Khondémir, ibid
3. Cf. Schefer, Chrealomathie persane, t. I, p. 120 du te.xtc et 125 des notes.
Sâvvédji, de Chéref ud-dîn Râmi«, de Khâdjè Mohammed 'Aççàr*, d"Obéïd Zàkàni*, et d'aulres poètes*. 11 régna dixneuf ans el mourut le 2 djoumàda II 776 (8 novembre 4374), laissant le trône à son lils Hoséïn, qui était adonné au jeu et aux distractions de toute espèce, et se souciait fort peu de son rôle de souverain.
Plusieurs de ses lieutenants profitèrent ce ce qu'il s'était rendu à Tébrîz pour se détacher de lui et se révolter; mais grâce aux secours qu'il tira d"Adil-Agha, qui venait de s'emparer de r'Irâq-'Adjémi, il les fit mettre à mort'. D'un autre côté certains hommes puissants, attirés dans un complot par le prince Chcïkh-'Ali, lils du sultan Owéïs, firent assassiner l'émir Ismà'il, gouverneur de Bagdad, pendant qu'il se rendait à la mosquée (780 — 1378-79), et déclarèrent ce prince souverain de la ville et de la province. Le sultan Hoséïn temporisa d'abord et reconnut cette souveraineté; mais comme il voyait les Etats de l'usurpateur s'agrandir de jour en jour, il se décida à lever ses étendards et marcha contre la capitale des khalifes avec l'appui d"Adil-agha (automne de 782 =: fin de 1380). Ghéïkh-'Ali no put résister et s'enfuit vers Dizfoul etChouchtèr. Mais bientôt dégoûtés de la folie et de l'oppression de Hoséïn, les Bagdadiens, en ce même hiver, complotèrent de nouveau et se tournèrent vers Chéïkh-'Ali, qu'ils firent revenir et asseoir sur le trône. Hoséïn n'eut que le temps de s'enfuir à Tébrîz. Bientôt après son frère Sultan
1. Auteur de VAnîs el-'OchcMq. Vou^ la préface de notre traduction de cet ouvrage, p. 4.
2. Né à Tébrîz, auteur du roman en vers Mihr o MoclUcri; mort en 779 ou 784 liég. Cf. Ch. liicu, Cataloyue Fers. Mss. Biit. Mus., vol. H, p. 626. Hammer, Geschichte der schon. Rediikilnste Persiens, p. 254, a par erreur 'Altàr.
3. Hammer, Geschichte, p. 249; H. Ethé, Grundriss, t. II, p. 267. Ses Laldif ont été publiés à Constantinople en 1303 hég. par les soins de M.'Ferté.
4. Il a lui-même composé quelques vers persans que le Medjma' d- Fosahd de Hizà Qoulî-Khan, 1. 1, p. 7, nous a conservés.
5. Sur ces événements et ceux qui suivent, voir Khondémir, op. laud., t. III, 1" partie, p. 138.
Ahmed se révolta, le surprit dans le chef-lieu de l'Azerbaïdjan et le fit mellre à mort dans la huitième année de son règne (784 = 1382-83).
A ce moment, un autre frère de Sultan Ahmed, nommé le prince Bayézid, s'appuya sur 'Adiî-Agha et sur Chéïkh-'Ali, et fut englobé dans leurs complots. Après une première rencontre 011 Ahmed fut défait, celui-ci se tourna vers le Turcoman Qara-Mohammed, père de Qara-Yousouf, et lui demanda du secours. Dans la bataille qui s'ensuivit, Chéïkh-'Ali fut tué, et Tarmée d"Adil-Agha taillée en pièces. Puis Ton conclut une trêve, pendant laquelle les habitants de Bagdad demandèrent à 'Adil-Agha de leur envoyer un gouverneur de sa part. Ce chef fit choix de Toursoun, son cousin du côté maternel, et lui adjoignit comme ministre Qivàm ud-dîn Nédjéfi. Le premier soin du nouveau gouverneur fut de faire mettre à mort 'Abd ul-MéliU Tamghâtchi ainsi que ceux qui avaient trempé dans l'assassinat de l'émir Ismâ'îl. La ville fut pleine de troubles; le trésor amassé pour le compte d"Adil-Agha fut pillé et Sultân-Ahmed, que les nouvelles de ces incidents vinrent trouver à Tébrîz, se mit en marche en toute hâte pour lâcher de reprendre la principale des villes de son royaume. A son approche, Toursoun tenta de s'enfuir, mais ne tarda pas à être rejoint et à subir la peine capitale. Ahmed resta le maître incontesté de la capitale des khalifes; il y passa l'hiver et retourna au printemps à Tébrîz, en laissant comme gouverneur Khâdjè Yahya de Semnân (785 zz 1383).
'Adil-Agha ne voulut pas rester sous le coup de cette défaite. Il s'entendit avec Châh-Choudjâ'-Kliàn, qui régnait à Chirâz, et se mit en campagne; mais ce dernier envoya à Sultan Ahmed des ambassadeurs chargés de négocier un raccommodement. Cette proposition fut acceptée par Ahmed, qui fit venir son frère Bayézid à Bagdad et l'y installa avec beaucoup d'honneurs'.
1. Noire auteur, clans tout ce passage, s.3mblc avoir eu sons les yeux des textes passablement diirérents de ceux qui onl servi à Kliondéinîr.
En 795 (1392-93), eut lieu la première prise de Bagdad par Timour (Tamerlaii); Sull.lii Ahmed ne pul lui résister; il s'enfuit avec deux nnillo lanciers, mais les lieutenants du conquérant l'atteignirent dans la vallée de Kerbélà. Après s'y être battu, il échappa à ceux qui le poursuivaient et parvint à se réfugier auprès du sultan mameluck d'Egypte, Barqoùq. En 797 (1394-93), ayant rassemblé une armée, il retourna à Bagdad, alors gouvernée, pour le compte de Timour, par l'émir Mas'oùd Sebzèwàrî, ([ui ne put lui résister, surtout à cause de l'éloignement du conquérant qui venait de quitter la Géorgie pour retourner dans le Qyplchaq '.
Ahmed avait su que certains grands personnages de la ville s'étaient mis d'accord pour repousser sa domination; quand il en trouva l'occasion, il se débarrassa d'eux par une mort prompte. 11 est certain que les habilanls de la ville ne l'aimaient guère, car il était injuste et cruel : beaucoup d'entre eux préféraient la domination tarlare*, et la sourde opposition qu'il sentait en eux n'était pas sans lui inspirer des craintes. Il se rendit à Diarbékir auprès de l'émir turcoman Qara-Yousouf, conclut avec lui un pacte d'amitié, et grâce à son appui se maintint fortement dans sa capitale.
Timour devint furieux à ces nouvelles; mais occupé de la conquête de l'Inde et de ses difficultés avec le sultan ottoman Bayézid, il fut contraint de différer sa vengeance, qui n'en fut que plus terrible. C'est en 8u3 (1400-1401), qu'au retour de sa campagne en Syrie, le conquérant lartare marcha sur Bagdad. Ahmed laissa dans la ville Emîr Faradj en le chargeant de la défendre contre les assaillants, se rendit à Mossoul retrouver Qara-Yousouf, et, d'accord avec celui-ci, se plaça sous la protection du sultan ottoman, qui paraissait à ces petits souverains le seul en état de résister à la marche envahis-