut de la peine à modérer son ardeur. « Mon père, lui disait-il, l'heure de votre mort n'a pas encore sonné. »
Tandis que le roi de Chypre se préparait au combat, les Sarrasins ne restaient pas oisifs. Ils formèrent à la hate des retranchements, h chaque instant do nouveaux escadrons venaient renforcer l'armée qui défendait le rivage; pendant toute la nuit, les Sarrasins sonnèrent de la trompette et allumèrent de grands feux; de peur d'une surprise, les murs de la viiic furent garnis de soldats. La flotte des croisés était à portée de trait de l'ennemi. Le lendemain, dès l'aurore, on prépara le débarquement, le roi le fixa à l'heure de tierce ; les casques et les boucliers des croisés resplendissaient aux premiers rayons du soleil, toute la flotte était en mouvement. D'un lieu élevé le bienheureux Pierre Thomas bénit l'année, il tenait aux mains une relique de la vraie croix; puis, il adressa aux croisés ces paroles chaleureuses : a Soldats choisis de Dieu, que le Seigneur et sa sainte crois vous inspirent la force et le courage. Ne craignez pas les ennemis de Dieu, le ciel vous
accordera la victoire; faites la guerre du Seigneur en hommes de cœur, les portes du ciel aujourd'hui vous sont ouvertes, a Enfla, du haut de la galère du roi, le son de la trompette donna le signal de l'attaque, tes galères s'approchent avec ordre du rivage, on jette du bord les échelles nécessaires à la descente. Les Sarrasins accourent, font pleuvoir sur les galères une grêle de traits. Ils entrent dans l'eau et se prennent corps à corps avec les croisés qui veulent à la nage gagner le rivage. Après une résistance opiniâtre, un bataillon de croisés parvient à s'établir sur la grève, et, dissipant les Ilots d'ennemis qui se pressent autour de lui, il se rend peu à peu maître du terrain et protège la descente de l'année. Enfin, le roi de Chypre parvient à ranger ses soldats en bataille. Les Sarrasins saisis d'effroi prennent la fuite et se réfugient derrière les murs d'Alexandrie. Les croisés les poursuivirent jusqu'aux portes de la ville qu'on eut de la peine à fermer. Le rivage était couvert de cadavres.
Enhardi par un pareil succès, Pierre de Lusignan ernt pouvoir s' emparer de la ville le même jour; il fil mettre le feu aux portes. Tant d'audaœ éioiinu les Sarrasins, ils se croient perdus, ils ne doutent pas que le roi de Chypre ne soit suivi d'une armée formidable, et saisis d'une terreur panique où l'on vit l'intervention divine, ils abandonnent les tours et les remparts, se répandent dans la plaine et gagnent à la hâte le Caire. Après six heures de combat, le roi de Chypre était maître d'Alexandrie, il voulut s'y établir le même jour, h octobre 1365.
Le roi, le légat et toute l'armée, précédés de la croix, firent leur entrée dans Alexandrie. Les habitants frappés d'étonnement disaient, en voyant le triomphe des croisés : u Mahomet est vaincu, le Christ est fort et puissant, il triomphe de Mahomet qui se glorifiait dans ses soldais. » La ville fut livrée au pilbge, les croisés emportèrent une immense quantité d'or, d'argent, de pierres précieuses et
do soieries. La possession d'Alexandrie pouvait Gtre d'une grande utilité aux croisés, une politique sage conseillait de s'y établir. Il est vrai qu'une armée puissante ne pouvait tarder d'arriver du Caire pour en faire le siège. Mais les croisés avaient du temps pour se fortifier; les chrétiens d'Alexandrie pouvaient se joindre à eux et combattre a leurs cotés : la défense serait longue et glorieuse. Le Pape et les princes de l'ilurope, animés par la vue du succès que le roi do Chypre venait d'obtenir, n'auraient pas manqué de les secourir à la nouvelle de l'attaque des Sarrasins. C'était le moyen fie réveiller la foi dans tous les cœurs. Un premier succès en eût appelé d'autre-, comme le pensait le roi de Chypre. Mais quand il eut dévoilé sa pensée au milieu de son conseil, il éprouva une résistance à laquelle il était loin île s'atlenuïo. Les Anglais furent les premiers qui parlèrent d'abandonner Alexandrie, les chevaliers de Rhodes imitèrent cet exemple; quant aux Français et aux Allemands, ils voulaient garder Alexandrie, redoutant l'opprobre qu'il y aurait à livrer ci [te Mille- ninquën'. ],c chef des chevaliers de Rhodes effra\ a l'armée en lui montrant des (Lnueis imaginon s : le suilau e!T;::iple qui allail
venir à la tfite d'une puissante armée, l'impuissance où ils étaient de résister à un ennemi si nombreux, enfin une mort certaine. La peur s'empara du plus grand nombre: il fallut céder. Le roi de Chypre n'abandonna qu'à regret celle riche proie. I.o légal, insultai! à la larheié des Anglais et des chevaliers de Rhodes, il voulait qu'on le laissât dans Alexandrie avec une poignée d'hommes de bonne volonté qui demandaient à se joindre à lui. Ils s'enfermeront dans l'une des tours qui garnissaient les murailles, ils s'y défendront jusqu'à la mort et montreront ainsi à toute l'armée combien la résistance était facile. On ne voulut pas le leur permettre, et l'héroïsme de ces hommes de cœur ne fit pas honte au reste de l'armée.
Les croisés sortirent d'Alexandrie le quatrième jour. Ils
mirent quelque relard à prendre la mer. Los Sarrasins revenus du Cnire n'osaient pénétrer dans la ville, si grande était la crainte dont l'armée chrétienne les avait pénétrés. La (lotte cingla vers l'Ile de Ui\ pre. Mais la vengeance céleste poursuivit les lâches qui avaient redouté le danger. l!ne violente tempête les accueillit au sortir du port d'Alexandrie, la (lotte fut à deux doigls de sa perte, beaucoup d'hommes périi-enL I:n cri général de reproche s'éleva contre les croisés dans toute l'Europe. Plus la prise d'Alexandrie parut glorieuse, et plus leur lâcheté fut blâmée. On !i s ruijela iuMmams e[ avides, un les accusa d'avoir pris la croix dans le but unique de s'enrichir des dépouilles des villes conquises '. Pétrarque exprimait la pensée de toute la chrétienté, et montrait l'importance de la conquête d'Alexandrie quand il écrivait ces 'lignes à Philippe de Maizières, chancelier de Chypre : « Ce n'est pas Alexandrie seulement qui appartiendrait aux chrétiens, mais encore Mcmphis, Antioche, Damas et Babylone. Une avarice digne des peuples barbares, un vil amour de l'or, la crainte de perdre un moment de plaisir l'a emporté sur la vertu rude et austère. Chargés de butin , ou mieux couverts de déshonneur et accablés sous le poids de leur honte, ils ont pris la fuite. Ils ont oublié, ils ont mis de coté Ie3 intérêts de la foi, intérêts si grands, que jamais, de mémoire d'homme, on n'avait pu concevoir de telles espérances »
Personne ne fut plus humilié, ne ressentit une douleur plus vive qu'Urbain V. La fuite des croises faisait évanouir tous les projets qu'il avait formés pour la délivrance des lieux saints; il entrevit le triomphe de l'islamisme, la perte de Chypre, de Rhodes, do toutes les villes que les chrétiens avaient gardées sur le liiloral de l'Asie Mineure. Il
t. Pfirorqiie, Seuil.. Mi. toi.