Parodiio di Gùtuati, i. Chroniqiu d'OrvUUi
des Jésuates, donl la modestie et ta piété l'avaient frappé. Son frère, le cardinal Anglic, ei le secrétaire apostolique François Bruni, qui déjà avaient entretenu quelques-uns des nouveau;! religieux, confirmèrent le Pape dans la bonne opinion qu'il avait con^mf des Jouâtes. Le mardi
ouïrait nvi'c umi ilYnipiv^sf-iiu'iii autour ili: lui sur h route de Toscanella. François, plein de vénération pour Urbain V, en entrant dans la salle où le Pontife l'attendait, jeta son manteau à terre et se prosterna plusieurs fois. Urbain V lui ordonna de s'approcher de lui, et lui demanda quel genre de vie il menait. François répondit « que sod « désir et celui de ses frères était d'imiter Jésus-Christ en « vivant comme les Apôtres et les enrôlions de la primitive u Église: ensuite de mourir pour lui s'il le fallait et pour « la défense de notre sainte mère l'Église. » De quoi le Pape parut satisfait.
La pauvreté de François et de ses compagnons l'avait beaucoup frappé. S'élnilt informé de Unir naissance, on lui apprit qu'ils étaient pivsijiie lotis !;i'iiiilsiiummes ou gra-
habits tout rapiécés, et il dit a François qu'à l'avenir ils n'iraient plus la tête nue. Les nouveaux religieux devaient porter un capuce et des sandales. La véritable sainteté se manifeste par l'obéissance a l'Église et a ses pasteurs; François accepta de bon cœur, au nom de ses frères, les réformes que le Pape voulait introduire parmi eux. Il les connaissait trop pour douter de leur obéissance ; mais en retour il pria le Pape de lui donner, ainsi qu'à ses frères, l'habit religieux. Urbain V le promit, et le jour même il fit acheter de l'étoffe blanche autant qu'il en fallait pour vfitir tous les disciples du bienheureux Colombinï.
La ville de Viterbe se disposait à recevoir le Pape. Le ro^ï.GES!!' 9 j"'". au premières clartés de l'aurore, le Pape sortit de Tôscaik-iia avec ses cardinaux et les prélats de sa
htstoibe d'ubbacn V. 33« cour. Le peuple de Toscanella le suivait, celui de Viterbe venait à sa rencontre. Une multitude innombrable de prélats, de seigneurs, d'abbés, de clercs et de religieux marchait à la tête du peuple. On voyait parmi eux le vieux cardinal Albornos, qui recevait en ce moment la récompense de tous ses travaux. La maladie l'avait retenu a Viterbe au moment où le Pape débarquait à Corneto; mais il avait pu ce jour-là surmonter sa douleur. La joie lui avait rendu la santé, il était heureux de voler au-devant du Pape a qui ses victoires avaient aplani la voie. C'était à la fois le triomphe d'Urbain V et celui d'Albornos. Quand Urbain V parut, tout le peuple poussa des cris de joie. On comparait sa venue à celle de Jésus-Christ, et ce cri poussé par une multitude immense ébranlait les airs : u Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! »
Urbain V entra dans la ville au milieu de la joie universelle-, les cris redoublaient autour de lui : on eût dit que les pierres elles-mêmes empruntaient une voix pour célébrer ses louanges1. ï'étranjue, du fond de sa retraite, unit sa joie à celle de tout ce peuple. Il exprima en ces termes le bonheur que lui et l'Italie entière ressentaient : u Heureux le jour qui vous a vu nattre! maintenant vous êtes vraiment le Pontife romain; vous files vraiment Urbain, vous êtes le successeur de saint Pierre et le vicaire de Jésus-Christ. Vous l'étiez auparavant, je le reconnais, par votre pouvoir, voire dignité, votre sublime charge, et maintenant vous l'êtes, ce qui vaut mieux, par votre volonté, votre piété, vos actes L'Église, confiée à votre
garde, cette Église que vous venez de ramener à son antique siège, rendez-lui la pureté des mœurs antiques, afin qu'elle soit irréprochable et qu'elle devienne dans tout l'univers vénérable et chère, comme elle l'était autrefois, n
Urbain V alla s'établir dans le palais somptueux qu'AI-