CHAPITRE XL
Églises, Chapelles.
I. Eglise de Saint-Maurice. — II. Eglise de Notre-Dame-des-Eaux. — III. Chapelle de Saint-Martin-de-l’Enclos. — IV. Religionnaires.
I. — L’église de Balaruc-le-Vieux est placée sous le patronage de Saint-Maurice ; elle servait anciennement de paroisse à Balarucies-Bains.
Elle figure dans un cartulaire d’Agde (1) du x“ siècle et fut donnée par Pierre, comte deMelgueil et de Substantion, à l’abbaye de Saint- Pons de Tliomières ; mais elle fit retour à la maison de ces comtes, qui la donnèrent au chapitre cathédral de Maguelone. C’est à ce titre que les évêques de ce diocèse en étaient prieurs primitifs (2).
L’église de Saint-Maurice est mentionnée : dans le nouvel accord que fit Bernard IV, comte de Melgueil, avec Guillaume, seigneur de Montpellier (3), et dans un autre accord de ce même seigneur avec Béatrix, comtesse deMelgueil, et son mari Bernard Peletd’Alais (4), ainsi que dans une bulle du pape Lucius III de l’année 1182 (51.
Cette église était un bénéfice-cure à portion congrue, avec un revenu de 700 livres et quelques terres, avec le rapport desquelles le curé devait dire des messes en faveur de ceux qui les avaient instituées.
En 1737, l’on répara le clocher qui menaçait ruine, et l’on plaça une cloche fondue par Gorp, maître-fondeur à Pézénas ; elle pesait 530 livres et avait coûté 150 livres.
IL — L’église de Balaruc-les-Bains était une ancienne église romane, servant aujourd’hui de magasin à un pêcheur de ce lieu.
Elle était placée sous le vocable de Notre-Dame-des-Eaux, ce qui
(1) 9ol..Ecc. S. Mauricii. {Carted'Agde, 228).
(2) 1083. Dono... S. Martyri Pontio Tomeriensi monasterio . . . ecclesiam S. Mauricii. Histoire de Languedoc, t. II, p. 314 pr.)
(3) 1130. In parochia S. Mauricii et in territorio suo, Hist. du Langued., t. II, p. 457, pr.
(4) 1146. Ecc. S. Mauricii de Basaluco. Histoire de Languedoc, p. 512, pr.
(5) 1182. Gallia Christ., t. VI, p. 89.
HISTOIRE DES COMMUNES DE l’hÉRAULT
résulte (lu rôle des églises du dioeôse de M.'igueloiie au xiv* siècle (1) et d’un cartiilairo de cette église a la même éporfue
En 1527, le prieur do Saintr-Kirmin, de Montpellier, et prévôt de l’église cathédrale de Maguelone, avait lait unecoiiation au dit ch a- ])itre do la vicairie perpétuelle de l’église paroissiale alor« de Saini- Maiirice-dc-Balaruc , dans lac^ueile le prieuré de Notre-Damedes-Eaux est porté comme faisant partie de la mense du dit charpitre (3). •
Cette église est mentionnée dans une bulle du pape Paul III, au sujet de la translation du siège de l’évêché de Maguelone à Monificllier eu 1536, et dans une charte de l’évêque de cette dernière ville, en 1587 (4).
Elle figure sur les cartes de Cassini sous le nom de Notre-Daraedes-Bains-de-Balaruc, et dans le compte-rendu d’une visite pastorale de Charles de Pradel, évêque de Montpellier, en 1088, comme prieuré bénéfice de sa cathédrale.
Elle avait un revenu de 1050 livres que le chapitre cathédral de MontpeUier, prieur de cette église, payait au vicaire perpétuel sur les dîmes qu’il prélevait dans les terres de cette paroisse.
Il y avait des Pénitents aux Bains, ce qui résulte de plusieurs inhumations faites dans le caveau des Pénitents de la paroisse Notre- Dame-des-Eaux.
Le corps de Montgolfier fut déposé dans le caveau de l’œuvre de cette église.
III. — Il est question d’une chapelle dite de Saint-Martin, dans une donation que fit Pierre de Melgueil au monastère de Saint-Pons de Thomières (5).
Elle est mentionnée en même temps que celle de Saint-Maurice.
(1) 1333. Beatœ Mariæ de Aquis. (état des églises de Maguelone, 17, 21™. 71, 72 V»).
(2) 1340. Gartulaire de Maguelone, B 80.
(3) Annuaire du département de l’Hérault, année 1847.
(4) . Oalliu Christ., t. vi.
(5) . 1082. Omnia et in omnibus quantum ap ipsain ecclesiam parochialem S. Martini. . .
Hono omnipotenti deo et sanctœ dei genitrix mariæ et sancto Petro Romœ et sancto martyri Pontio Tomeriensi, et domino abbati Frotardo et monachis inibidem degentibus in perpétua aliquid de rebus meœ proprietatis ecclesiam silicet S. Martini de Cascllo quod vocatur BaUaruc, cum omnibus suis pertinentibiis quos ibi ego habeo vel habere debeo. vel alii homines habentper me.... Histoire de Languedoc, t. Il, p. 314 pr.
BALARUC-LES-B AINS
Cette église n’est autre que la chapelle des pénitents blancs de Balaruc, abandonnée depuis la Révolution.
Tous les pénitents de Balaruc y étaient inhumés, entre autres Guillaume Bousquet, greffier de la communauté et prieur des pénitents, enseveli dans cette église en 1670.
Elle fut restaurée en 1612 ; ce millésime est gravé sur la porte d’entrée, surmontée d’une croix.
Comme cette église est attenante au château, il est probable qu’elle en était la chapelle, â l’époque où les comtes de Toulouse et ceux d^ Melgueil étaient seigneurs de Balaruc.
IV. — 11 y avait des religionnaires à Balaruc, ce qui nous est indiqué par les conversions provoquées à la suite de la révocation de l’édit de Nantes.
Onze familles abjurèrent en 1685 : Alezieu, Trémoulet, David, Campredon, Simaud, Fizel, Biou, Bonafous, Mafire, Reille, Lapierre.
Ces abjurations eurent lieu en présence de Jacques Périer, viguier, Pierre Espanon, procureur juridictionnel, et des consuls.
Trois étrangers qui se trouvaient aux Bains abjurèrent quelque temps après.
Madame Elisabeth Simaud, dont la famille était protestante, veuve de Joseph Rous, étant décédée à Balaruc le 17 mai 1765, le curé se refusa de l’inhumer. Son fils Joseph Rous, bourgeois, habitant de Mèze, adressa une requête aux consuls, afin de lui permettre d’inhumer le corps de sa mère dans tel endroit qu’ils désigneraient. Le premier consul autorisa l’inhumation dans tel endroit qu’il plairait à Rous, après les conclusions prises par le procureur juridictionnel.