HORLOGERS CÉLÈBRES
tait alors le beau temps de l'horlogerie, le premier des arts mécaniques par son union intime avec les sciences exactes, et particulièrement avec l'astronomie. Cet art, illustré à cette époque par MM. Julien Le Roy (i), Ferdinand Berihoud (2), Romilly (3), et quelques autres, produisait alors une foule de jeunes gens studieux. Plusieurs d'entre eux se firent connaître avantageusement. C'étaient M. Hugo (4), qui fut étonner les Péruviens . lorsqu'il accompagna MM. Bouguer et de La Condamine, chargés de mesurer sous Féquateur un degré du méridien; les quatre fils de M. Julien Le Roy, qui s'il-
(i) Julien Le Roy, né à Tours le 8 août 1686, mort à Paris le 20 septembre lySg, Voir sur lui le Dictionnaire des artistes de l'abbé de Fontenay, et une notice de Le Prévost d'Exmes (s. d., in-8», 32 p.), ornée du portrait de Julien Le Roy, gravé par F. Hubert, d'après Perronneau.
(2) Ferdinand Berthoud, né à Plancemond (canton de Neuchâtel), le 19 mars 1727, mort à Groslay (Seine-et- Oise) le 20 juin 1807. Ses travaux Pavaient fait admettre dans la première classe de l'Institut (Acad. des sciences), le i3 décembre 1795.
(3) Jean Romilly, né à Genève en 17 14, mort à Paris le 16 février 1796. Ce fut lui qui perfectionna l'échappement à repos de Caron. Il avait aussi construit le premier une montre battant les secondes mortes et présenté à Louis XV une pendule marchant un an sans être remontée. Collaborateur de V Encyclopédie, il contribua, avec son gendre Corancez, à la fondation du Journal de Paris {lyjy).
(4) Il est souvent question, en effet, de M. Hugo, « horloger et ingénieur en instruments de mathématique » dans le Journal du voyage fait par ordre du Roi à Véquateur, de La Condamine (Impr. royale, i75i, in-4»).
lustrèrent par la diversité de leurs talents : — le premier (i) soutint la réputation de son père; le second (2) se distingua dans la Faculté de médecine, le troisième (3) dans TAcadémie des sciences, et le dernier (4) dans celle des belleslettres, après avoir visité la Grèce, dessiné les plus beaux monuments de l'antiquité, et nous en avoir donné la description; — Jean-Jacques Rousseau, qui devint le plus éloquent des orateurs, le plus habile des dialecticiens, le plus sensible dos prosateurs; M. Dupont, dit de Nemours, que réclame Paris comme l'un des hommes les plus probes, les plus aimables, les mieux instruits et les plus spirituels qui soient nés dans ses murs. Enfin, j'ajouterais à ces noms celui de l'auteur qui a écrit cette remarque, s'il osait se nommer après ces noms fameux (5).
(i) Pierre, né à Paris en 17 17, mort à Vitry-sur-Seine le 25 août 1785.
(2) Charles, né à Paris le 12 février 1726, mort dans la même ville le 12 décembre 1779, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier.
(3) Jean-Baptiste, né en 17 19 à Paris, où il est mort le 21 janvier 1800. Membre de l'ancienne Académie des sciences et de la première classe de l'Institut (i7g5).
(4) Julien-David, né le 6 mai 1724 à Paris, où il est mort le 28 janvier i8o3. Il y a, comme on le voit, interversion dans l'ordre chronologique adopté par Gudin. Pour les travaux spéciaux des quatre frères, voir la France littéraire de Quérard.
(5) Je n'ai retrouvé le nom de Jacques- Jérôme Gudin, horloger, que dans VEtat de Paris, de de Jéze (1760). Était-ce le frère de Gudin?