VERDICT DU COMITÉ MILITAIRE
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connu comme il Tétait, dénoncé tant de fois, n^ose demeurer dans l'hôtel d*un ministre. malveillant. 11 s'éloigne, il cherche un asile; il rencontre des pierres de taille et se cache; caché entre elles, il y attend l'heure désignée, et retourne à la porte du ministre, incertain si des meurtriers ne Ty attendent pas. Il la trouve encore fermée; on lui indique un autre rendezvous pour le lendemain. Il ne doute plus qu'on ne veuille le livrer aux massacreurs. Il se jette dans un fiacre, se fait descendre assez loin de sa demeure, de peur que la vue d'une voiture ne fît soupçonner son retour. Il arrive à pied chez lui; sa présence inattendue remplit de joie le cœur de ses domestiques, qui ne savaient s'il existait encore ou s'il était en fuite. Enfin, après bien des délais multipliés sans pudeur, comme si l'on eût espéré que, dans l'intervalle, il tomberait sous les coups d'un assassin, on le renvoie devant le comité militaire et la commission des armes.
Il s'y rend. Accusé, suspect, calomnié tant de fois, il devait trouver tous les esprits prévenus contre lui. 11 ouvre son portefeuille, fournit les preuves de tout ce qu'il a fait, justifie toutes ses actions et obtient l'ordre d'aller lui-même en Hollande suivre cette malheureuse affaire des armes, et on lui rend les témoignages les plus éclatants sur son zèle et sur son civisme.
« Les membres composant le comité mi-
litaireet la commission des armes attestent que, sur le renvoi qui leur a été fait par l'Assemblée
nationale, le 14 du courant, il résulte que
ledit sieur Beaumarchais, qui nous a exhibé toute sa correspondance^ a montré, sous les divers ministères qui se sont succédé, le plus grand zèle et le plus grand désir de procurer à la nation les
armes retenues en Hollande Sur quoi, les
soussignés déclarent que ledit sieur Beaumarchais doit être protégé dans le voyage qu'il va faire, comme étant dirigé par le seul motif de servir la chose publique et méritant à cet égard la reconnaissance de la nation. »
Eh quoi ! non-seulement il n^est pas coupable^ mais il a mérité la reconnaissance de la nation ! Il va donc être honoré, ou du moins secondé de tout le pouvoir de cette nation qui lui doit delà reconnaissance.
Cependant, le ministre n^en manœuvre pas moins sourdement. Il lui fait remettre ses passeports et lui refuse les fonds promis par des actes antécédents; fonds nécessaires, indispensables pour le succès de son entreprise et la délivrance des armes retenues à Tervère par la mauvaise volonté des Hollandais, qui exigeaient un cautionnement en argent triple de la valeur de ces armes^ et qui leur réponcUt qu^elles seraient envoyées dans nos colonies. Or, le gouvernement pouvait seul donner ce cautionnement, puisque seul il pouvait fournir les attestations sur les-