‹ Histoire de Bagdad dans les temps modernesChapitre 45 sur 93 · Cf. Cliarmoy, op. cit., p · texte numérisé non relu

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tagnes escarpées, se soumirent et sauvèrent ainsi leur vie. Le nouveau chah de Perse apprit à Hamadàn l'arrivée du généralissime ; il envoya en avant Zéïnel-Khân, et charg-ea Ahnied- Khân Ardélànî, à lalêle de quarante à cinquante mille hommes, de défendre ses sujets contre les entreprises des Ottomans,

Lorsque Khosrèv-Pacha apprit ces mesures défensives, il revêtit Noghàï-Pacha, mirmiran d'Alep, de la dignité de ,sè/'- 'as/ièr et commença à se porter à la rencontre de l'armée ennemie avec des troupes suffisantes. Ce Noghàï-Pacha s'étant mis en mesure de remplir les fonctions qui lui avaient été attribuées, se battit dans le voisinage de la forteresse de Mihribân ' et s'y défendit, tandis que les Persans, prodiguant leurs plus grands efforts, arrivaient à cet endroit et faisaient face à Tennemi. Le lendemain, à l'aube, la bataille s'engagea et dura jusque dans l'après-midi; les Persans furent battus, Zéïnel- Khân, leur généra], s'enfuit, arriva auprès du roi qui, dans sa colère, le fit mettre à mort, évacua Hamadàn et regagna Ispahan, sa capitale.

Le grand-vizir mena ses drapeaux àMihribàn, où il séjourna sept ou huit jours pour certaines affaires; puis il marcha sur Hamadàn, qu'il livra aux flammes, ainsi que Dèr-Gozîn'\ et il se disposait à prendre la route d'Ispahan lorsque, étant encore dans la plaine de Dèr-Gozîn, il lui parvint un rescrit impérial qui lui commandait de retourner sur ses pas. Il se dirigea alors vers Bagdad, et brûla Néhawend en passant; pendant qu'il était en route, Yousouf-Pacha, gouverneur de la Roumélie, et Kulchuk Ahmed-Pacha, sur l'ordre du généralissime, dévastèrent par le feu la province de Rustèm-Khàn. Puis ils allèrent se reposer de cette marche, devant Bagdad, dans la localité deBach-Dolab. Le Tigre étant au plus bas de l'éliage.

1. Ou Mèhroùbàn, chef-lieu d'un canton de la province de Hamadàn. M. Barbier de Mcynard, Dictionnaire de la Perse, p. 553.

2. A deux journées de Hamadàn. V^oyez le DjHnUi-Numit de Hadji- Kliall'a cité par Charmoy, p. 89, et Yàqoùt dans le Dictionnaire de la Perse de M. Barbier de Meynard, p. 229.

chacun resta tranquille, sans se battre, en attendant les munitions qui devaient arriver de Mossoul par le fleuve.

Ce fut au mois de moharrem 1040 (août 1630) qu'on investit la forteresse. La circonvaliation commença du côté de la ciladelle intérieure. Les mirmirans, chacun à la tôle des troupes de son gouvernement, et les aghas, à la tête des leurs, dressèrent des parapets (mè^èm) et atteignirent le bord du fossé. En peu de temps, grâce à de vigoureux efforts, ils parvinrent au pied du mur de la forteresse ; mais comme la brèche étroite pratiquée à la muraille par le millier de coups de pièces de siège tirés chaque jour, était insuffisante pour donner l'assaut, et comme on s'imaginait que la poussière, formée des débris pulvérisés de la muraille et accumulée au pied de celleci, était stable et ferme, et pouvait servir de point d'appui pour tenter une escalade, cinq cents braves environ, parmi les troupes assiégeantes, essayèrent une attaque le quarantième jour du siège. La poussière accumulée s'effondra sous le poids des assaillants ; les deux armées ne purent s'approcher et en venir aux mains. En outre, l'espace qui se trouvait entre l'avant-garde et ceux qui marchaient k son secours se trouva intercepté. Les Persans placés à l'intérieur, voyant l'audace avec laquelle les assaillants s'étaient précipités dans le danger, crurent qu'ils allaient être forcés de se rendre, puisqu'il ne leur restait plus, pensaient-ils, d'autre ressource : mais, comme dit le proverbe arabe, « le noyé se raccroche à toute herbe ». On avait placé en embuscade, à droite de la brèche, des fusiliers du Mazandérân appuyés par plusieurs pièces de canon qu'on avait bourrées de mitraille, de morceaux de fer à cheval et de fragments de chaînes ; les fusiliers, de leur côté, avaient rempli leurs armes de grenaille. On avait résolu de tirer au début de l'assaut, et de tenir ferme si les assaillants, surpris par le feu, reculaient ; sinon on demanderaitgrâce. Conformément aux résolutions adoptées, lorsque les assaillants mirent le pied sur la brèche, on alluma, au moyen de mèches, les canons et les fusils tout préparés; la

plupart des Turcs de l'a vaut-garde, qui s'étaient avancés si audacieusement, furent tués. Comme ils ne pouvaient recevoir de secours, ainsi que nous venons de l'expliquer, la place fui sauvée par cet échec.

Le généralissime et ses troupes, dans l'idée que les inconvénients produits par l'absence de Ilâfyzh-Pacha, qui ne s'était pas montré, ne tarderaient pas à paraître au grand jour, n'eurent pas la patience d'attendre plus longtemps; ils se décidèrent à battre en retraite, et se mirent en route pour placer en sûreté les canons, les boulets, les munitions, les tentes et les écuries, jusqu'au dernier fétu de paille. Dans le combat Zor-Paclia, mirmiran d'Anatolie, avait été tué.

Il vint ensuite à certaines personnes l'idée passablement vaine que si la bourgade de Hilla tombait entre les mains des Turcs, ce serait une excellente base d'opérations, l'année suivante, pour s'emparer de Bagdad. Cette idée plut au généralissime qui chargea Khalîl-Pacha, gouverneur d'Amid^ de se rendre en hâte à Hilla avec vingt mille hommes des troupes de son gouvernement, ou pris dans le corps des janissaires, pour s'en emparer. Celui-ci partit, accomplit sa mission et fortifia la bourgade en l'entourant d'un fossé et de parapets, pensant que c'était un bon moyen de la défendre le jour où elle serait attaquée ; mais la marche de Tokhta-Khân ayant mis en fuite les garnisons turques chargées de la défense de Derna et de Derlèng, Rustèm-Khân, généralissime persan, se dirigea vers Ililla. Khalil-Pacha envoya demander des secours au grand-vizir; celui-ci en fut très soucieux : il s'empressa de lui envoyer plusieurs bcylerbeys, mais inutilement, car ils ne purent le rejoindre.

L'attaque de Ghéhri-zor parles Persans fut cause de la mort de Mohammed-Pacha Arnaout-Oghlou et de la fuite d'Abdàl- Pacha, d"Omar-Pacha et d'autres personnages; ceux-ci étant venus rejoindre le généralissime, furent mis à mort par ses ordres. En ces jours l'on commença à construire la forteresse

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