CHAPITRE IV
Fiefs et Justices,
I. Fief de Balaruc au x* siècle. — II. Division de cette seigneurie. — III. Comtes de Melgueil, seigneurs de Balaruc. — IV. Retour à la maison de Toulouse. — V. Simon de Montfort s’oppose à la vente de ce flef. — VI. Revendication des évêques de Maguelone. — VII. Vente au roi d’Aragon. — VIII. Evêques de Maguelone, derniers seigneurs. — IX. Chartes. Transactions. — X. Chronologie des seigneurs mentionnés dans les archives. — Chronologie des coseigneurs et leurs revenus.
I. — Les documents sur Balaruc, ceux attestés du moins par les monuments écrits : chartes, donations, ne datent que du milieu du X* siècle.
Raymond Pons, comte de Toulouse, donne par son testament de l’année 950 ou 951, à sa femme Berthe, plusieurs châteaux et alleux; mais, par une disposition particulière et spéciale, il substitue, après la mort de Berthe, une moitié des terres de Loupian et de Balaruc à l’église Saint-Pierre de Maguelone et l’autre moitié à celle d’Agde ; le château et l’église avec leurs dépendances et leurs privilèges restent dans la maison comtale de Toulouse.
II. — A partir de l’exécution de ce testament, il y a division de la seigneurie de Balaruc et il y existe deux directes à côté du fief principal : celle d’Agde et celle de Maguelone.
III. — Au xi° siècle, le fief de Balaruc se trouve entre les mains d’un comte de Melgueil (Mauguio), ce qui résulte d’un acte de soumission fait au pape Grégoire VU, à la date du x® des Calendes d’août 1079, soumission qui n’implique pas donation. Qui subjueet universalis eeclesia.
Le fils de Pierre, Raymond Bernard, marié à Guillaumette, fille de Guillaume V de Montpellier, assigne à sa femme par un acte particulier fait en l’année 1120, entr’ autres châteaux celui de '«Balaruc, dont elle jouit jusqu’à sa mort, arrivée en 1146 environ. (1)
(1) 1120. Histoire de Languedoc, t. II, p. 386.
1130. Nouvel accord de Bernard IV, comte de Melgueil, avec Guillaume VI, seigneur de Montpellier. Histoire de Languedoc, t. II, p. 457 pr.
1146. Accord de Béatrix, comtesse de Melgueil, et de Bernard Pelet, son mari, avec le même Guillaume, dans lequel il est dit: Dono.,.. quod habeo, ve, habere debeo in Bazaluch et in suo terminio et in maimona et in suo terminio et in parochia S. Mauritii
HISTOIRE DES COMMUNES DE l’hÉRAULT.
IV. — Le fief de Balaruc fait retour à la maison de Toulouse, par suite du mariage do Raymond VI avec Ermesende, Ülle de Bernard Polet, comte de Melgueil, et de Bdatrix.
Raymond VII, fils du précédent, duc de Narbonne et comte de Toulouse, donne cette seigneurie, en février 1210, àGrui Cap-de-Porc, légiste, pour se libérer d’une somme de G.OOO sous melgoriens qu’il lui devait et pour se libérer aussi , vis-àr-vis de lui, de certains services qu’il lui avait rendus. Il est question dans cette vente de toute juridiction sur les chevaliers, les hommes et les femmes, c’est-à-dire la haute, moyenne et basse justice de toutes les terres et des eaux douces et salées (1).
Comme suzeraineté, en faveur des comtes de Toulouse, Gui Capde-Porc était tenu de lui payer une albergue de dix chevaliers. (X militum).
Cette convention est passée auprès de Marseillan, en présence de
R Ricardi et Johannès, écrivains envoyés du comte de
Toulouse, et de Pétri Arnoldi, notaire du lieu.
Dans ce même acte, Raymond cède à Gui tous les droits qu’il a sur Cette (in seta), une albergue de 25 chevaliers sur le seigneur de
Frontignan et une albergue de 40 chevaliers sur jes hommes de
Saint-Vincent près Porciam (Justo-Porciarum) (2).