‹ Histoire de Balaruc-les-BainsChapitre 23 sur 39 · CHAPITRE Xll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xll

Etangs, — Ports.

I. Ferme de la pêche. Procès. — II. Constrution d’une cabane pour la surveillance (le l’étang. — III. Algues inaiines. — IV. Inondation du territoire par les eaux de l’étang de Thau. — V. Port de Balaruc-le- Vieux : Construction. Procès avec les entrepreneurs. Réception des ouvrage.?. — VI. F'ori de Carême. — VII. Port de Balaruc-les-Bains.

I. — La communauté de Balaruc avait droit de pêche et de chasse sur cet étang moyennant une redevance annuelle de 45 livres payée aux évêques de Maguelone ; elle affermait ce droit au plus offrant pour une période de cinq années. Une des principales conditions portait : « Que le fermier était tenu d’apporter tous les » jours à la place de Balaruc la quantité de cent livres poissons, » lorsqu’il s’en prendra, à huit heures du matin, et qu’il sera tenu ï de bailler aux habitants pour son usage tant seulement par préfé- » rence aux étrangers et poissonniers à raison de deux sols » la livre, et de même aux habitants qui se présenteront sur le rivaj ge au même prix, et cela pendant le temps de livernage (hyver- » nage), et à l’exception du carême, qu’il pourra le vendre trois sols » la livre. Sous cette condition qu’il demeure inhibé (défendu) 3> à toutes personnes, soit habitants ou étrangers, d’aller tirer avec j> bateaux sur les dits étangs pendant la nuit, à peine, en cas decon- » travention, être poursuivis extraordinairement par rapport au » préjudice porté à l’adjudicataire à la pêche du poisson ; sera néanj> moins libre aux habitants d’y aller tirer pendant le jour, comme ï aussi sera et demeurera libre aux habitants d’aller faire pêcher » des moules tant seulement avec la main et en plongeant ».

Le fermier ne pouvait employer pour la pêche que des gens de Balaruc.

Pendant le xvii® siècle, le prix de l’adjudication ne dépasse pas le chiffre de 50 livres par an ; au commencement il s’élève à celui de 135 à 150 livres ; ce que voyant, les évêques de Montpellier intentent un procès aux habitants, procès qui dura près de quarante années et qui se termina à l’avantage de la communauté de Balaruc (1).

(1) Les consuls adressent la somme de 200 livres à M. l’abbé de la Prumarède

liALARUC-LES-BAmS.

A partir de 17(34, le commerce du poisson dut prendre un accroissement considérable, s’il faut en juger par le montant des adjudications qui eurent lieu jusqu’à la Révolution.

1764 700 livres 1779 3100 livres

Ces ressources permirent aux consuls de Balaruc de diminuer les tailles des habitants et de liquider l’arriéré de la communauté.

Des procès eurent lieu quelquefois entre les habitants et le fermier de la pèche.

En 1767, une instance, après avoir suivi la voie régulière, était arrivée devant le parlement de Toulouse, attendu, y est-il dit, que le fermier ne porte pas sur la place le quintal poisson, comme d’usage.

Les fermiers offrirent 150 livres aux consuls pour arrêter le procès, ce qui eut lieu.

II. — Eu 1783, il fut construit une cabane ou harraque sur le rivage de l’étang, « pour que les fermiers aillent s’y reposer lors- > qu’ils ont fait leur pêche, y enfermer le poisson et entreposer leurs » filets et attraits, et pour se mettre même à l’abri du mauvais î temps et de la pluie; que d’un autre côté cet étang mérite d’être » gardé tant de jour que de nuit, à raison des malfaiteurs qui y vont T> pour y pêcher ou pour y troubler la pêche qui pourrait se faire * du poisson ou oiseaux aquatiques sur lequel des gens malintention- » nés vont dessus et portent par conséquent un grand préjudice à » cette ferme ».

III. — Les algues marines recueillies sur le littoral de l’étang de l’Angle et de l’Estanègue étaient la propriété de la communauté, qui les mettait tous les ans à l’adjudication par lots séparés, afin que tous les habitants puissent en avoir une partie.

Le revenu de cette ferme varia de 50 à 140 livres.

IV. — En 1739, les eaux de l’étang de Thau inondèx’ent les terres de Balaruc et firent de gi'ands dégâts (1).

dans la cour des princes, au palais des Tuileries, dans l’appartement de Mgr l’évêque de Chartres, à Paris, en le priant de retirer les pièces du procès de l’étang de l’Angle,

(1) On trouve dans la délibération du 23 novembre : « Jean-Jacques Périer et » Jean Coste, consuls modernes, ont dit que la communauté est pleinement in- » formée de l’inondation arrivée récemment sur les côtes de l’étang de Thau et

HISTOIRE DES COMMUNES DE l’hÉRAULT

V, — Avant la construction des voies ferrées, on utilisait toutes les voies d’eau utiles au transport des denrées, et le port du vieux Balaruc était entretenu avec soin.

En ld08, il fut pris une délibération pour faire construire un port; mais rien n’ayant été fait k ce sujet, le premier consul Raymond Salesses proposa, le 19 août 1690, de prendre des mesures pour la construction d’un poi*t k Balaruc.

Le Conseil général donne pouvoir aux consul.s, assistés des sieurs Alezieii et Seimandy, de se rendre à Cette voir MM. de Montagutou Dast, de les prier de se transporter sur les lieux, afin de procéder au plan et devis du futur port ; il y est en outre dit : « que toute la com- » munauté reconnaît le dit port pour lui être d’une utilité très consi- » dérable, soit pour le pauvre que pour le riche, au moyen de ce que » les denrées seront plus facilement enlevées tant dans le lieu que

> sur les terre* adjacentes qui appartiennent à la dite communauté : que le dit » étang se trouvant à niveau des terres, les a inondées et submergées plusieurs

> fois, de telle sorte que divers particuliers en payent la taille sans en jouir en

» aucune maniéré, les eaux de l’étang les couvrant depuis longtemps

» que la cause de l’agrandissement de l'étang venant sans contredit de » la coupure qu’on a faite â la rive opposée, et par où la mer communi- » que à l’étang, puisque c’est depuis ce temps là seulement qu’il s'est étendu » dans les terres, tantôt par une progression insensible, tantôt par des inonda- » tiens subites causées par les vents qui grossissent la mer sur les côtes, l’a fait » regorger dans l’étang par la dite coupure comme il vient d’arriver.

» Il faut élever des levées et des digues capables d’arrêter les dites

» eaux Au surplus, outre la perte de terre, la communauté esta la veille

» d’en faire une plus considérable dans la source des eaux minérales, qui a été

> entièrement submergée par l’étang et qni était confondue avec l’étang même,

> malgré la distance qu’il y avait avant l’inondation arrivée avant et après la fêle » de tous les saints, a submergé le rez-de-chaussée des maisons des parti- » culiers des Bains, de telle sorte qu’ils ont été obligés de se loger au plus haut » de leurs maisons ; que cette inondation doit en faire craindre une plus grande, » puisque le vent qui soufflait alors n’était pas ni aussi violent, ni aussi opjK>sé à » la péninsule des Bains qu’il aurait pu l’être si le vent marin eût soufflé (1). » La Compagnie n’ignore pas qu’elle en retire de grands avantages faits par le » débit des denrées et par l’argent qu’apportent les étrangers qui y viennent, soit » par l'emploi et le travail qu’elle procure à la plupart des habitants : que cepen- » dant cette année-ci l’inondation a oblige les étrangers de se retirer et en a em- » pêché d’autres de venir, puisque les eaux de l’étang couvraient les eaux de la » source de plus de deux pieds ; il leur était impossible de s’en servir utilement

> et sans nuire à leur santé »

l'I) L'altitude actuelle de Balaruc-les-bains est de 2 mètres 55 centimètres, et les eaux de l'étang s'étant élevées à deux pieds (le pied est do ^ centimètres) au-dessus de la source thermale, [ C'est donc à une hauteur de 3 mètres 05 ccutiinètres qu'arrivèrent les eaux do Tétang ,^ans cette tourmente.

» des lieux circonvoisins qui sont Poussan, Montbazin, les Cournons, » Pignau, Fabrègues et Gigean, dont le transport de leurs vins se » font an dit lieu ordinairement, et qui ne peuvent être embarqués » ([u'avec beaucoup de peine, de risque et de grands frais, etc. ».

Le projet de 'M. de Montagut consistait à creuser le port dit de Carême à l’endroit où abordaient les barques plates.

Ce ne fut qu’en 1718 que la province chargea M. de Sénés, Ingénieur des états, de présenter un devis complet et de choisir, pour l’ét-ablissement du nouveau port, le lieu qui lui paraitrait le plus convenable.

Le devis de cet avant-projet abandonnait le port de Carême et établissait le nouveau port au lieu dit le Gourg de Satan ; les sables qui en seraient enlevés serviraient à combler l’ancien port.

Ce projet fut approuvé parles états du Languedoc et mis eu adjudication le 18 août 1718. Le sieur Jean Girouard, architecte àCette, s’en rendit adjudicataire au prix de 6,500 livres, sous le cautionnement du sieur Etienne Giral, architecte de Montpellier, à la condition que les travaux seraient terminés dans une année, qui devait finir le 15 septembre 1719.

Une délibération du 24 janvier 1740 nous apprend que les deux architectes n’avaient point terminé leurs travaux et que, malgré les poursuites faites le 20 décembre 1724 et les années suivantes, le port était resté en l’état ; la communauté décida alors de continuer les poursuites.

Eu 1748, un jugement condamne les entrepreneurs à 1500 livres de dommages envers la communauté de Balaruc et à terminer le port, et ce ne fut qu’en 1752 que les sous-entrepreneurs Cambon et Jullian, habitants de Frontignan, font signifier le 23 décembre aux consuls que le sieur Verdier, de Montpellier, est commis et nommé pour procéder à la vérification des travaux du port, et pour rappoi’ter généralement si tous les ouvrages ont été faits et parfaits conformément au devis.

Le sieur Petit, ingénieur, fut chargé de représenter la communauté pour la réception des ouvrages. 11 résulte du procès-verbal de cette vérification que le bassin était encaissé dans des murs de maçonnerie de trois pans d’épaisseur (80 centimètres) et à un pan et demi (35 centimètres) en contre haut des mers basses, et que l’ensemble des travaux était complet.

VI. — Bien avant 1699, le port de Carême était en pleine prospérité, puisqu’à la fin du xvi* siècle M. Bertrand Pouzaire était garde pour le roi au port de Balaruc et de Psussan.

HISTOIRE DES COMMUNES DE d’hÉRAUI.T,

Ce port tire son nom du peu d’importance de son cabotage ; les barques qui s’y rendaient pour pi*endre chargement restaient un si long espace do temps à l’attendre, que les habitants disaient qu’elles y faisaient le carême.

VII. — Le port de Balaruc-les-Bains est de création moderne; il n’y existait qu’un amas de roches formant une digue ou jetée très peu avancée dans l’étang de Thau, et où les barques venaient s’accoster, mais ne pouvaient prendre mouillage pendant le mauvais temps.

En 1818, M. Gaschon, ingénieur des ponts et chaussées, fit exécuter la digue en la forme où elle se trouve actuellement, et fit faire des dragages au grappin jusqu’à la couche du rocher, sur une longueur d’environ 9 mètres 50 cent. ; la jetée avait 2 mètres 50 cent, de largeur en couronne etl mètre 20 cent, au dessus des eaux basses.

La dépense totale s’éleva à la somme de 7.800 francs environ.

En 1838, sous la direction de M. Mangeot, ingénieur, on rejointa les murs de la jetée et du quai, et on exécuta des dragages pour rendre au port son fonds primitif ; cette dépense .s’éleva à 5.880 francs.

Depuis quelques années on y a opéré des réparations peu im[K)rtantes, au moyen de crédits alloués par le conseil municipal, le conseil général et par l’administration supérieure.

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