PAMPHLETS DE MORANDE. I I
ranéantissement des libelles publiés contre eux. Ces pamphlets, vains efforts d*une cabale impuissante qui n'a pour armes que des injures quand elle attaque des chefs-d'œuvre, sont souvent, à regard des hommes publics, les instruments perfides d'une cabale active appliquée sans relâche à les faire disgracier, s'ils ne sont que ministres, et à troubler leur cour ou à le.ur susciter des guerres, s'ils sont rois. Ces sottises sont donc quelquefois pour eux d'une grande importance. Malgré mille obstacles avoués ou secrets, Beaumarchais réussit, et je vis consumer dans un four à chaux ou à plâtre plus de trois mille exemplaires de calomnies, dont les cendres emportées par les vents, en détruisant l'espoir des instigateurs du libelliste, engendrèrent de nouveaux ennemis à Beaumarchais et firent pleuvoir sur sa tête un nouveau déluge de calomnies (i).
(i) Ce pamphlet, qui avait si fort ému la vieillesse indolente de Louis XV, était intitulé : Mémoires secrets d'une femme publique. On n*en connaît actuellement aucun exemplaire, et Morande ne mentait donc pas quand il écrivait, en 1791, dans sa Réplique à Brissot : « Je donnerais aujourd'hui la moitié de mon sang pour que répître dédicatoire au roi d'Aquitaine et l'Introduction aux Mémoires secrets eussent été publiés. Ces prétendus philosophes, qui ne sont tout au plus que des aboyeurs de Hollande, auraient vu si je savais juger les événements qui devaient résulter de l'oppression. Les pesants volumes, les plats ouvrages qu'ont écrits et qu'écriront tous les Brissots nés et à naître ne valent pas dix pages de l'Introduction des Mémoires secrets. »
I20 HISTOIRE DE BKAUMARCHAtS.
S'il ne se lut borné qu'à ce genre de succès, il n'eût exécuté, par égard pour les ordres de son roi, qu'une commission fort au-dessous de lui. a Mais, dit-il dans son Mémoire au Roi, j'ai tellement enchaîné l'auteur de ces libelles qu'il s'esi soumis, dans l'acte légal le plus authentique, à toute la rigueur des lois d'Angleterre, au premier mot qu'il écrirait désormais contre la
France De plus, j'ai été assez heureux pour
faire avec milord R"*(i), ministre d'État, plein de confiance en moi, un travail secret qui ne peut être confié qu'à Votre Majesté, Sire, au moyen duquel elle peut être certaine qu'aucun Français réfugié à Londres n'écrira désormais impunément contre le gouvernement de France. Cette affaire a même d'autres branches relatives au Roi, et aussi intéressantespour Votre Majesté, mais elles ne peuvent être confiées au papier. J'en dois rendre compte à Votre Majesté seule, si elle juge que mon zèle ardent doive me onneur d'en éire écouté quelques
mière opération terminée, nous re- Tance. Nous apprîmes en descendant que le Roi était attaqué de la petite e nouvelle nous fît partir instantanélUs arrivâmes à Paris quelques jours avant sa mort.
(i) Lout liocUlWa.