Surnom de l?agdad
3. Jadis bourgade florissante sur la rive gauche de la Diàla, à trois Journées au nord-est de Bagdad, aujourd'liui simple village. Charmoy, op. cit.. t. I. p. 20'i/\\o\isse3Hi\, Description (lu pachalik de Baydad, p, 81.
furent soumis. Le gouverneur de Bassora, Râchid et son fils Mâni' se soumirent également.
Lors de l'entrée du sultan dans la ville, son armée reçut l'ordre de camper dans la plaine oii est située la bourgade d'A'zhamiyyé; il fut interdit à tous les soldats de franchir le mur d'enceinte et de causer le moindre dommage aux habitants. Ceux-ci jouirent, grâce à cette sage mesure, de la plus grande sécurité, la maraude fut entravée, et le poète Fozoùlî de Bagdad a pu dire, dans un poème mi-arabe, mipersan :
Fais durer éternellement dans le monde, ô grand Dieu! la sécurité des musulmans — par la durée de l'empire stable du sultan pieux.
Éclaire, ô Dieu! la lampe de la stabilité dans l'islamisme — en rendant fixe la fortune du souverain de l'Univers.
Eternise, ô Dieu! un maître par qui le monde resplendit, — par les bienfaits de qui la terre est devenue un paradis.
Le sultan visita le tombeau du grand imam Abou-IIanîfa; il ordonna de réparer la forteresse de Koùhi-Ustuwâr, de désigner les gens qui seraient autorisés à habiter dans la citadelle, de renouveler la construction du seuil autour duquel tournent les anges, c'est-à-dire d'Abou-Hanîfa, d'en inscrire les serviteurs et de multiplier les fondations pieuses. Ensuite il visita le tombeau de l'imam Moûsa Kâzhim et celui de l'imam Mohammed Djawwâd; il fixa le montant des émoluments des desservants de ces deux mausolées, qui devaient être payés par le trésor impérial de Bagdad, et déterminales devoirs de leur charge; il ordonna d'achever la construction des mausolées de ces deux grands saints de l'islamisme et celle de la mosquée qui y est attenante.
Le 28 djoumàda I de la même année (5 décembre 1534), le sultan se mit en route pour visiter les sites historiques de Kerbélâ et de Nédjef; il ordonna de creuser un grand canal partant de l'Euphrate et fit amener l'eau de ce fleuve dans la plaine de Kerbélà. Les récoltes que produisirent les terres, ainsi rendues à la vie par l'irrigation, suffirent à l'entretien
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des serviteurs du sultan et même, on peut le dire, à la nourriture de tous les habitants de Bagdad. Le sable du désert soulevé par les vents s'amoncelait autour du mausolée de rimam I.Ioséïn, de sorte que les gardiens de cet édifice étaient obligés de se donner une peine considérable pour l'entretenir en état de propreté et en dégager les abords ; grâce au nouveau canal, les alentours de ce monument se couvrirent de jardins, et les habitants de la petite ville de Kerbélà furent délivrés des soucis qui les avaient jusqu'alors accablés par rapport à cet envahissement constant des sables. On dit que certains ingénieurs expérimentés, ayant remarqué que l'Euphrate était inférieur au niveau de Kerbélâ, avaient déclaré qu'il était impossible de faire couler l'eau du côté de la petite ville; la facilité avec laquelle s'opéra ce travail fit croire à un miracle de IToséïn et à la bonne fortune du sultan Suléïmân, tandis qu'on aurait dû en faire honneur à la science de ses ingénieurs.
Le sultan ottoman se dirigea ensuite vers Nédjef, oiiil visita le tombeau d"Ali, puis il revint à Bagdad, en nomma gouverneur Suléïman-Pacha, et en partit, le 27 ramazan de cette même année (1" avril 1535)', dans la direction de l'Azerbaïdjan. Pendant son séjour dans la capitale des khalifes, il avait fait mettre à mort son ancien intendant des finances, Iskendèr- Tchèlèbi, qui fut pendu sur le marché aux chevaux le 8 ramazan {13 mars 1535)* ; la rivalité de ce personnage avec le toutpuissant grand-vizir Ibrahim et surtout ses immenses richesses avaient été la cause de sa perte.
Il serait étranger à notre sujet de suivre les diverses péripéties de la lutte entre Suléïmân et Châh-Tahmâsp, qui ne se termina qu'en 962 (1535). Nous nous bornerons aux événements locaux de la province de Bagdad. Râchid, gouverneur de Bassora, était venu présenter à Suléïmân, quand celui-ci
1. I,a flalc fi'aprrs In journal do la campagno dn Siilt'ïmàn, ap. Haiiinior, t. V, p. 505. Colle du 2 rainaznn doiiin'O par noiro maïuiscril t>t Nazhmî-ziidè, f" 62 \°, est erronée.