‹ Histoire de Béarn et NavarreChapitre 128 sur 160 · On a ajouté : tout auaty toit · texte numérisé non relu

On a ajouté : tout auaty toit

qu’estans les portes fermées, les femmes commencèrent de desbaliser les soldats qui, trouvans les portes closes, demeuroyent si effrayez et si esperdus qu’ils n’avoient la discrétion ne la puissance de se deffendre, néantmoins nul fut offensé en sa personne. LaRoquete, enseigne de Gobas, Sanson 1 , lieutenant de Peyre, et un frère dudit Roquete avec quelques autres furent faits prisonniers ; mais la nuict ceux qui avoient fait plaisir aux habitans furent relaschez, et les Roquetes, ayans aydé les deux présidens Salete 8 et Etchard de n’estre pendus, furent mis en liberté à leur requeste. Bonasse estoit encores à Nay et promettoit aux habitans de demeurer avec eux et de mieux garder sa ville que n’avoient fait ceux d’Orthès, et leur asseuroit avec grands blaphèmes de garder les ennemis d’y entrer s’ils n’avoyent des ailes ; et comme s’il eut fait estât d’attendre un siège, fit empoisonner quelques pièces de vin qui estoient aux faux-bourg avec des crapauts qu’il fit mettre dedans par un appotiquaire, qui en fut depuis pendu. Mais deux heures après, environ huict heures du matin, ayant fait assembler le peuple en la place, il leur proposa que 1a Roine avoit commandé à ceux du secours de coupper les mamelles à toutes les femmes de la religion [romaine 3 ] et de massacrer tous les hommes et deschirer en pièces les enfans, et accompagnant ses paroles de beaucoup de

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