Einri-ina'roi'if, allusion au nom du cliéïkh Ma'roùl
Il s'occupa également de continuer la construction de la digue commencée sous son prédécesseur: mais il commit la faute, sur l'avis de gens indignes et ignorants, de s'empresser de la terminer au plus tôt, au lieu de se préoccuper de la rendre solide. L'argent du fisc affecté à cette dépense ne suffit pas; il fallut faire travailler les paysans par le moyen de la corvée, et le gouverneur montra en outre de la négligence à rendre justice à plusieurs individus qui réclamaient leurs droits. Au premier débordement, cette digue fut renversée sens dessus dessous, après qu'on y eut travaillé plus d'un an.
Le gouvernement de ce vizir dura un an, neuf mois et six jours, du 21 djoumàda 1 1085 (23 août 1674) au 26 séfer 1087 (10 mai 1676).
GOUVERNEMENT DU VIZIR QAPLAN MOUÇTAFA-PACHA
C'était un brave et un vaillant. Un jour, alors qu'en vertu d'une mesure gouvernementale on pendait à la tête du pont un inconnu accusé de vol, exécution qui avait lieu par les soins du chef du guet {'asès-bâchy), un sot, qui faisait partie d'un groupe de janissaires, et un autre appartenant à une bande de Çàroùdjiens, s'élant pris de querelle, leurs compagnons vinrent à leur aide. Quand le pacha apprit cette échauffourée, il monta à cheval en personne et s'avança vers les émeutiers. L'affaire s'était déjà arrangée avant qu'il arrivât sur le terrain de la lutte et il revenait tranquillement à son palais lorsque les janissaires qui trouvaient là un excellent prétexte pour prouver leur existence, et que les mauvaises dispositions de leur agha ne suffisaient pas à contenir, jugèrent à propos d'attaquer, avec un certain nombre de gens de cette bande, le palais du gouverneur et celui de son kiaya. Ils y massacrèrent un ou deux innocents. Quand le pacha apprit cette révolte, il réunit immédiatement ses serviteurs, interdit l'accès des voies aboutissant au palais et montra ainsi sa fermeté et sa force
434 HISTOIRE DE RAfiDAD
par sa résistance courag-euse. A la nuit, ces gens renoncèrent à leur rébellion, et chacun s'en retourna chez soi. Mais l'agha, étant convaincu de mauvaises dispositions et pensant ajuste titre qu'il serait puni pour cette échauffourée, réussit à faire tomber la faute sur l'infortuné chef du g-uet et fut cause de la mort de ce malheureux.
Ce gouverneur fit savoir à la cour impériale qu'il était nécessaire de réparer la digue [moiisènna) construite dans la bourgade d'A'zhamiyyè et qui avait été emportée par l'inondation; il représenta qu'il ne serait possible de la terminer que moyennant la somme de soixante-dix à quatre-vingt mille piastres. Celte proposition fut agréée, et la somme imputée sur les trésors de Bagdad et de Bassora. En conséquence, le gouverneur s'occupa de réparer et de reconstruire cette digue d'une façon solide. Il fit également reconstruire sous ses yeux la mosquée et l'oratoire qui contiennent le tombeau du chéïkh Mohammed elQodoûrî, dans le bazar des selliers, et y nomma des prédicateurs et des desservants.
C'était un homme au cœur pur et dévot aux saints; en 1088, au commencement de cha'bân (premiers jours d'octobre 1677), il se rendit en pèlerinage à Kerbélâ, puis revint an chef-liou de son gouvernement. Ses pouvoirs se prolongèrent pendant un an et demi, du 27 séfcr 1087 (M mai 167G) au 3 ramazan 1088 (30 octobre 1G77) *.
1. Ici s'arr(^lc le manuscrit (!•> Nazhmî-Zâdè; ce qui suit est résumé d'après l'édili.)!! imprimée.
DANS LES TEMPS MODERNES 13a