PREMIERE PARTIE
DEPUIS SA NAISSANCE JUSQU'a LA SOLUTION DE SON GRAND PROCÈS
Pierre-Auguste Caron de Beaumarchais, si célèbre par Pénergie de son caractère, l'étendue de son esprit^ la douceur de ses mœurs et la diversité de ses talents, naquit à Paris, dans la rue de Saint-Denis, presque en face de la rue de la Ferronnerie, à quelques toises de la maison OÙ Molière avait reçu le jour (i).
(i) Il e&t établi aujourd'hui que Molière naquit, le 1 3 janvier 16242, dans la maison dite du Pavillon, située
Il vint au monde le 24 janvier 1732, année mémorable à plus d'un titre : elle est célèbre dans la littérature par la première représentation de Zaïre; dans les fastes du Parlement par des querelles religieuses, et la conduite de plusieurs curés qui refusèrent de publier le mandement de Tarchevêque de Paris (M. de Vintimille) contre un petit journal plein d'impiété et de calomnies, intitulé : Nouvelles ecclésiastiques; enfin, dans les annales de l'esprit humain, par la clôture du cimetière de Saint-Médard, ce qui fit dire aux plaisants ces deux vers si comiques :
De par le roi, défense à Dieu De faire miracle en ce lieu.
Les acclamations du théâtre, les cris de la 'Grand'Salle, les mugissements de la Sorbonne, les rugissements des convulsionnaires n'étaient pas entendus d'un enfant au maillot; mais comme ils se prolongèrent pendant toute sa jeunesse, on ne peut douter qu'ils n'aient fait quelque impression sur ce génie ardent que la
au coin de la rue Saint-Honoré et de la rue des Vieilles- Étuves, aujourd'hui rue Sauvai; la partie qui subsiste de cette maison, démolie au dix-huitième siècle, porte le numéro 2 de cette dernière rue; mais la famille Poquelin possédait une autre maison, sise entre les petits piliers des Halles, la fontaine du Cheval-Blanc et la future rue de Rambuteau; elle fut démolie en 1782, ainsi que l'a démontré M. Auguste Vitu. Voyez Mémoires de la Société de r histoire de Paris, t. XI (1884).