‹ Histoire de Béarn et NavarreChapitre 130 sur 160 · On a ajouté : et · texte numérisé non relu

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et Sanson, son lieutenant, estoit déjà entre les mains du bourreau, mais pour ce qu’il avoit usé de quelque humanité en l’endroit de ceux de la religion 1 2 réformée, ils firent tant de requestes pour lui qu’il fut délivré. Le 24 Bertrand de La Torte, dit Audiyos*, chanoine de Lesca, et Jaques Du Puy, l’un des principaux soliciteurs de la protection [et des plus cruels ennemis de ceux de la religion réformée], furent pendus.

La célérité servit plus que ses forces au comte, l’exécution duquel fut si prompte qu’il pouvoit dire ce que disoit César après la deffaite de Pharnaces : « Je suis venu, j’ay veu et vaincu » ; ou ce que disoit le pape Alexandre 3 4 du roy de France Charles VIII, qu’il estoit venu à Naples avec des espérons de boisetla croye en la main de ses fourriers ; car en moins de quinze jours ledit comte conquit tout le pais de Béarn et en déchassa les ennemis, [ce qui doit estre plus tôt attribué à Dieu qu’à luy, qui ‘] mit un tel espouvantement au cœur de l’armée protectrice et de tout le pais, que nul osa s’opiniastrer en la défense de quelque place ; ce qu’ils pouvoient avoir fait, veu le nombre d’hommes de guerre qu’ils avoient et la faveur de tout le pais et le secours prochain du mareschal d’Anville, Moulue et Bellegardc, qui sans doubte fussent entrez dedans le pais, si seulement une place fut demeurée à la dévotion du Roy. [Mais ce grand Dieu des armées voulut faire connoistre aux hommes que celuy se trompe qui se fie

2. Fils do Bertrand de La Torte, prêtre de Nay, qui testa le 14 juin 1516 (Arch. des Basses-Pyrénées, E. 1718, F 68).

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