‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 7 sur 162 · Stniln, liv. VU, jp. I · texte numérisé non relu

Stniln, liv. VU, jp. I

La guerre ecclésiastique dura jnsiju'à la mon ii'!nnocci)t VI. Ce Pape serait allé en Italie, quand il apprit les succès d'AIbornos, si des infirmités sans nombre n'étaient venues accabler sa vieillesse. Il traîna l'espace de trois ans une vie languissant*.: et laissa le icône apostolique à Urbain V qui, ie premier, aura la gloire de revenir a Rome.

Telles sont les graves raisons qui retinrent les Papes à Avignon. Ils curent lotis lit volnnii: de remplir leur devoir et dcréiablir à Itonu; le silice de la Fap;nué. Mais leur dessein fut traversé par des événements qui déconcertèrent leur prudence. Ils ne pouvaient, ils ne devaient pas quitter Avignon, s'ils ne voulaient pas exposer l'Église au schisme et a l'oppression des grands dans un temps où les Cnlonna, les llrsins et les Savelli se livraient au milieu de Rome des combats acharnés. Le reste de l'Italie était comme Rome en proie à la haine et à la division. Des lutles incessai.il es entre (.Séries e( \enise, Pise et Florence, les Visconli et les autres seigneurs lombards , remplissent l'histoire du xtv siècle. Sans doute, c'est pour les Papes' un devoir de régner à Rome où saint Pierre élablii son siège, mais il y a pour eus un devoir encore plus sacré, c'est de gouverner l'Église, et , lorsque les malheurs des temps ne permettent plus au pontife romain d'exercer dans Ruine nue autorité libre et indOprndanle, il doit en sortir. Son pouvoir le suit partout, l'Église est là où se trouve le Pape,

Le cardinal Gui de lioulogne revenait d'Italie en Krance. A Parme il vil Pétrarque qu'il aimait. Le poêle voulut suivre le légat jusqu'à la frontière de Krance. Ils devisaient ensemble sur la richesse et la beauté des deux pays. Le légat se plaisait à critiquer délicatement l'amour de Pétrarque pour l'Italie. Ils étaient arrivés sur le territoire de Vérone, à quelque distance du lac de Garde. La beauté des lieux frappa le cardinal : il voulut s'arrêter. 11 monta sur un tertre élevé pourvoir au loin les Alpes aux flancs azurés éje-

gauchi? do riches coteaux où l'orme cl le chêne mariaient leurs br.mchcs.de?! prairies toujours vertes sillonnées par des ruisseaux nombreux, en face le lac de (larde don! la nappe immense brille des mêmes couleurs que la mer et comme elle aussi monte et s'abaisse à des intervalles périodiques.

I.e cardinal contempla longtemps en silence ; puis, tout ému, il dit a Pétrarque: " Je dois vous l'avouer, votre pais est plus riche que le notre. » Le poète souriait, quand le cardinal ajouta : « Mais il faut convenir aussi que le nôtre est plus tranquille, »

Ces derniers mots, que Pétrarque a recueillis, sont l'apologie des Papes d'Avignon et donnent la clef de leur politique.

Cependant le siège du Pape est à Rome, l.e Pape ne peut s'en éloigner sans danger pour l'Église. Nulle part au monde il n'exercera son autorité d'une manière plus utile, ('.'es! là que saint Pierre a prêché ; c'est là qu'il est mort. C'esl de Home qu'il a gouverné pendant vingt-cinq ans l' Église universelle, envoyant partout des évëques et s'efforçant d'étendre le régne de Ji'-siis-Clirist. Tant que l'f&lisc

Pierre demeure à Jérusalem; ensuite il passe à Antioche et y travaille à la conversion des gentils. D'Antïoche, comme d'un puste avancé, il répandra la doctrine de l'Évangile parmi les Juifs du Pont, de la Bit by nie et de la Cappnrtoce Mais quand l'Église aura pris un merveilleux

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