‹ Histoire de Béarn et NavarreChapitre 139 sur 160 · Jean d’idron, chanoine do Leecar · texte numérisé non relu

Jean d’idron, chanoine do Leecar

ville, laquelle l’avoit volontairement receu, et qu’elle commençoit à se fascher de lui, il pria Monluc de lui envoyer commission pour y demeurer et y commander, afin de pouvoir plus facilement exécuter plusieurs belles et grandes entreprises qu’il disoit avoir sur quelques places de Béarn; pour l’exécution desquels il asseuroit Monluc d’avoir mile bons harquebusiers , outre l’asseurance que tout le pais se déclareroit en sa faveur, mais qu’il avoit manqué de cavalerie, et le prioit luy vouloir envoyer deux compagnies. Et au mareschal Danville demandoit de l’artillerie, qui lui refusa. Mais Monluc lui envoya la commission et lui escrivit [que, de par Dieu ou de par le diable, (ce sont les mots de sa lettre ) 1 il] attendit qu’il eut préparé aux Béarnois le soupper que le Roy luy avoit commandé, auquel il donneroit si bon ordre, que la viande ne lui défaudroit point au milieu du repas, comme elle avoit fait à Torride. Cependant il envoya commission au viscomte de Labatut ‘ de faire un grand magasin de vivres à Tarbe, où se commissaire fut tué d’une harquebusade par les soldats de Bonasse, comme ils le pensoient honorer d’une escarmouche dressée entre eux, pour lui donner plaisir le soir quand ils s’assembloient pour entrer en garde. Les Béarnois fugitif par la Gascogne ne se tenoient pas moins asseurcz que Bonasse que Béarn seroit à ce coup emporté; et estoient bien marris qu’ils n’y pouvoient estre, tant pour sauver leurs biens que pour butiner celuy des autres, et escrivirent de Tholouse à Bonasse et au chanoine

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