‹ Histoire de BeaumarchaisChapitre 81 sur 168 · ENTREPRISE DE MM. PERRIER · texte numérisé non relu

ENTREPRISE DE MM. PERRIER

qui seuls ont pu dicter une conduite telle que la vôtre, éclatent dans vos actions et honorent votre caractère. Lorsque vous servez votre Prince avec de grands talents, vous gagnez l'estime de cette République naissante et vous recevez les applaudissements unanimes du nouveau monde. »

« Par ordre du Congrès,

a Le Président (i). »

Ainsi Beaumarchais, à cette époque, honoré dans les deux mondes, estimé des ministres et du Conseil de France, inquiétait les insulaires usurpateurs des mers. Il ne faut pas sMtonner si l'envie rugissait autour de lui, et si tous ceux qui formaient quelques projets pour le bien de l'État, les avantages de l'humanité ou les progrès de l'esprit humain s'adressaient à lui.

Toutes les choses grandes et utiles faisaient une vive impression sur son âme ardente. MM. Perrier, grands mécaniciens, hommes industrieux s'il en fut jamais, voulaient alors procurer de l'eau à toutes les maisons de Paris en établissant des pompes à feu à l'instar de celles qui en fournissent à toutes les maisons de Londres. Leur génie avait perfectionné cette invention; leurs moyens étaient plus simples,

(i) Ceci est la traduction faite par Gudin de la lettre écrite en anglais, dont le texte se trouve p. 2i3 du manuscrit des Mémoires, conservé à la Bibliothèque natipnale.

leurs machines plus belles; ils étaient déjà fort connus, avaient travaillé pour le duc d'Orléans et mis sous ses yeux des modèles de toutes les opérations des arts et des instruments employés dans tous les travaux mécaniques.

Cependant ce ne fut pas à ce prince qu'ils s V dressèrent. Ce fut à Beaumarchais qu'ils recoururent pour avoir des conseils utiles, des fonds nécessaires et des moyens de se faire entendre au Conseil.

Beaumarchais se passionna pour cette entreprise, fournit près de cent mille éçus à MM. Perrier, parla au comte de Maurepas, à tous les ministres, éprouva les objections les plus ridicules et eut à combattre mille intérêts particuliers, depuis celui des porteurs d'eau jusqu'à celui des échevins, protecteurs des pompes du Pont Notre-Dame et de la Samaritaine. Il eut même à combattre celui des propriétaires des maisons de campagne de Chaillot, qui se plaignaient que les réservoirs qu'on voulait établir dans leur voisinage, sur le haut de la colline, intercepteraient la vue dont jouissaient leurs maisons et les obligeraient eux-mêmes à prendre de longs détours pour arriver à leurs promenades accoutumées.

Ils chargèrent de leur défense le vertueux et respectable Bailly, célèbre par sa belle Histoire de Vastronomie, par l'honneur qu'il avait de siéger dans les trois grandes académies et d'y

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