‹ Histoire de Béarn et NavarreChapitre 37 sur 160 · Rapide · texte numérisé non relu

Rapide

3. Évêque de Rodez, archevêque de Toulouse, puis d’Aviguou, mort en 1585.

Ces lettres intimidèrent tellement ce Prince [qui estoit d’un esprit inconstant et craintif] qu’il fit donner congé audit ministre qui s’en retourna à Genève. Mais quelque temps après il fut rappelé et treuva ledit Roy avec la Royne, sa femme, à Lusignan en Poitou, comme ils alloient en France, ayant laissé en Béarn pour leur lieutenant général leur fils Henri, prince de Navarre, aagé seulement de six ans, et estant encor sous le gouvernement de Susanne de Bourbon, femme de Jean d’Albret, sieur de Mieussens, et pour ses principaux conseillers ledit Mieussens et Loys d’Albret, évesque de Lescar 1 , qui se portèrent tellement en leur charge (car tous deux estoient entendeurs) que pendant le gouvernement de ce Prince [œuvre merveilleuse] par un enfant, une femme et un prestre et quelques autres ses conseillers faisans tous publique profession de la religion romaine’, les [principaux] fondemens de la 3 réformée furent plantez en Béarn et la [romaine ] 4 y fut fort esbranlée. Pour y remédier ledit cardinal d’Armaignac, qui avoit esté fait expressément légat en Béarn, y fut envoyé pour tenir les Estas et y estre lieutenant général avec Monsieur le Prince. Pour confondre ceux qui y preschoient cette doctrine, le cardinal avoit amené quelques théologiens, comme s’il eut désiré de mettre quelque bon ordre aux affaires de la religion par une paisible conférance et dispute. Car 5 du vivant de la royne de Navarre,

1. Louis d’Albret, évéquo de Lescar de 1550 à 1569, oncle do la reine Jeanne d'Albret.

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