‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 63 sur 162 · Waldingli · texte numérisé non relu

Waldingli

ï. BiçaU, t. VI.

27d mSTOim d'oriain v.

provinces qui sont nu nord de Oonsttntinople, il les unissait en un seul faiseeaii avec les peuples de l'Europe, et il augmentait les forn s de l'Oecidenl amire les barbares de l'Orient. Ainsi, In gloire de l'kglise i;nln>|ique, alors comme aujourd'hui, était li e intimement à la paix et à la puissance des peuples de l'Europe.

Mais il fallaii opposer aux Turcsd'auires efforts, l.'rbn in V remua de nouveau l'Europe par ses lettres el par aes envoyés. Une armée de tinquante. mille Serviens, qui s'était portée sur Andrinople pour en faire le siège, venait d'être détruite par les Turcs dans une sortie nocturne. Le chef de la chrétienté s'efforça de venger cette défaite et poussa les chrétiens de l'Orient i voler à la défense de leurs frères.

Auiédéo, comte de Savoie, voulant obéir au Pontife, avait réuni une année. Les républiques de Gênes et de Venise furent priéea par le Tape de meure leurs Huttes à sa disposition. Kl le s obéirent el eurent leur pari de gloire dans les

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Urbain V écrivait des leitres encycliques à tous les éwqites de France, d'Italie el d'Allemagne pour les exhorter à prêcher partout la guerre sainte et à ranimer le zèle de leurs peuples. Enfin, il exhorta vivement l'Empereur et les rois de l'Europe a défendre la chrétienté menacée à l'Orient par un ennemi implacable.

La France venait de recouvrer la paix sous le sage gouvernement du son jeune roi. Les grandes compagnies avaient été emmenées eu Espagne par Duguesclin. La paix régnait entre le roi de France et celui d'Angleterre. La prospérité renaissait partout, et la Fiance sortait de ses ruines. Le Pape espéra tout de Charles V. Il mit sous ses yeux l'exemple de son père et l'engagea à prendre comme lui les armes pour la défense des lieux saints '.

t. Rlgato, I. IV.

plus que du bonheur et de la prospérité df la chrétienté. L'Europe n'était déjà plus une seule famille ei un seul peuple dont le Pape était le chef. La société chrétienne du moyen âge était détruite. Le moment allait venir où le royaume de Chypre et les chevaliers du llhodes deviendraient la proie des ÎD fidèles. Urbain V, voulant préveoir ce malheur, conçut i grande pensée qui atteste la profondeur de son esprit. Il voulut ruiner les infidèles et les épuiser lentement, s'il ne pouvait les dompter par la force. Il défendit tout commerce avec eux. Les Vénitiens. les Génois, les Aragonais avaient fait des traités de commerce avec les Turcs et les Sarrasins; ils allaient chercher en Orient des parfums, des épices, du blé, de la soie. Ce commerce enrichissait les musulmans, aux mains de qui devait passer à la longue tout l'or de l'Europe. Voyant que les rois et les peuples résilient sourds à l'appel qu'il leur avait fait, Urbain V tenta un dernier effort. Il dérendit tout commerce entre les chrétiens et les infidèles, cassa tous les traités, défendit de les observer, si le mi de Chypre el les chevaliers de Rhodes n'y étaient pas compris. Les peuples riverains de la Méditerranée, qui savaient la fermeté d'Urbain V, craignirent qu'il ne les frappât des censures de l'Église s'ils refusaient de lui obéir. Ils n'osèrent renouer leurs anciennes relations oirmnercialus avec l'Orient. Les Turcs et les Sarrasins comprirent qu'à la longue une telle défense les appauvrirait. Ils se soumirent aux volontés

d'L'riiaijI V. laisiùrenl en puis le royaume de Chypre ainsi que l'ile de Ilhodes, et ces deux boulevards de la chrélienié furent sauvés pour le moment. Ce que les princes de l'Europe o'osaient entreprendre, ce que des armées nombreuses ne purent accomplir, une bulle, une parole, une pensée d'Urbain V pouvait le faire. Urbain V fui plus sévère

qu'Innocent III au concile de Latran. Ce Pape s'était borné à défendre aux chrétiens de vendre, des armes aux infidèles et de servir sur leurs galères'. Urbain V proscrivit tout commerce avec eux. Les temps ayant changé, il fallait plus de rigueur, et, comme son prédécesseur, Urbain V ne resta pas au-dessous de la tache que lui imposaient les circonstances particulières où il se trouvait.

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