‹ Histoire de BeaumarchaisChapitre 68 sur 168 · RETOUR DE VOLTAIRE A PARIS. 2 I · texte numérisé non relu

RETOUR DE VOLTAIRE A PARIS. 2 I

trieuse fondée par Plancus , et dans laquelle les Romains élevèrent cette fameuse colonne dorée d'oîi partaient, comme d'un centre, tous les chemins qu'ils construisirent dans les Gaules.

Poursuivant notre route le long de la Saône, nous revînmes par ces champs où Ton croit qu'Attila fut vaincu par Aétius; où Ton dit que Mérovée, chef des Francs, eut part à sa victoire et fut chargé de poursuivre le roi des Huns jusqu'au delà des frontières de la Gaule.

C'est ainsi que nous achevâmes le tour de presque toute la France, ajoutant au plaisir d'en voir les provinces et les villes, celui de nous rappeler les grands événements qui rendent chaque lieu mémorable, qui animent Jusqu'aux ruines des grands monuments et qui versent un si grand intérêt sur tout ce qui s'offre aux yeux du voyageur.

La variété des connaissances , celle des études et des talents multiplient les jouissances et font trouver des plaisirs attachants dans la contemplation d'une plaine, d'une masure et quelquefois dans celle d'une pierre, d'une plante ou d'un insecte que l'ignorant eût foulé aux pieds sans attention et sans joie.

Au charme de rejoindre nos parents et nos amis, Paris nous offrit bientôt un spectacle plus intéressant. Ce fut l'accueil que fit tout le peuple à M. de Voltaire, lorsque ce grand homme, après une absence de plus de vingt années, vint revoir

sa ville natale. Jamais la reconnaissance publique n'éclata par plus de témoignages; on se portait partout en foule sur ses pas avec les acclamations dues au mérite le plus transcendant.

Depuis longtemps, ce grand homme nous comptait au rang de ses plus sincères admirateurs. Il félicita Beaumarchais sur l'étonnante variété de ses talents, sur la diversité de ses succès au théâtre, au barreau et même sur POcéan, où son énergie le faisait agir en homme libre et braver les flottes anglaises, comme il avait bravé dans d'autres temps les rigueurs ministérielles.

Oh! combien il était doux pour Beaumarchais de s'entendre louer sur son courage par ce génie intrépide, comblé de succès en tous genres, et qui, couronné tant de fois sur la scène, avait arraché tant d'infortunés à des jugements iniques, tant de serfs à l'esclavage, fondé une ville dans une lande défrichée par ses soins , et forcé enfin le gouvernement à pratiquer la tolérance, la tolérance qui devait, après sa mort, être érigée en loi.

Il le faut avouer, l'humanité était servie alors avec un grand courage par des hommes qui ne se bornaient pas à en proclamer les avantages dans de vains discours (i). Et, dans nos entretiens particuliers, parcourant les avantages dont

(i) Tout ce qui suit, jusqu'à la fin du paragraphe, manque dans le Mss. L.

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