VŒUX PATRIOTIQUES
Histoire de la guerre de Sept ans, nous dît que « les intrigues politiques, si elles ne mènent à rien, ne méritent pas plus de considération que des tracasseries de société >i, sans nous dire ce qu'elles méritent quand elles mènent à dépouiller ses voisins; si le roi de Prusse parle ainsi, les hommes instruits peuvent-ils s'étonner que Beaumarchais ait dit : « Quoique la politique ne soit partout qu'une sublime imposture, on n'a pas encore vu d'ambassadeur se donner des licences aussi étendues sur la sublimité des siennes que lord Stormond; il était réservé à ce vicomte d'en offrir le digne exemple à l'univers », et d'ajouter, après avoir peint toutes les tracasseries que lui suscita cet ambassadeur : « Mais mon courage renaissait quand je pensais qu'un grand peuple allait bientôt offrir une douce et libre retraite à tous les persécutés de l'Europe, que ma patrie serait vengée de rabaissement auquel on l'avait soumise par le traité de 1763, que le voile obscur, le crêpe funéraire dont notre port de Dunkerque était enveloppé depuis soixante ans serait enfin déchiré, qu'enfin, la mer devenue libre aux nations commerçantes, Marseille, Nantes et Bordeaux pourraient le disputer à Londres. J'étais soutenu par l'espoir qu'un nouveau système de politique allait éclore en Europe, et que, l' Angleterre une fois remise à sa vraie place, le nom français serait aimé, chéri, respecté partout. »
Voilà l'espoir qui le faisait agir. Eh ! n'est-ce pas ce même espoir qui, depuis ce moment jusqu'à nos jours, a soulevé la France et l'Europe contre la prétention des Anglais à conserver l'empire des mers?
Ne pouvons-nous pas dire encore, comme Beaumarchais : a Étrange et superbe nation qu'il faut admirer pour ton patriotisme et la fermeté romaine que tu montres en tes revers actuels, mais qu'il est temps d'humilier pour punir et réprimer l'abus affreux que tu te plus toujours à faire de ta prospérité. »
Tout à changé depuis en Europe, mais la rivalité de la France et de l'Angleterre est restée, mais l'exécution du port de Cherbourg, la réhabilitation du port de Dunkerque et l'ouverture de l'Escaut, en nous donnant des ports dans le canal de la Manche, ont, pour ainsi dire, changé la géographie ou la topographie des côtes. C'est de ce moment qu'il s'élève un combat véritable entre les deux nations et que l'Angleterre paraît un danger.
/Tyr, Carthage, Venise, les villes hanséatiques ont fini par être la conquête des puissances qui n'avaient pas l'empire des mers.
Beaumarchais était convaincu que les Anglais ne pouvaient plus résister à la France, et, quoique je n'en fusse pas aussi persuadé que lui, il m'étonnait souvent par les raisons qui fondaient son opinion; je les retrouve dans une lettre