‹ Histoire de BeaumarchaisChapitre 56 sur 168 · PAMPHLET CONTRE LA REINE · texte numérisé non relu

PAMPHLET CONTRE LA REINE

aussi étrangers à nos cabales qu^elle le sera. Ce ne sont pas les circonstances, mais le mérite intrinsèque de vos Mémoires qui vous ont valu leurs suffrages. »

Nous visitâmes dans ce voyage les fameuses manufactures de Birmingham, des mines de charbon et d^autres objets; nous admirions des campagnes couvertes de bestiaux, sans gardes, sans chiens, comme dans Tâge d^or. « Je savais bien que vous n'aviez point de loups qui dévorent vos troupeaux, leur disais-je; mais vous n'avez donc ni moines qui les escroquent, ni fermiers généraux qui les rançonnent, ni subdélégués qui les pillent, ni intendants qui les mettent à contribution? »

De retour à Londres, nous fîmes quelques courses dans les environs. Nous allâmes à Oxford, où les persécuteurs secrets de la Reine, trop surveillés à Londres, tentaient de faire imprimer un nouveau petit libelle avec des estampes^ dédié à madame la princesse de Lamballe(i).

(i) Quel était ce libelle? Peut-être les Amouî^s de Chariot et de Toinette, pièce dérobée à V... (Voltaire?). Londres, 1779, in-8®, 8 p., satire en vers réimprimée dans le Momus redivivus, de Mercier de Compiègne, et qui devait être accompagnée d'estampes. Celles-ci n'ont jamais paru, mais l'exemplaire de la collection Leber (Bibliothèque de Rouen), est orné d'un dessin attribue à Desrais, et dans lequel la Reine, couchée sur un sopha, est très-reconnaissable. Il est bon de remarquer toutefois

178 HISTOIRE DE BEAUXAKCHAIS.

Ce fut à Oxford que nous vîmes un peuple de savants. Les professeurs de cette célèbre et antique université sont mariés; leurs femmes^ filles* petites -filles et arrière -petites-filles de professeurs, nourries d'érudition, sont elles-mêmes fort instruites. Les magistratures de la vilk appartiennent aux professeurs; ils nommcit leurs députés au Parlement, avantage qui Les fait jouir d^une grande considération. Leurs disciples ne les regardent pas comme des hommes gagés pour les instruire, mais comme des magistrats destinés à être un jour les représentants du peuple, et pouvant parvenir par leur mérite à toutes les dignités. C'est pourquoi ils honorent leurs instituteurs, et le savoir leur f>araît utile. Ils s'appliquent à l'étude; ils s^observent les uns et les autres; ils se disent entre eux : c Quand nous serons en âge de voter, je donnerai ma voix à tel ou tel qui se distingue par son travail^ et non à celui-ci, qui est un ignorant et un paresseux. »

La querelle entre l'Angleterre et ses colonies s'envenimait de jour en jour, fixait l'attention de l'Europe et occupait Beaumarchais plus que je ne le pensais alors. Je disais quelquefois à des Anglais : a Perdez vos colonies et conservez

que Gudin parcourait l'Angleterre en 1775 et que les Amours de Chariot sont datés de 1779. De plus, ils ne renferment pas de dédicace à madame de Lamballe.

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