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CHAPITRE X

Coutumes. Industrie.

I. Industrie des bijoux en émail. — II. Moulins à blé. — III Les hauts-fourneaux.

I. — Une industrie perdue aujourd’hui existait autrefois à Balaruc ; en 1822, cinq fabricants exportaient à la foire de Beaucaire des bagues de verre pour une valeur de 2,700 francs (1).

Au xvm* siècle, on trouve dans les archives le nom de plusieurs maîtres émailleurs.

1708 Claude-Antoine Incellin, maître émailleur.

1724 Louis Girard, émailleur de la ville de Nevers.

1740 Jean Boulet, émaüleur.

1770 Etienne et Pierre Girard, maîtres émailleurs.

1787 Baptiste Donnât, maître émailleur.

1788 J. P, Douât, maître émailleur.

IL — Il y avait deux moulins à blé, celui de Balaruc-le-Vieux qui existe encore de nos jours et celui de Roquerols.

Le moulin de Roquerols ou Rouquerols était situé sur l’Avène ; il est mentionné dans un cartulaire de Maguelone (2), dans plusieurs actes sous le nom de Roqueirol, et Roquerol par Cassini.

III. — Situés sur l’étang de Tbau, à proximité du port de Cette, et sur le chemin de fer en construction de Cette à Montbazin, les hauts-fourneaux sont des mieux placés pour traiter les minerais des P^Ténées, d’Espagne et d’Afrique. Les combustibles proviennent de Graissessac, mine la plus voisine ; on en tire aussi du Gard et d’Angleterre.

Les hauts-fourneaux sont adossés aux collines de la Gardéole ; il a fallu de grands travaux de terrassement pour niveler les divers étages de l’usine, et plus de 100,000 mètres cubes de rocher ont été abattus par la poudre ; les déblais avaient d’ailleurs leur utilisation : ils ont permis de faire une longue jetée et un port dans l’étang de Tbau.

(1) Les anneaux étaient employés pour des rideaux. Statistique de l'Hérault, p. 540.

(2) Molendinus de Rocarols in repa Avene.

HISTOIRE DES COMMUNES DE l’hÉRAULT.

Une usine de hauts-fourneaux dépense beaucoup d’eau, et l'eau salée de l’étang eût été peu convenable. Avant toute installation, on a dû s’assurer de trouver une source abondante d’eau douce, assez rare, à proximité de Cette. Des puits et des galeries dans le rocher ont capté les sources qui pénètrent dans ces roches calcaires ; on J puise par jour plus de 2,000 mètres cubes d’une eau légèrement saumâtre, mais suffisante pour les besoins industriels.

Les deux hauts-fourneaux de Balaruc peuvent produire ‘iO,(XX) tonnes de fonte par an. Ces fontes, obtenues de minerais très-purs, sont vendues en lingots aux aciéries, forges et fonderies. Celles à forte teneur en manganèse sont expédiées jusqu’en Amérique. Celte usine, de construction toute récente, réunit tous les perfectionnements apportés depuis quelques années dans la fabrication de la fonte. Quand elle sera desservie par le chemin de fer de Cette à Montbazin , et lorsque l’approfondissement du canal réunissant l’étang de Thau à la mer permettra aux grands navires d’arriver devant la plate-forme des hauts-fourneaux, sa situation sera une des plus favorables parmi les usines du Midi.

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