INTRODUCTION IX
trois tours couvrant l'espace do douze mille deux cents coudées*. »
En 1872, le baron de Thielmann ne comptait plus que soixante grosses tours, en ruines pour la plupart*.
Au nord-ouest, dans Tangle formé par la rencontre des remparts et de la rive du fleuve, se trouvait une petite forteresse, nommée Itch-Qal'è ou citadelle intérieure, parce que le mur d'enceinte de cette citadelle pénétrait à Tinlérieur de la ville. Cette forteresse, bâtie de belles pierres blanches*, a joué un grand rôle dans les sièges et dans les séditions dont la cité des khalifes fut le théâtre. Du temps de Niebuhr, elle servait d'arsenal et de magasin à poudre; la garde en était confiée aux janissaires, envoyés chaque année de Constantinople, et désignés sous le nom de qapou-qouhj (proprement « esclaves de la Porte ») pour les distinguer des troupes indigènes logées à demeure dans la ville même, et qui, du temps de Hâdji-Khalfa, s'élevaient à douze mille soldats recevant une paie régulière.
Contigu à la citadelle, et donnant sur le fleuve, était le sércLi ou palais du gouvernement, résidence habituelle du gouverneur-général de la province*. A la fin du xvni® siècle, on le décrivait comme fort grand et consistant en plusieurs bâtiments, la plupart assez mauvais. Il fut totalement détruit lors des troubles qui marquèrent la chute de Dâoud-Pacha, en 4831. « Il est spacieux, écrivait Rousseau vers 4809, et renferme dans son intérieur de beaux appartements; la richesse des meubles dont ils sont garnis ne dément point l'idée qu'on se forme en Europe du luxe asiatique. » C'est sur ce même
1. C'est par erreur que Hâdji-Khalfa donne au total douze mille quatre cents coudées.
2. Le baron Ernouf, Le Caucase, la Perse et la Turquie d'Asie, p. 344.
3. Ttiévenot, Voyage au Levant, 3« éd., 1727, t. III, p. 209.