‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 70 sur 162 · Miimtnri, Amuûts · texte numérisé non relu

Miimtnri, Amuûts

Enfin, les deux seigneurs étant arrives à Avignon, eurent avec le Pape de longs entiviit'ns. Ils posèrent les bases d'une alliance offensive et défensive. François de Carrare, les seigneurs de Mantoue, le roi de Hongrie ainsi que . l'Empereur devaient y entrer. Le corn mande ni eut en chef était dévolu à l'Empereur. Le but secret de la ligue c'était la guerre contre Barnabe. Pour mieux le cacher, on eut l'air d>.: se ligner ronlre ks cntiipag! irs qui désolaient l'Italie. Quand Baruabo apprit que la ligue était conclue, il ne se méprit pas .sur les di's.sdns des alliés. Il devina que tous ces princes s'unissaient contre lui. Cependant il n'avait que des soupçons, el, pour agir prudemment, il voulut éclaircir ses doutes. Il envoya donc an Pape des ambassadeurs et le pria de l'admettre dans la ligue. Le Pape s'excusa, renvoja itarnabu à l'Empereur.

S'étant ainsi assuré qu'on méditait quelque chose contre lui, Barnabo ne voulut pas être surpris par une déclaration de guerre. Il prévint lui-même l'attaque des alliés. Ambrosiole, qui était sur les terres des Génois, reçut l'ordre d'enrôler des soldats, et, comme il payait bien, les routiers

binntûl à la tête d'une année nombreuse. Il vient à la Spezzia, de là il va ravager les villes de la rivière de Gênes. Tout fuyait devant lui. Gènes était dans la consternation et s'attendait à une ruine prochaine. Mais, plus que tous les autres, Urbain V fut désolé à la nouvelle de cette guerre, qui pouvait retarder son retour à Rome. 11 écrivit au tyran une longue lettre pour le calmer. Il le remercia des offres qu'il lui avait faites pour son retour. Darnabo fut gagné par la douceur de ce langage. 11 fil la paix. Les Génois s'engagèrent à lui payer une forte indemnité. Ambrosiole quitta le pays génois et s'en alla avec ses routiers porter le fer et la flamme dans le royaume de Naples.

Urbain V ne fut pas aussi heureux auprès du roi de Castille. La lutte qui s'engageait entre Pierre le Cruel et

le bâtard Henri de Transiamare, sera longue et meurtri t-re. Urbain V employa tous les moyens pour l'empêcher. Il tacha de réconcilier le roi de Caslille avec celui d'Aragon qui avait emurassi; la o.iusc d'Henri de Transiamare. Le prince de dalles ainsi que le roi de Portugal et Charles le Mauvais furent priés de s'interposer et d'amener les deux rois à faire la paix. Il leur envoya dans ce but révéque de Ch ici i ester. Enfin, il écrivit do nouveau à Pierre le Cruel pour l'engager à songer à son intérêt en se réconciliant avec lo roi d'Aragon. Ces sages conseils ne furent pas écoutes, les deux rois se préparèrent à la guerre.

Henri de Transiamare était venu au mois de janvier joindre Duguesclin à Barcelone. L'armée passa l'Èbre et se dirigea sur Calahorra, où Henri se fil proclamer rai. 11 publiait que Pierre le Cruel n'était pas le fils d'Alphonse XI ; que la reine, sa mère, l'avait changé au berceau; enfin, que le Pape l'ayant excommunié, il était déchu de tous ses droils. De son côté, Pierre le Cruel avait réuni son armée à Burgos et se disposait à marcher à la rencontre d'Henri. l.a nouvelle de la prise de Calahorra le mit en fureur. 11 fit mourir le frire du gouverneur de eclic ville. L'armée et le peuple indignés de celte cruauté l'abandonnèrent. Les soldats désertaient publiquement, l.a terreur s'empare de l'esprit du roi. Il ne se croit plus en sûreté dans Burgos. Il en sort et gagne l'Andalousie par une fuite précipitée. Henri poursuivait le cours de ses victoires. Toutes lus villes lui ouvraient leurs portes. Le peuple accourait à sa rencontre et le nommait son libérateur. H entra dans Burgos au commencement du mois d'avril et s'y fit couronner roi de Caslille.

Pendant ce temps Pierre le Cruel traversait Tolède et Séville. Il trouvait partout le peuple révolté contre lui. Il eût voulu réunir quelques soldats pour le défendre ou du moins pour assurer sa fuite. Sa voix ne fut pas entendue. Ne se croyant plus en sûreté dans ses Étals, il confia sa for-

lune, sa vie et celle de ses enfanlsà une frêle barque er se dirigea par le Tage sur le Portugal, espérant que le roi de ce pays prendrait sa défense. Celui-ci ne voulut pas attirer sur son royaume les armes du mi tl'Ani^an et d'Henri de Transtamare. 11 pria l'ierre le Cruel de sortir au plus tôt de ses frontières. Pierre passe en Galice, ses frayeurs augmentent, il voit partout des ennemis. Il se croit trahi par l'archeviïque de Compostelle et le fait mourir. Ce crime souleva contre lui toute ta province. Pierre s'enfuit a la hâte sur un navire qui le porte a Bayonne et de là à Bordeaux, où il vint implorer le secours du prince de Galles. La chute de l'ierre le Cruel eut en Europe un grand retentissement. Les peuples y virent un effet de la vengeance divine.

Ainsi tombent les tyrans. La ruse, la force, la cruauté peuvent les défendre un moment. Mais le jour arrive où les multitudes, lasses du joug, s'unissent pour le briser, et rien ne résisie à leur colore. Il n'y a pas d'autre appui des trônes que la bonne foi, la justice, la clémence.

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