Chronique d'0™i«/o
DISTOIHt D'URBAIK V. Sill
sauva l'empire et prolongea d'un siècle son existence en enlevant Gallipoli aux Turcs. On sait peu de chose sur cette noble entreprise. Cependant, quoique les détails manquent, on est certain que Gallipoli fut prise et rendue a Jean l'aléologue au miment de l'arrivée d'Urbain V à Rome.
A la même époque, le roi de Chypre remportait de nombreuses victoires sur les infidèles. Ayant appris à son retour d'Égypte qu'une flotte turque venait au secours du Soudan d'Égypte, il alla â sa rencontre et la détruisit.
Arnural 1" avait envahi l'Arui 'iiie à la tête de quarantecinq mille hommes. Il vint mettre le siège devant une place forte que les Arméniens avaient sur la mer Noire. Le roi de Chypre envoya des secours à ses alliés; il divisa son armée : une partie fut dirigée a travers les défiles de l'Asie-Mineure, sur l'Arménie. Le reste prit la voie de mer, côtoya l' Asie-Mineure, et vint se jeter dans la place assiégée. Les Chypriens , unis aux Arméniens, firent de nombreuses sorties, tuèrent a l'ennemi plus de dix mille hommes et le forcèrent à lever le siège '.
Le Soudan d'Egypte ayant voulu tromperie roi de Chypre en lui faisant de fausses propositions de paix. Pierre, pour se venger, arme de nnuvcnu et sort du port de Famagouste à la tfie de cent quarante galères ; il fond avec la rapidité de l'éclair sur la c<">le de Syrie, s'eiupure de Tripoli, malgré la résistance que purent faire les vingt mille hommes qui la défendaient. Comme i! n'avait pas assez de soldais pour s'y maintenir, il l'incendia après avoir passé au fil de l'épéc tous les habitants. 11 parcourut ensuite le littoral de la Syrie et de ta Cilicie , culbutant tons les petits corps d'ennemis qui voulaient s'opposer à sa marche, livrant aux llammes les villes qui refusaient de lui ouvrir leurs portes.
Le roi d'Arménie avait promis de venir le joindre à la
t. Miranirm dts frucriîltOTu et fceflîj-M/ms, t. XX, M. deCiylm, sur la Crotiado d'Urbain V.
3/(2 HISTOIRE D'UHBÀIN V.
téte de son armée. Pierre l'attendit l'espace de huit jours sur la cûte de Cilicie; mais craignant d'être surpris par les Turcs, il songea à la retraite. Sa flotte, qui avait longé le littoral, le ramena en Chypre.
Ainsi l'Église triomphait de tous ses ennemis. Dieu semblait jeter sur son peuple un regard de pitié. L'Orient et l'Occident s'unissaient dans le sentiment d'une joie commune.
La nouvelle d'une autre victoire vint bientôt réjouir le cœur du pape Urbain V. Le bâtard de Milan, Ambrosiole, était entré dans le royaume de Naples avec ses routiers. Après avoir saccagé Civitella dol Tronto, il vint établir ses quartiers à Aquila, dans le dessein de troubler le voyage du Pape, Dix mille brigands lui obéissaient. La reine Jeanne réunit toutes les forces dont elle pouvait disposer et les fit marcher sur Aquila ; de son coté, le cardinal Albornos envoya une partie de ses troupes au secours de l'armée napolitaine. La bataille se donna tout près d'Aquila : les soldats de l'Église et ceux de Jeanne combattirent vaillamment; la victoire leur resta; les routiers furent anéantis. Ambrosiole, gravement blessé, tomba aux mains des Napolitains, qui le jeiùri'iii dans un cachot. Six ci'iits routiers furent amenés prisonniers à. Rome. Ennemis de toute société, violant ce que les hommes ont de plus sacré, ils n'avaient aucun droit à l'indulgence du Pape, qui donna l'ordre de les traiter sans miséricorde : trois cents furent pendus, et leur supplice inspira aux méchants une terreur salutaire; les autres furent conduits à Moniefiascone , qui devait leur servir de prison. Ils essayèrent do fuir; on les prit et on les étrangla 1 . L'historien de Milan, Corio, s'élève contre une pareille sévérité Il blâme Urbain V d'avoir traité ainsi les débris de l'armée d'Ambrosiole ; mais les