IV
résistez, je vous donnerai mille coups. — Je vous les rendrai, car je n'ai point d'armes pour vous tuer. — Vous me les rendrez, à moi, duc et pair? — Quand il s'agit de violence et de voie de fait, tous les hommes sont égaux. »
A cette assertion, il voulut me prendre aux cheveux et n'enleva que ma perruque. La scène devint alors aussi ridicule qu'elle avait été extravagante. Les passants s'arrêtent et se mettent à rire. Je reprends mon couvre-chef 4e ses mains demeurées en Taîr; j'ajoute que, s'il ne cesse ses violences, j'appelle la garde et le fais conduire chez un commissaire, qui jugera de quel droit il ose attenter à ma liberté.
Il se contient alors, et nous arrivons en nous querellant vivement à la porte de Beaumarchais.
Il saute de la voiture et frappe à coups redoublés. Je m'élance par Tautre portière, et, sûr qu'il ne trouvera point celui qu'il cherche, je retourne chez moi par des chemins détournés, et j'y vais attendre mon ami.
L'heure se passe, il ne vient point. L'inquiétude me gagne; j'appréhende quelque nouveau malheur, je donne des ordres pour qu'il m'attende, s'il vient pendant mon absence; je cours chez lui. Voici ce qui s'était passé, et ce qui se trouve consigné dans sa requête à nosseigneurs les maréchaux de France.
Le duc de Chaulnes, ne trouvant point Beaumarchais chez lui, court au tribunal de la