HISTOIRE DF BAGDAD
resta établi que les Tekkélus n'obéissaient plus au Cbâb de
Perse.
Le Kbân résolut d'adopter une autre tactique pour mater ces gens. Il invita chez lui les principaux d'entre eux et leur raconta qu'il se repentait d'avoir voulu se rendre auprès de Châh-Tabmâsp, et qu'il avait pris le parti de reconnaître l'autorité du sultan ottoman. Il les trompa par ce fallacieux discours, et obtint, par ce mensonge, l'assentiment de l'assemblée à son projet. Il les persuada, en effet, qu'il était nécessaire de dépêcher quelques-uns des plus connus d'entre eux porter les clefs de la ville au sultan Suléïmân; les principaux se mirent en roule pour le camp ottoman, emportant les clefs. Les Tekkélus restèrent ainsi privés de leurs chefs. Grâce à cette ruse, le gouverneur persan leur avait enlevé toute leur puissance; délivré de cette gêne, il put reprendre en sécurité ses premiers projets, passa sans difficulté le pont avec toute sa maison et atteignit le camp persan du côté de Bassora'.
Lorsque le sultan Suléïmân apprit la fuite de Mobammed- Khân, il envoya son grand-vizir Ibrâhîm-pncha en avantgarde, et lui-même vint camper sous les murs de la ville un ou deux jours après. C'est ainsi que les Ottomans s'emparèrent de la ville des Khalifes, à la date de 941 de l'hégire (1534), qui a été conservée par le chronogramme suivant :
jij.^1* ol-t.2l AjUj^ 't J ^-^S
Le souverain célèbre est arrivé à la Tour des Saints'.
Le sultan vainqueur séjourna à Bagdad six mois environ. Pendant la durée de ce séjour, Hilla, Cbèhribân' et autres forteresses, le Loùristan, Wàsit, DjèzAïr, Qatîfetle Bahréin
1. Ce récit de la résistance des gens du Telvlvé et de la riiso employée par le gouverneur persan explique bien le rôle de ^lolianimedbeg, dont aiilri'menl on ne saurait se rendre compte. Ces détails étaient restés inconnus jusqu'ici. Cf. Ilamiuer. t. V, p. 21-4.