‹ Histoire de Béarn et NavarreChapitre 49 sur 160 · Charles de Bourbon, mort en · texte numérisé non relu

Charles de Bourbon, mort en

voir à desnaturer les cœurs superbes et audacieux ; et la parenté et affinité qui font les ennemis amis et entretiennent tous autres hommes en concorde, rendent ordinairement ennemis les grands et les mettent en guerre et discorde. Ainsi l’ambition des Guises leur fit oublier l’honneur de leur parentage avec les Bourbons qu’ils hayssoient de mal de mort, non pas pour la religion, le prétexte de laquelle néantmoins ils prenoient ; mais d’autant qu’ils pouvoient empescher plus que tous autres l’autorité qu’ils avoient [usurpée '] sur tous les François et sus la personne du Roy mesme. L’animosité des Guises contre [les Bourbons et] tous ceux qui pouvoient traverser leur desseins croissoit tous les jours et les recerches contre ceux de la religion * réformée s’aigrissoient d’heure à autre avec des édits très rigoureux. [Et ils couvoient plus tôt qu’esclorre leur maltalent contre les Princes et se déclaroient ouvertement contre les autres et cela principalement contre ceux de la religion.] Ce qui les précipita en tel désespoir qu’ils résolurent de se présenter au Roy [à quelque prix que ce fut] et luy faire eux-mesmes leurs plaintes. Mais d’autant que le chemin jusques en sa présence estoit clos à tous, sinon à ceux à qui les Guises le vouloient ouvrir, ils pensèrent de faire par les armes telle esplanade jusques à Sa Majesté, environnée plus lot d’une armée que d’une simple garde, que rien ne les pourroit empescher de parler à elle pour lui faire leurs doléances et lui présenter leur requeste. [Cette entreprise estoit fort hazardeuse et sujette à

t. Variante : prtitse.

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