Sur la route de Kerkoùk. Cf. Charmoy, p
2. Près de Ba'qoûbâ. Cf. Nicbuhr, Voyage en Arabie, t. TI. p. 267.
54 niSTOIRE DE BAGDAD
arrivèrent en face de Suléïmân-Pacha dans l'endroit nommé Qibâb-Léïlh'. Suléïmân, ayant mis le gouverneur de Kerkoùk, Boùstàn-Pacha, à la tète d'environ cinq mille soldats, l'envoya à la rencontre des assiégés. Les troupes de Bagdad étaient au-delà de la rivière et le corps détaché de l'armée ottomane était resté en deçà : le combat commença dans ces conditions. Les premières ayant vu que le côté de Boùslân-Pacha faiblissait, passèrent la rivière; ce pacha revint blessé. Le camp ottoman fut pris pendant la nuit d'une terreur panique : au matin les troupes turques étaient décidées à s'enfuir. De l'autre côté \ckiaya 'Omar, qui paraissait sûr de la victoire, dormait tranquillement.
Lorsque le jour parut, les deux armées étant en présence, un grand combat s'engagea où Suléïmân-Pacha eut le dessous, et les troupes de Bagdad restaient maîtresses du champ de bataille, lorsque tout à coup le séraskier Ilàfyzh Ahmed-Pacha survint avec ses troupes. Il disposa son armée en quatre groupes et fit attaquer l'ennemi à la fois de quatre côtés. Celuici résista à cette attaque. Bref le combat dura depuis le malin jusqu'au soir : finalement le nombre eut raison du courage. Les gens de Bagdad furent mis en fuite; trois mille sept cents hommes restèrent sur le champ de bataille, deux mille cinq cents furent faits prisonniers. Ceux-ci furent amenés devant Ahmed-Pacha, qui avait eu fort à se plaindre de ces gens quand il avait été, auparavant, gouverneur de cette même province ^ et qui les sacrifia sans pitié. 11 partit ensuite de la localité où il avait campé et retourna à ce môme Yénidjè qu'il avait quitté. De l'autre côté^ quand la nouvelle de ce désastre terriliant parvint à Békir Çou-bâchy, il en fut profondément aftligé, tandis que les familles de ceux qui avaient péri étaient plongées dans le plus morue désespoir.
A la suite de la défaite de son armée, Békir réunit les prin-