‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 85 sur 162 · Annala de nta · texte numérisé non relu

Annala de nta

i. Botqnau

iiistoihe d' oubai n v. 335 cevoir dignement le chef de l'élise. Le doge était venu n

méfiance à Urbain V. Quand il vit Luit d'hommes sous les armes, il craignit quelque ■'tub 'icln1 et refusa du desrendre a terre. Pendant la nuit, la flotte leva l'ancre et se dirigea sur E'iomhino ' ; elle y arriva dans la journée du mercredi 2 juin, en rp^artit bientôt pour aller mouiller en face de TëTâmone. Les habitants de Sienne lui avaient formé nue garde d'honneur, choisie parmi les patriciens; le peuple de Sienne et des villes voisines était accouru ; le Pape prit confiance en eue niiilliied'' et descendit du navire. Sienne lui fit, suivant l'usage de l'époque, des présents de cire et de ronfelli. il les accepta avec bonté a. Mais comme il avait hâte de loucher le sol des Étais de l'Église , il refusa de passer la nuit à Telamone. La Hotte marcha toute la nuit, et le lendemain 3 juin, au lever du soleil, elle mouillait en Tace de Cnriiétu, on le cardinal Albornos avait fait de magnifiques préparatifs.

Cornelo s'élève sur une crête de rocher, à quelques milles de la mer ; !r. rivage descend par une pente douce et forme comme une plaine entre la mer et Corneto : c'est là qu'on avait [mil disposé pour recevoir le Pape. Le rivage était couvert de pavillons de soie et de verdure . un pont élégant, orné de riches tapis, s'avançait dans la mer et faisait communiquer le rivage avec les navires. Les évêqm-s et les seigneurs de l'iîtat pontifical . les députés de tontes les villes d'Italie étaient réunis avec un peuple immense sur la plage. La fièvre retenait Alhnrnosà Viterbe.'. L'État romain, l'Italie tout entière était là et venait saluer son sauveur et son père. On remarqua surtout les membres d'un nouvel ordre religieux, fondé à Sienne par le bir-n-

t. Chronka laiwtg. lier ftaJfcum.

ï. Poratijo lit1 Qiauati.

heureux Jean Culumhini et son compagnon François de Mino.

Ces religieux appartenaient presquelous aux plus grandes familles d'Italie. Illustres parleur savoir et leur naissance, ils l'étaient davantage encore par leur humilité : ils marchaient nu-pieds et la tête découverte ; leurs habits étaient ceux des pauvres. Ils vinrent à Viterbe au nombre de soixante- dix saluer des premiers l'heureux retour d'Urbain V. Leur modestie édifia le peuple : les petits enfants se mettaient à crier en les voyant : Giesuaii! ecco i Gicsmii! ce nom leur demeura. l>e Vilerhe ils allèrent à Corneto , où ils sollicitèrent l'honneur de préparer les appartements et le lit destinés au Hape ainsi que les lits des cardinaux. Ils attendaient le l'api: sur le rivage avec la foule, tenant aux mains des rameaux d'olivier, et le front ceint de couronnes du mémo arbre. Ils voulaient i xprimer ainsi la paix qu'Lrbatn V apportait à Home et à l'Italie. On les plaça sur le pont quand le Pape quitta sa galère; c'était entre l'heure de prime et celle de tierce. Urbain V fut eu proie à la plus vive émotion quand il vit celte terre d'Italie si chère à son cœur, et cette foule tumultueuse dont la plage élait couverte. Son front rayonna; la joie élait peinte sur tous ses traits, liés qu'il eut mis ie pied sur le pont et qu'il parut entouré de ses cardinaux, les Jésuates agitèrent leurs rameaux d'olivier et poussèrent ces cris : « Loué soit Jésus-Christ, vive le Saint-Père 1 ! a Le peuple répéta ce cri, et tout le long du rivage on n'entendit qu'une voix ; « Vive le Saint-l'ère! vive le Saint-Père ! n Les galères passaient une à une avec rapidité devant le pont, hissaient les prélats , les officiers et les soldats qui composaient la suite du Pape et gagnaient le large à force de rames.

Cependant Urbain V, placé sous un riche dais, traversait

I, Parailiiu de' tiwiuali.

la foule palpitante de joie et prosternée sur le sable du rivage. Entré dans la tente qu'on lui avait préparée, il fil chanter devant lui une messe solennelle. II prit ainsi possession de l'État pontifical et rendit grâces à Dieu d'avoir pu accomplir le grand ouvrage du retour du saint-siège en Italie. La cérémonie fut longue. Urbain V ne quitta le rivage qu'à midi ', monta à cheval et fit son entrée à Corneto, où les Frères Mineurs eurent l'honneur de le recevoir. 11 passa la fétc de la Pentecôte dans celte ville el célébra la messe solennelle.

Déjà les Romains avaient appris son arrivée; ils lui députèrent des ambassadeurs pour l'assurer de leur fidélité et lui offrir avec la souveraineté de leur ville les cli fs du château Saint-Ange *. Le 7, Urbain V quitta Corneto et prit la route de Viterbe, suivi des cardinaux, des prélats de sa cour et des seigneurs romains qui étaient venus à sa rencontre, ainsi que des sni\aiile-<liï Jouâtes. Le cheval qui le portail allait d'un pas si rapide, que les pauvres Jésuates qui couraient autour de lui ne pouvaient le suivre. Ce bon Pape en eut pitié ; et ne voulant pas qu'ils se fatiguassent davantage, il leur fit dire de ne pas courir et de venir tout à leur aise. François Vincenti lui répandit : « Très-Saint Père, mon bonheur est do suivre Votre Sainteté, de l'écouter el de toucher sa personne sacrée, n Aussitôt il prit les devants pour baiser le pied du Pape quand il passerait. Le Pape le voyant prosterni'' ti;ins !n j'ous-ut^ du dicutii) , lit arrêter son cheval et présenta au Jésuate son pied à baiser. Deux fois au passage d'un ruisseau Krannits Vincenti put relever la robe du Pape qui flottait à terre ',

Urbain V s'arrêta deux jours à ïoscanella, qu'il récompensa ainsi de son dévouement à l'Église Là il s'informa

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