Au bout d'un mois. iJatàli', p
2. Comparez, entre autres campagnes contre les Arabes, celle dont voici les détails donnés parle Méhdsin ul-Athdr,3e partie de l'bistoire de Wàçif (inédite), d'après un manuscrit de ma collection (fo 22 v") : « Comme il était devenu nécessaire de châtier la sottise et l'insolence du cliéïkh des Montéfiks, tribu arabe séjournant dans les environs de Bassora et connue pour la quantité d'esclaves qu'elle possédait et pour ses riches troupeaux, ainsi ([ue de le punir pour la résistance et l'opposition qu'il mettait à s'acciuillerdes impôts qui lui incombaient, Suléïmân marcha contre lui à la tèle d'une armée considérable, le vainquit et nomma un autre chef à la tribu. Par ce moyen, il apaisa les troubles qui s'étaient produits dans celte région, et il installa à ÏVà&sovn, comme mutéselliin, un certain Mouç- Lalâ-Agha, en lui donnant les meilleurs conseils pour mener les affaires de la province. Celui-ci, au contraire, attira près de lui le chef expulsé, s'en fil un ami et n'iiésita pas à enflammer le brandon de la discorde pour parvenir à ses fins perverses. Le chef se mit en révolte ouverte, rassembla des débauchés et des vauriens et se livra au brigandage, soit sur les routes, soit sur les voies fluviales. Suléïmân, (juand il eut des informations sûres, rassembla les troupes qu'il avait dans sa capitale et les contingents kurdes', e-l marcha en personne sur Bassora, où il châtia le chef destitué et rétablit dans toute son autorité celui «ju'il avait nommé luimême )) (1204 = fin de 1789).
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ruines'. Ces avantages furent néanmoins compensés parce fait qu'il fitacheter une grande quantité d'esclaves, ce qui contribua à renforcer le pouvoir des mamlouks fondé par sou homonyme Suléïmàn-Pacha Abou-Léïla; si celui-ci peut être considéré comme le fondateur de cette dynastie, Suléïmân II a tous les droits d'en être jugé comme le rénovateur et le restaurateur. C'est sous sa domination qu'eut lieu une sanglante tragédie dont les naturalistes Olivier et Bruguière furent témoins et dont le premier nous a laissé le dramatique récit. Arrivé à l'âge de soixante-six ans, Suléïmân s'était laissé dominer complètement par son kiaya Ahmed, dont le père, palefrenier au service de ce pacha pendant son séjour à Bassora, avait obtenu la faveur de placer son fils parmi les pages de son maître. Par la souplesse de son esprit et une très grande facilité dans le travail, Ahmed était parvenu à capter la bienveillance du gouverneur. A trente-six ans, il était nommé kiaya et pacha à deux queues ; il s'empara graduellement de toute l'autorité et annihila le pouvoir de Suléïmân. Le récit d'Olivier laisse entendre qu'une main criminelle n'était pas étrangère à la maladie de langueur qui minait la santé du gouverneur, lorsque les soins des savants français, en la rétablissant, lui ouvrirent les yeux et le décidèrent à ordonner l'exécution de son favori. Le khaznadar 'Ali-Bey fut chargé de cette opération, qui eut lieu presque sous les yeux du citoyen Outrey, Français établi depuis longtemps dans le pays, qui y exerçait la médecine et y faisait le commerce. La cause déterminante de rénergique résolution de Suléïmân fut la réception des lettres qu'Ahmed avait fait tenir à la Porte pour
1. Comparez Olivier, ouvrage cité, t. II, p. 403. Les travaux de réparation exécutés sous son gouvernement sont considérables. Suléïmân reconstruisit le mur d'enceinte, éleva le mur qui entourait le faubourg occidental, di'unolit l'ancien palais et le rebâtit d'une façon plus somptueuse ; il bâtit l'école Sulé'imânyyé et y installa une l)ibliothèque; il tu décorer le minaret de la mosquée du Grand-Imam, construisit des ponts dans la province, et exécuta d'autres IravaHx d'utilité publique énumérés dans le MatâlV, p. 29.
demander sa succession, et que son agent avait réussi à se procurer et à lui envoyer '.
En mourant, Suléïmân ne laissa que trois enfants mâles, nommés Benât-Sa'îd, Çâdiq-Bey etÇàlih-Bey, quifurent misa mort par ordre du gouvernement, digne châtiment des excès de tout genre commis par leur père et des exécutions qu'il fil prononcer à l'occasion de sa réorganisation de la province (1217-1802).