LES FERMIERS GENERAUX ET LE TRANSIT
<t De même qu'on ne s'informe pas si nos prélats sont calculateurs, ne peut-on pas ignorer si nos armateurs sont orthodoxes et garder pour les synodes théologiques ces distinctions de catholiques ou de protestants qui divisent tout dans les affaires? Le premier moyen de réunir enfin les sujets de PEtat à la même doctrine est de les rapprocher dans tous les cas permis, de limer tant qu'on peut ces aspérités inutiles qui rendent les hommes si raboteux et si injustes les uns envers les autres. »
Beaumarchais faisait encore une autre demande pour les avantages des négociants :
a La ferme, mandait-il au comte de Vergennes, ministre des affaires étrangères, la ferme (c'est-àdire les fermiers généraux) refuse le transit au commerce, et me Taccorde à moi seul, si je veux en user. Je le demandais pour le commerce et je l'ai refusé pour moi seul. t>
C'était un objet cependant qui lui aurait valu une grande fortune. Mais il n'en voulait pas une particulière; il attachait la sienne à la fortune publique et ne cherchait pas à la fonder sur des privilèges exclusifs et odieux, parce qu'ils nuisent au grand nombre. C'est pourquoi, dans cette même lettre, il proposa divers moyens pour concilier les intérêts des négociants avec ceux des fermiers, dont la rapacité étouffai; l'industrie française au grand bénéfice des Anglais. Il faisait avouer à M. de Vergennes que le règne des
six ans de la ferme nuisait considérablement au règne perpétuel de nos rois.
Beaumarchais (i), défendant les intérêts du commerce, réclamant les droits de l'humanité en faveur des protestants du royaume, recevait alors les témoignages les plus honorables des services qu'il rendait aux nouveaux États qui s'élevaient en Amérique. Toutes les lettres du nouveau monde étaient remplies de ses éloges; les innombrables amis de la liberté dans ces contrées ne parlaient de lui qu'avec enthousiasme. Le congrès chargea son président de lui écrire en son nom; il en reçut cette lettre :
I"" janvier 1779.
Monsieur,
a Le Congrès des Etats-Unis de TAmérique, touché de vos opérations en leur faveur, vous présente leurs remercîments et vous assure de leur considération. Ils voient avec chagrin les embarras auxquels vous exposent les avances considérables que vous avez faites pour soutenir ces Etats. Les circonstances ont empêché l'accomplissement de leurs souhaits. Mais ils prendront les mesures les plus efficaces qui soient en leur pouvoir afin d'acquitter ce qu'ils vous doivent.
« Les sentiments généreux et les grandes vues
(i) Tout ce qui suit, jusqu'à «MM. Perrier», manque 4ans le Mss. L.