I. Rivntudf
lait à seconder ses nouveaux projets de croisade. Us remirent aussi au roi de Hongrie la lettre qui* le Pape lui écrivait pour le féliciter de tout ce qu'il avait déjà fait. Le roi de Hongrie avait réuni sous ses drapeaux une armée nombreuse. 11 eût marché aussitôt à la défense des Grecs, si le Pape ne l'avait prié d'attendre encore. Mais l'armée hongroise était si bien disposée qu'on ne pouvait plus modérer son ardeur. Le roi de Hongrie la conduisit dans la Bulgarie, où l'Église avait dos ennemis encore plus dangereux
Ce royaume était depuis longtemps un foyer d'erreurs et do révoltes. C'est là que naissaient les hérésies monstrueuses qui allaient infecter les royaumes de l'Occident. Toute trace de christianisme s'était effacée. On ne savait plus au juste quelle religion suivaient les Bulgares. C'étaient les erreurs de Matu's et de M.-tliouirt nmibinées ensemble, mélange si honteux qu'au moyen âge le nom de Bulgare était mie iiijni'!' simulai] le. Le roi >le Hrmgrk' crut servir l'Église et enlever un appui aux Turcs en soumettant les Bulgares. Il envahit leur royaume à ('improviste. Leur roi n'a pas le temps de se reconnaître, et déjà le roi de Hongrie est sous les murs de leur capitale et en forme le siège. Au bout de quelques jours la ville est prise d'assaut et le roi Stratimir fait prisonnier. L;n pareil succès jeta l'épouvante dans tout le peuple. Les Bulgares n'opposèrent aucune résistance. Le roi de Hongrie eut besoin de trois mois seulement pour conquérir ce royaume. Stratimir fut conduit en Hongrie et enfermé dans une citadelle. Là il fit des réflexions sérieuses sur son sort, la grâce divine loucha son cieur. Il reçut le baptême, jura fidélité au roi de Hongrie, lui promit une amitié inviolable s'il le rendait à la liberté et au trône. Il tint parole. Louis ayant brisé ses fers, Stratimir engagea son peuple à embrasser la foi catholique. Huit Frères Mineurs, que le vii aire de Bosnie avait envoyés en Bulgarie, parcoururent toules les provinces. Encouragés
par l'exemple et par la protection du roi, ils convertirent deux cent mille huimin-s en cinquante jours. Mais bientôt ce petit nombre fl'oit vi-îits i-v;mL;<:l i(|iir>s lui insuffisant pour une si riche moisson. Le roi de Hongrie lit écrire sur des registres le nom de lotis les néophytes et les envoya au général dea Frères Mineurs, lui demandant de nouveaux apôtres. La fête de la Portioucule approchait. C'était la coutume, comme aujourd'hui, qu'une foule immense de fidèles, de prêtres, de Frères Mineurs, se rendissent à Assise pour gagner le pardon du saint pntriardu'. Marc de Vilerbe écrivit au ministre de la province et le pria de communiquer sa lettre à la foule des frères réunis, espérant que plusieurs religieux demanderaient à passer chez les Bulgares pour y travailler à leur conversion. Le général retraçait, dans un tableau émouvant, l'ardeur avec laquelle le peuple, les princes, le» hommes, les femmes, les enfants et les vieillards avaient embrassé la vérité. Enfin, il exprime ses craintes pour l'avenir, il tremble que ces belles dispositions ne s'evan unissent, el que la Bulgarie ne soit perdue pour l'Église, si les enfants de Saint-François ne se hâtent d'aller dans ce royaume'. L'appel do Marc de Vilerbe fut entendu. Une nouvelle colonie de religieux alla renforcer celle que le roi de Hongrie avait déjà envoyée en Bulgarie.
Urbain Vue pouvait rester indifférent à la conversion de ce royaume. Il écrivit au roi de Hongrie pour le féliciter des heureux résultats de sou expédition et l'exhorter a protéger les ouvriers de l'Évangile. Mais, craignant que les efforts des Frères Mineurs ne restent impuissants, que le bien ne dure pas si on n'a soin de le diriger, il envoya en Bulgarie, avec de pleins pouvoirs, l'archevêque de Colosses et l'éveque de Ténédos*. fcn travaillant à la conversion des