‹ Histoire de Béarn et NavarreChapitre 43 sur 160 · Biaise de Moulue, l’auteur des Commentaires · texte numérisé non relu

Biaise de Moulue, l’auteur des Commentaires

3. Symphorion de Durfort, seigneur de Duras, tué au siège d’Orléans en 1563.

4. Pour ce service une pension de 365 livres était encore pavée en 1566 au «seigneur d’Ursue, navarroys » par le trésorier général de Béarn et Navarre (Areli. des Basses-Pyrénées, B. 147).

5. Don Diego de Carliajal (Arch. des Basses-Pyrénées, Iî. 582. Confession de Gamboa sur les pratlicques qu'il avoyl avec le roy d'Espaigne contre le roy île A’ui mrre).

Esparse, espagnols, estoient ceux qui menoyent cette trafique et avoient asseuré le roy de Navarre que la garnison de la ville de Fontarrebie estoit fort petite. Or comme on void ordinairement tous les traistres estre doubles, ces deux traistres avoient descouvert leur menée au gouverneur de Fontarrebie, qui ayant secrettement assemblé bonnes forces, en bonne dévotion atlendoit l’arrivée du roy de Navarre, et si Dieu par sa bonté ne l’eust miraculeusement conservé, il estoit sans double mort ou pris par la mesme finesse qu’il pensoit prendre les autres. Esparse ne savoit rien de ce que Gamboua avoit traitté avec le gouverneur et s’excusoit envers le roy de Navarre, qui l’eut fait mourir, si pour preuve de son innocence, il n’eust lait prisonnier ledit Gamboue qui fut mené ès prisons de Pau. Et afin que le roy de France n’eut occasion de lui reprocher d’avoir troublé le repos et cerché la guerre en la paix, le roy de Navarre luy envoya un gentilhomme pour luy déduire tout le faict, et fit cependant faire son procès au détenu, qu’il fit pendre avant la responce du dit roy de France, craignant qu’il luy demandast en faveur de son gendre le roy d’Espagne, comme il fit peu de jours après l’exécution. Le roy d’Espagne aussy envoya vers luy à Pau un gentilhomme pour mesmes effect, mais il trouva Gamboue mort, auquel avoit esté attaché un escriteau disant : Pour avoir voulu brouiller en nouvelles guerres et discorder les Princes qui estoient en bonne paix et amitié. C’est ainsi que les Princes couvrent plustot en apparence qu’en vérité leurs pratiques et menées et punissent sur autruy les maux desquels eux-mesmes sont les auteurs et les fauteurs.

Cette mesme année le 10 de juillet, Henry II, roy de France, mourut à Paris d’un contre-coup de lance qui lui faussa la visière et lui entama le test, comme il joustoit pour plaisir avec Gabriel, comte de Mongomeri ‘. Sa mort apporta beaucoup de grands changemens en France; car ayant laissé quatre fils, tous moicndres d’aage pour prendre en main le maniement du Royaume, Catherine de Medecis, vefve du défunt, comme mère, et Antoine de Bourbon, roy de Navarre, en qualité de premier prince du sang après les frères du Roy, prétendoient à la tutelle de François II qui avoit succédé à son père Henry. La Royne, outre sa qualité de mère, avoit pour elle l’exemple de quelques mères et sœurs des Roys, qui autrefois avoient eus la garde noble de leurs enfans ou frères, avec la régence du Royaume. Au roy de Navarre favorisoient les loix fondamentales de cest estât qui ne déboutent pas moins les femmes de la régence (quelque tollérance qu’on ait quelquefois veu au contraire) que de la succession du Royaume, de laquelle ce sexe a esté privé par les anciens François pour son imbécilité et incapacité au commandement absolu d’une si généreuse et guerrière nation. Mais François de Lorraine, duc de Guise*, qui estoit oncle maternel de Marie d’Estuart, royne d’Escosse et de France, aspirant de mesmes affection à cette honnorable charge que les autres deux et n’ayant lov ny exemple qui favorisast sa convoitise, trouva un expédient plus

1. Gabriel de Lorges, comte do Montgomery, capitaine do la garde écossaise du roi do France, Henri II, mis à mort en 1574 par ordre d’une commission militaire après la prise du Domfront.

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