‹ Histoire de Bagdad dans les temps modernesChapitre 41 sur 93 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Arrivée de llàl'yzii Abiued-Pacha et seconde conquête par les Ottomans, sous Mouràd IV.

L'année de l'intronisation du sullan MourAd IV, en 1032 (1022-1023), Békir Coù-bàchy, qui, comme nous l'avons vu, s'était rendu indépendant de la Porte, inquiel des suites de sa

rébellion, adressa au vizir Ilafyzh Ahmed-Pacha, gouverneur militaire de Diarbékir, des lettres suppliantes pour solliciter son pardon, ainsi que le concours de ce personnage en vue de se faire accorder par la Porte le gouvernement de la province de Bagdad. Mais le Divan, au courant des manœuvres déloyales de ce personnage, confia ce pachalik à Suléïmân-Pacha et chargea le vizir Ahmed-Pacha de faire exécuter ses ordres, en le nommant séraskier. Lorsque le mutésellim ou agent financier du nouveau gouverneur arriva à Bagdad, Békir Çou-bâchy, mù par les vils sentiments d'orgueil et de présomption qui remplissaient son Ame, voulut d'abord le faire mettre à mort; puis, cédant à certaines considérations hypocrites, il le renvoya sain et sauf. Celui-ci, étant parti, représenta à son maître que Békir, considérant la province entière comme sa propriété personnelle, avait étendu ses mains de toutes parts et poussé à la révolte les troupes qu'il avait avec lui; il était donc prêt à combattre. Ahmed-Pacha se mit en route avec vingt mille hommes de cavalerie, les mirmirans de Mossoul, de Kerkoûk et de sa province propre, ainsi que les beys du Kurdistan. Il campa dans un village nommé Yénidjè', et bloqua Bagdad dont les habitants infortunés, au moment où ils espéraient être délivrés de la famine et de la disette en rentrant dans le droit commun, se trouvèrent assiégés de nouveau.

Le séraskier, après être resté plusieurs mois dans l'endroit précité, n'aboutit à aucun résultat, bien qu'il se montrât tantôt coulant et tantôt violent. Il quitta donc ce village et vint planter ses lentes en face des bourgades de Bèhroùz* et de Ba'qoûbâ, qui furent pillées et dévastées. Quand la nouvelle de ce changement de front parvint à Bagdad, Békir, pour protéger et défendre les cantons et les villages situés de ce côté, fit sortir par laporte Bâb-Séfîd (la Porte Blanche) son kiaya 'Omar, avec sept à huit mille guerriers du corps d'armée de Bagdad, qui, après avoir passé la rivière Diyâla par la chaussée de Çafwè,

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