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S. ffitlmn de Milan.
HISTOIRE D'URBAIN V. 3f|î
crimes inouïs, les infamies, la cruauté des routiers justifient la sévérité qu'on déployait contre eus. Les routiers étaient la grande plaie de ia société. On avait tout essayé pour les détruire; il restait un seul moyen, qui était de ne leur point faire de quartier, et la sévérité d'Urbain V ne mérite pas le blâme.
On ne sait pas exactement le jour où les routiers essuyèrent cette dernière défaite. Cependant, le temps que dut mettre Ambrosiole pour aller de Cônes au delii des Apennins, et la position qu'il prit k Aquila pour tenir Viterbe en échec, font supposer qu'il fut vaincu à l'époque de l'arrivée du Pape en Italie. Cette victoire dut exciter la jalousie des ennemis d'Albornos. Ils étaient nombreux à la cour d'Urbain V. Les partisans de Barnabo en particulier ne pouvaient le souffrir; la défaite d'Ambrosiole alluma leur colère ; Ils voulurent perdre Albornos et le peignirent au Pape comme un homme qui avait dilapidé les biens de l'Église. Un moment le Pape les écoula. (Jtiand le cardinal vint lui remettre les rênes du gouvernement, il lui demanda les comptes de son administration. Le cardinal s'indigne qu'on l'oblige à rendre compte de l'or qu'il a dépensé dans une guerre aussi longue que glorieuse, el dont il a tout seul porté le poids. Il fait amener devant le Pape un chariot où élaieiil les clvh des villes et des châteaux forts qu'il avait pris, les montre du doigt au Poniife, et avec un accent de voix où la fierté de son âme était passée tout entière : Voilà mes comptes! dit-il. Urbain V comprit le sens de celte réponse et regretta d'avoir un moment ouvert son âme au soupçon. Prenant un ton plein de bienveillance, il répondit au cardinal qu'il comprenait ce langage et ne voulait plus douter de ses services '.
Le nuage qui s'était élevé entre le Poniife et le cardinal se dissipa aussitôt. Urbain V rendit sa confiance à Albornos,
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s'entretint souvent avec lui, s'inspira de son expérience et dp sa sagesse, reçut ses conseils et apprit de sa bouche tas dispositions où su trouvaient les peuples d'Italie. Plus il vit Albornos, plus il l'apprécia. 11 regretta de l'avoir sacrifié à la haine de Barnabe, quand il lui ota la légation de Bologne pour la confier au cardinal Androln. Il reconnut qu'Androïn était impuissant h faire face à l'ennemi que l'Église avait en Barnabo, et s'apprêta a lui donner un successeur.
La calomnie, qui s'acharne contre les grands à la cour des princes, n'épargne pas tas petits quand on voit leur crédit s'établir. Les esprits jaloux, après avoir taché de perdre le cardinal Albornos dans l'esprit d'Urbain V, voulurent l'animer contre ta bienheureux Jean Colombini. Ils le peignirent comme un homme imbu do fausses maximes et partageant sur la pauvreté évangélique les erreurs des Fraticelles tant de fois condamnées par l'Église. Mais le Pape, avant de se prononcer, voulut voir si les Jésuales étaient tels qu'on les représentait.
Jean Colombini était né a Sienne d'une famille illustre par ses richesses et par sa noblesse. Il fut plusieurs fois gonfalonier de la république. Un jour il lut la vie de sainte Marie Égyptienne. Le miracle que Dieu fil pour toucher cette pécheresse, qui venait à Jérusalem avec les pèlerins d'Alexandrie vénérer les reliques de la Passion , et la longue pénitence qu'elle accomplit dans le désert, touchèrent son cœur. Il quitta son épouse et son palais, alla s'établir à l'hôpital de Sienne, et consacra tout son temps a soigner, à consoler les pauvres. Son exemple convertit un de ses amis, François de Mino, qui voulut s'unir à lui. Bientôt d'au très disciples lui an -itèrent, et en peu de temps il fut à la télé d'une communauté florissante.
Le but de Jean Colombini et de ses compagnons était de servir lus pauvres. Ils voulurent être plus pauvres encore que ceux dont ils devenaient les serviteurs. Leur