Victor Brodeau. seigneur de La Cbassetière
lequel cette entreprise seroit trouvée mauvaise et s’eu tiendrait autant offencé que l’Espagnol en serait irrité. Par ainsy que Sa Majesté ne devoit rien bailler par escrit qui le peut convaincre d’avoir voulu entreprendre une chose laquelle il seroit contraint de nier, si d’aventure la fin s’en trouvoit malheureuse, mais tout ainsy que Gamboua avoit tousjours négotié par parole sans escrit et la liste de ses demandes estoit sans signature cognue, il ne devoit aussi donner autre asseurance de sa promesse que de parole, laquele Sa Majesté pourroit nier en tout évènement. G’ estoit un boii conseil, lequel ce Roy ne devoit rejetter comme il fit. Mais l’ambition luy avoit tellement opilé 1 2 la raison que ce fidèle et prudent advis ne peut entrer en son esprit. Par quoy ayant promtement fait assembler toutes ses troupes, le Roy se mit en chemin avec les sieurs de Monluc *, de Gernac, de Duras 3 4 et plusieurs autres. Toutesfois ayant entendu par Sanche d’Ursua < , soldat pour le roy d’Espaigne à Fontarrebie, que ceux qui lui avoient promis de le mettre dedans, jouans le double et s’entandans avec le gouverneur 5 , le menoientavec ses troupes à la boucherie, s’en retourna depuis Baionne. Micheau Gamboua et