‹ Histoire de Beauvais et de ses institutions communales jusqu'au commencementChapitre 15 sur 47 · S 3. DIPLÔME DE · texte numérisé non relu

S 3. DIPLÔME DE

Les deux pouvoirs existant à Beauvais au commencement du xi** siècle sont donc bien déterminés : d'un côté, le comte, vassal du roi, ne résidant pas ou résidant à de rares intervalles dans la ville chef-lieu de son comté; le comte, qui a lui-même aidé à l'affaiblissement de sa puissance, puisque, comme on lé verra plus loin, il a donné en Cef une partie de &e& domaines et de ses revenus. De l'autre côté, l'évéque, dont l'autorité n'a fait que croître d'année en année depuis l'établissement de la monarchie franque, possesseur d'inunenses propriétés foncières, reconnu comme juge par les rois eux-mêmes et jouissant de droits de juridiction» Pour une piirtie de son temporel , il est encore vassal du comte ; mais , en i o 1 5 , il arrive à passer sous la suzeraineté directe du roi , par l'effet de l'acte suivaut ^2^:

«(Roger, dit le roi Robert II, désirant enrichir le siège épiscopal de Beauvais, demanda avec force prières et supplications, à notre illustre comte Eudes, d'abandonner à son église, pour le salut de son âme :

c( i"" Tous les biens qu'il lui avait déjà donnés en fief à lui, évéque» c'est-à-dire toutes les redevances et tous les revenus du comté qu'il avait déjà cédés à ce même Roger, dans le faubourg de Beauvais et dans les villages situés au delà de la banlieue de la ville;

^i* Déplus, toutes les redevances et tous les revenus; en un mot, tout ce qui appartenait au comté dans les villages suivants : Bresles ^^\ Saint- Just^*^ Catenoyt^\ Bury^^^ et Flay^''^ la moitié des droits du comté à

<^) EiêU de France, i. X, p. 988. ^^^ Oise, canton de Liancourt.

<*> Pièce jusdf., n* I. <*) Ibid., canton de Mouy.

(^) Oise, arrondissement de Beauvais, can- ^^^ Ibid,, commune de Saint^Germer-de-

ton de Nivillers. Fiy, arrondissement de Beauvais, canton du

(*) Ibid,, arrondissement de Glermont. Goodray-Saint-Germer.

Senanles^*^ Montagni^^^ Amuchi^'^ et Cuigy^*^, la moitié des droits du comté et les droits de marché que détenait Francon sur le château de Gerberoy ^^\

te Le comte, se rendant aux vœux de Roger et poussé par Tamour de Dieu, se présenta devant la sainte église de Beaùvaîs et lui légua, en présence de l'évéque, de tout le clergé et du peuple, les parties du comté ci-dessus désignées. Ensuite Eudes remit entre nos mains cette partie du comté [ipsatii divistùnem comitatus) et réclama de notre munificence royale ce diplôme de donation en faveur de la sainte église de Beauvais. Ce diplôme, il le déposa sur l'autel de Saint-Pierre, afin que ledit évéque et tous ses successeurs aient, détiennent et possèdent cette partie du comté sans aucun empêchement et sans aucune réclamation. Cette donation a été confirmée h la condition qu'une fois par semaine, dans l'église de Saint- Pierre, la messe soit célébrée pour la rédemption des péchés dudit comte. En outre, après la mort d'Eudes, l'évéque et les chanoines de la sainte église de Beauvais feront tous les ans son anniversaire, v

Il ressort donc de cet acte, que j'ai tenu à traduire le plus exactement possible :

t* Que le comte Eudes, avant ioi5, avait déjà, avec les revenus du conlté dans certains villages qui ne sont pas ici nommés et dans le faubourg de Beauvais, constitué un fief en faveur de Roger;

â*^ Que les biens ainsi donnés en toute propriété sont donnés à l'église de Beauvais et non au chapitre de la cathédrale; par conséquent, les évéques seuls le posséderont sans être obligés d'en faire part à leurs chanoines ;

3"" Que Roger, en tant qu'évéque de Beauvais, et ses successeurs sont affranchis, pour ce qui regarde ces revenus et ces domaines, de la suzeraineté du comte et deviennent les vassaux directs du roi;

&*" Que tout le comté n'est pas aliéné en vertu de cet acte par Eudes II, mais seulement une partie, divmonem comitatus;

5" Que l'évéque de Beauvais — je reviens encore sur cette idée — n'a donné aucun domaine, aucune terre en échange des libéralités du comte. Eudes ne réclame que des prières et la célébration des saints offices pour le rachat de ses fautes.

(^) Oûe, canton de Songeons. <*) Oise, canton de Songeons. — Aussi ce

('} ïbid,, commune de Saint-6ermer-de- diplôme eût-il pour première conséquence di-

Fly. recte de faire passer Francon sous la soxerai-

(') îbià., commune de Senantes. neté immédiate de Tévéque de Beauvais, Ro-

(*) JW.^Guigy-en-Bray, arrondissement de ger. (Cf. Piilet, Hùtoire de Gtrheroy; Loisel,

Beauvais, canton du Goudray-Saint-Germer. p. aSo.)

De plus, on ne voit pas ici que le comte de Blois se soit entièrement déj^uillé de ce qui pouvait lui rester dans le comté de Beauvais. On est cependant en droit de supposer qu'il ne conserva que peu de biens, car on ne retrouve son nom que très rarement parmi les documents de cette région. Au ni des ides de mars, le nécrologe de Saint-Lucien demandait des prières pour lui, parce quil avait donné à l'abbaye medUtatem vinee et terre tneuburbio Belvacensi^^\ L'église d'Amiens lui devait encore Groissysur-Selle et Gouy ^^^ Son fils, Thibaut, était aussi inscrit pour ses libéralités dans l'obituaire de Saint-Lucien ^^K

Maintenant, c'est l'évéque qui a de beaucoup la prépondérance , c'est lui qui, plus tard dans l'histoire de Beauvais, pourra revendiquer pour lui seul le titre de comte.

S à. POURQUOI LE DIPLAmE DE 1 1 5 NE PARLE PAS DE LA CIVITAS BELVACENSIS.

On a sans doute remarqué que, le diplôme de i o 1 5 mentionnait seulement le suburbtum, autrement dit le faubourg de Beauvais, et ne contenait rien qui fût relatif à la ville elle-même. La raison en est que toutes les villes épiscopales, au moins depuis le viii'' siècle, sont composées de deux parties bien distinctes, dont chacune a eu une destinée différente. Ces deux parties s'appellent la eivitas ou castellum et le mburbium ou burgum ^^\

(*) Nécroi. de Saint-Lucien, fol. s 6. (Rapporté par D. Grenier, CoUecUy t. XI, 9*paq., n* 3; Danse, Borel et Bucquet, p. 383, n.G.)

(» Abbé Rose, Nkrol de VégUtê à^Amim$ au i3 des calendes de décembre. (Mém* inS' àê la Soe. deê Antiq. dé Picardie, t. XXVIII, p. A 3o. ) — Voir la cbarle de confirmation par la comtesse Herman^rde, veuve d^EodealI, et de ses fils, Thibaut et Etienne : HiêU de France, t XI, p. 6 sa.

(") XI des calendes de février. (Danse, Borel et Bucquet, p. 383, n. G.)

(*) Sans dresser la liste complète des textes carolingiens dans lesquds on trouve cette distinction, je liens à en indiquer un certain nombre pour bien affirmer celte doctrine que Ton n*a pas encore ainsi développée :

AflGiBS : Dipl. de Gharleroagne de 770 (Th. Sikel, Aeta reg. ei imperat, KarolÙMr.

Acta KaroU, n* 6).

BlAUVAIS.

AuTOR : Dipl. de Charies le Chauve de 8&3 {Hiêt. de France, t. YUl, p. Aâ3), de 855 (ihid., p. 54o et 668); de Charles le Simple de 900 {ibid., t IX, p. &85); de Baonl de 996, 99 février (W. Lipperi, Kânig Rudolf van Frankreich, Regeeten, n** 1), de 930 {ibid,, n* 19); de Louis d*Outre-mer de 969 {Hiit. de France, t IX, p. 606), etc.

AbXBBBi : Dipl. de Louis le Pieux de 816 (Th. Sikel, op. ai,, Aeta Ludomei, n* 8i)»

de835(t&tt;., n«333).

BoBDBAiix : Dipl. de Louis le Pieux de 898 (Th. Sickel, î&t<;., n** 998).

BouBOBs : Dipl. do Charles le Chauve de 855 {Hût. de France, t VIII, p. 5^9).

CAiPiHTais : Dipl. de ChaHes de Provence de 863 {ibid.,ip.hoi).

CHALOii-snB-SAÔHB : Dipl. de Charlemagne de 779 (Sickel, Acia KaroU, n* 70).

LANfiBBs : Dipl. de Louis le Pieux de 8t& (Sickel, ilcto Ludovici, n* 19), de 834 {ibid,,.

et les textes se gardent bien, pendant tout le moyen âge, de les confondre ^^K •

La eiviUu, à cette époque, ne désigne plus, comme à la fin de Pempire romain et sous les Mérovingiens, toute une circonscription territoriale; le sens de ce mot s'est modifié sous les Carolingiens, et il correspond à la partie de la ville épiscopale entourée des murailles romaines ou mérovingiennes. Toute la partie qui est en dehors de ces fortifications porte le nom de iurgum ou de mburbium. Donc, la première différence qui existe entre ces deux parties, c'est que la civitas est beaucoup plus ancienne que le suburbium, puisque celui-ci n'a été bâti qu'après coup et seulement pour recevoir le trop grand nombre d'habitants que l'enceinte fortifiée ne pouvait plus contenir.

Cette distinction existe aussi ailleurs que dans les villes épiscopales : d'autres villes importantes, dans lesquelles les évéques n'avaient pas élu

n** Sas); da roi Eodes de 889 {HùL de France y t. IX, p. A 69); de Charles le Gros de 886 {tbid., p. 3&6); de Lothaire de 967 (Mutée dêt arch. départ,, pi. XII, n* i5).

Laoh : Dipl. de Lothaire de 976 (Htft. de France, t. IX, p. 689).

MicoR : Dipl. de Charles le Chauve de 853 (éid., t. VIII, p. 597), de 861 (ibid., p. 571).

L$ Mars : Dipl. de Louis le Pieux de 836 (Sickel, Acta Ludomci, n* Uk).

Ncvns : Je n^ai ici à présenter qu'on dipl.

d'Henri 1*' de io53 (Hùi. de France, t. XI, p. 590).

NoTOH : Charte du comte Hilduin vers 900 {Cariul. du chap, de Noyan, fol. h%. Arth, départ, de TOise, G 1986); dipL de Louis d*Oatre-mer (HiêtonenM de France, t. IX, p. 597).

OblAirs : Je n*ai encore ici è prodoire qu'un dipl. de Rohert II de ioo5 (Pfister, op, cit., CaUd,, n* 39).

Pabis : Dipl. de Charles le Chaure de 861 {Hiet, de France, t. VIII, p. 568). — On peut encore citer le dipl. de Rolx^rt II, vers 999 (Pâster, Und,, n* 19); enfin le dipL d'Henri I*', vers 1 o65 ( Htit. de Frwee, t. XI , p. 578).

Pormiis : Dipl. de Pépin l*' d'Aquitaine de8â4(tM.,t.VI,p. 67a).

Sus : Dipl. de Raoul de 931 (Lippert, Il i5). — Ajouter encore dipl. de Hugues

Capet de 988 {Hiet de France, t. X, p. 553).

S018SON8 : Dipl. de Charles le Chauve de 870 (tW., t. Vm,p. 6a8).

TouL : Dipl. de Charles le Chauve de 869 (ibid,, p. 690).

ToDKHAi : Dipl. de Louis le Pieux de 817 (Sickel, Acta Ludovici, n** 11 5); dipl. de Charles le Chauve de 856 {Hiet. de France, t Vm, p. 533); dipL de Charles le Simple, vers 901 {ibid,, t. IX, .p. A99).

Tours : Charte de Théotolon, archevêque de Tours, de 936 (Mtu^ dee areh, départ., pi. X, n** 19); dipl. de Louis d'Outre-mer (EieU de France, L IX, p. 598).

TaàvBS : Dipl. de Lothaire, roi de Lorraine de 868 (t^tt^., t VUI, p. âi3); de Charies le Simple de 919 (t^M^., t. IX, p. 5iÂ).

Tbotis : Dipl. de Charies le Chauve de 856 (i6ti.,t.Vin, p. 567).

<^) Cette distinction se retrouve jusqu'au XV* siècle à Beauvais (Dénomhr. du temporel du chap. de Beauvais 1/100-1 45o. Arch. de Troussures, C, n* 1). — Pour citer quelques textes antérieurs établissant cette distinctioB, je nommerai , outre le dipL de 10 1 5 « une bulle inédite du pape Drbain II, du 19 août 1095 {dUeetiê fiUie deriàê eeclena/e b. Vedaeti êitae m burgo Belvac. — CartuL de Saint-Woott deBeanvaie, extraiL Arch. deTroussures, D, IVS foL 7); la charte communale de ithh et sa confirmation en 1189 (pièces justif., n" Vni et IX).

leur siège, comme par exemple Beaune^*^, Compiègne^^^ Dijon ^'^, etc., forent composées d'un castrum^^^ et d'un burgum.

En règle générale, on peut dire que lacivitas appartint toujoura et avant le X* siècle, d'une façon à peu près complète, à l'évéque ou à son chapitre. On devra d'abord remarquer que, dans toutes les villes épiscopales, le clergé était tout désigné pour posséder un jour ou l'autre la cité : l'église cathédrale était bâtie sur son territoire; c'était aussi la résidence dé l'évéque, c'était là qu'il avait groupé les clercs qui, plus tard, formèrent le chapitre, et qui ont toujours été soumis h la seule juridiction de l'ordi* naire.

De très bonne heure, les rois se dépouillèrent de leurs revenus et de leurs droits sur cette portion de la ville, en faveur des ég^Jses^^^. Les derniers exemples de concession dans la cité de territoires ou de biens fonciers (églises, abbayes, murs de la cité) ne dépassent guère la première moitié du ix* siècle. Ainsi, en 817, Louis le Pieux accordait aux chanoines dans la cité de Tournai la quantité de terrain jugée nécessaire par ses misêi pour agrandir leur cloître; ce terrain faisait partie du fisc royal, et certaines partiçs, remarquons-le en passant, en avaient été allouées en bénéfice à des laïques ^*l De 817 à 89 5, l'archevêque de Reims obtenait de la munificence du même empereur les murs de la ville ('^). En 8ââ, Louis le Pieux faisait cession au monastère d'Aniane du prieuré de Saint- Martin, bâti dans la cité d'Arles et compris dans le domaine impérial ^^); en 834, il accordait à l'église de Langres deux colonges [cobnias duos) dans l'enceinte des murs de la cité^^^ Chaiies le Chauve, en 843, donnait à l'église de Narbonne la moitié de la cité et les remparts adjacents ^^^^ La dernière mention que l'on trouve en ce siècle ^^^^ de pareille concession est

(') Dipl. de Robert II de io&3. (Pfister,

(*) GhaKe de eommune de 1 1 53. ( Luchaire , Ainerdê Louiê VU, n"" 3o3.)

<>> Dîpl. de Raoul de 996 (W. Lippert, Bêguîêny n** 7); dipl. de Robert II de 101 5 (PfiBler, Cotai, jf hg).

<*) Le mot eimUu est exclosivement réservé aox villes épiscopalea , qui avaient été les cbef»lieux des andeones citée romaines et mérovingiennes.

<*) Ou même des abbayes voisines; mais, â ces abbayes, les rois n'abandonnèrent jamais qne des portions de territoire.

(*) Siekd, Acta ÏAtdovici, n** 11 5.

W Ibid,, n* aas. — Confirmé par Charles

le Cbauve en 85o. {HisL de France, t. VIII, p. 5io.)

(^) Sickel, Aeta Ludoviei, n** 177.

W Ibid.,if3%it.

(i«) ML, p. hU%.

^^^> 11 y a bien encore une concession fidte en 886, par Charles le Gros, aux évéques de Langres des murailles- de la cité , avec 1 5 pieds de terrain à Tintérieur de ces murs et 60 au dehors, ad jut oomitii pertm$ntia {BUî. de France, t IX, p. 3â6; confirmé par le roi Eudes en 889, ^fid,, p. â/19, et par Lothaire en 967, Mfuéc dn arch. dép., pi. XII, n' lô); mais il faut remarquer qu'en 816, Louis le Pieux confirmait à Téglisc de Langres, parmi les biens dont les titres avaient été perdus,

de 863 : c'est une donation d'église située dans la cité, faite à Tévéque de Carpenlras^^\ Cependant, à la règle posée plus haut, il y a au moins une exception à faire pour Ghâlons-sur-JVf arne ^^\

Le roi conserva plus longtemps des droits financiers dans les cités, quoique l'aliénation en ait aussi commencé de très bonne heure. Du reste, les diplômes d'immunité ont été pour beaucoup dans l'acquisition de ces droits par les évéques; j'ai déjà fait observer, en effet, que souvent l'immunité avait pour résultat de faire percevoir par l'évéque et à son profit les revenus qui jusqu'alors avaient appartenu au roi, et que toujours elle avait empêché les officiers royaux de venir rendre la justice dans les domaines sur lesquels elle s'étendait. En général, les aliénations par le roi des droits financiers sur la cité ne dépassent guère le premier tiers du x" siècle ^^\

les remparts mêmes de la cilé, mumVoiMm videlicet Ungonicae civitaliê, (Sickel, i4cto Ludoviâ, n* 19.)

(^> Dipl. du roi Charles de Provence. {Hût, de France, t VIIl, p. 601.)

^*^ Et encore cette exception n'est-elle pas bien sûre, puisque le dipl. auquel je fais allusion n*est qu*une confirmation des biens dont on a voulu dépouiller Tabbaye de Saint«Pierre. (DîpL de Robert II de 1038, Pfister, CataL, n** 86 ; confirmé par Henri I*' en ioA3, HùU de France, i. XI, p. 576.) — On peut encore dter la donation faite à Vé^iia^ de Noyon, par le comte Hilduio , de son facuê dans la cité de Tournai , à condition qu'il recevra de Tëvéque Hedilon, entre autres biens, une maison dans le caetellum de Noyon. {CartuL du chap. de Nùyon, fol. 6 a. Arch. départ, de TOise, G 1986.)

(^) Arcbrs : 838, confirmation par Pépin I** d^Aquitaine de la moitié de tous les tonlieux , tant dans la cité d'Angers que sur les autres marchés, donnée par un praeceptum avigeni^ tûrii fioftrt. {llist. de France, i, V, p. 676.)

TouBRAi : 856, confirmation par Charles le Chauve aux chanoines de Tournai de tout le tonlieude la cité. {Ibid., t. VIII, p. 533.)

MicoR : vers 861 , confirmation par Charles le Chauve du tiers du tonlieu de la cité et de tout le paguê donné à Téglise de Mâcon par Louis le Pieux. {Ibid,, p. 571.)

Soissons : 870, donation par Charles le Chauve à Saint-Médardde Soissons des droits

de nMmnaie qu'il possédait dans la cité. (iJts{. de France, L VIlI, p. 6a8.)

Adtur : 900, reddition à l'église d'Autnn

par Charles le Simple, à la prière du comte

Richard , des droits de monnaie, quam mprae-

fata urbe comiudii poteetae dominabatur. {Ibid» ,

t. IX, p. 686.)

Tournai : vers 901, concession par Charles le Simple à l'église de Tournai des droits de monnaie, ac rwatieutn, des droits de marché et de tout le tonlieu de la cité. {lbid.,ip. 699.)

AuTDH : 9 1 9 f donation aux chanoines de féglise d'Autnn , par l'évéque Hervée, des droits de monnaie qu'il avait recouvrés par l'intervention du duc Richard. (Ibid. , p. 717.)

Ablbs : 990, donation à l'église par Louis de Provence des droits de tonlieu et de monnaie. (Ibid., p. 686.)

Rbws : 960, donation par Louis d'Outremer de la monnaie à Artaud, archevêque de Reims. (Flodoard, Hietor., livre IV, cb. 97; Annalee, an. 960.)

Pour les concessions de monnaies, voir encore dipl. d'Eudes pour l'abbaye de Toumus ( ibid,, p. 6 6 8 ) ; dipL de Charles le Simple pour Saint-Corneille de Compiègne de 917 {Qnd,, p. 536 ); dipl. de Raoul pour l'évéque du Puy de 996 (W. Lippert, Regeeten, n* 3), confirmé par Lothaire en 955 (Hiet, de France, t. IX , p. 6 1 8 ) ; dipl. de Charies le Simple pour Saint-Martin de Tours cfe 919 {ibid,, p. 569 , 566); dipl. du même pour l'abbaye de Prùm de 990 {ibid,, p. 568), etc.

Chàlons-sur-Mame fait encore ici exception (^), ainsi que Langres^'^^

Mais, dira-t-on, on possède des confirmations détaillées des biens de telle et telle église : pourquoi, aux ix% x* et xi* siècles, trouve-t*on rarement mentionnées les possessions dans la civitas? Faut-il croire alors que le clergé n'y ait aucune propriété? Nullement; car nous avons la preuve que ces confirmations ne font pas une nomenclature complète des biens et des revenus de Téglise. Par exemple , Pépin le Bref avait donné à Saint-Maurice d'Angers la moitié des droits de tonlieu dans la cité de cette ville^^^ et cependant, en 8â3, Charles le Chauve, détaillant les biens possédés par cette église et même faisant allusion à ce diplôme de Pépin, omit de signaler ces droits ^^). Les établissements religieux ne demandaient en effet de confirmation que pour ceux de leurs biens au sujet desquels s'élevaient ou pouvaient s'élever des difficultés.

Dans certaines cités du nord de la France, le roi ou le comte conserva un agent pour la défense militaire et la garde des remparts : le châtelain , au XI* siècle, était en effet une espèce de lieutenant du comte qui persista à avoir le commandement militaire de la cité, même quand le comte laïque eut disparu. A Noyon, par exemple, la présence de cet agent royal est bien connue jusqu'en 1037, mais il ne jouissait d'aucun droit de juridiction dans la ville ^^^ : il avait seulement à veiller à la défense des murailles. Faudrait-il croire qu'il ait existé, avec ce caractère, seulement dans les cités dont le roi n'avait pas aliéné les fortifications à Tévêque, comme il l'avait fait pour Langres et Reims?

Ainsi donc, la cité appartint généralement à Tévêque, avec ses droits et ses revenus d'impositions et de justice, au commencement du x* siècle ^^^ 11 est loin d'en avoir été de même pour le burgum ou mburbium. Ici, l'on peut dire que le roi ou son représentant , le comte , s'est maintenu beaucoup plus longtemps; dans beaucoup de villes, l'évêque n'a pu même réussir à supplanter le comte laïque. La ville de Rodez en a été un exemple bien frappant pendant tout le moyen âge : le burgum a appartenu d'abord

(0 Dipl. déjà dté de 1098.

(*> Dipi. de Lolhaire de 967, confirmant les droits de marché et de monnaie accordés par les empereurs et rois, ses prédécesseurs, à réglise de Langres, et dotant lui-même cette église de tout le comté de Langres et des revenus du (onlieu de partie cimlibuê. {Mu9h du archive* déparUmmUde» , pi. XII, n"i5.)

(') Voir la confirmation de Pépin I*' d*Aqui-

taine en 838. (Hi*twinu de France, U VI, p. 67a.)

(*) i6û2.,L VIII,p. â36.

(^> A. Lefranc, HiêUnre de la vUle de Noyon et de ieeitutitution», p. io5.

(•) Dans notre région, Beauvais, Soissons, Noyon , Laon , Senlis, etc. , semblent avoir été dans ce cas. Amiens fait exception : le comte était plus paissant que Tévôque dans la emUu, je ne sais pour quelle raison.

aux comtes de Rodez, puis aux comtes de Rouergue, tandis que Tévêque était le seui maître de la civitas. Ces deux parties de la ville étaient restées si différeotes, qu'elles avaient chacune leur administration particulière; bien plus, un fossé et des murailles les séparèrent toujours, comme pour témoigner que c'étaient plutôt deux villes distinctes. Mais il n'en fut pas de même partout, car, dans plusieurs endroits, l'évéque fut assez habile pour réunir sous 'son autorité temporelle le suburbium et la ewita$. Le diplôme de ioi5 est assez explicite pour Reauvais : le comte Eudes abandonne à Roger et à ses successeurs en toute propriété les droits comtaux, qu'il lui avait déjà inféodés, dans le faubourg de la cité. L'archevêque de Rourges fut aussi un moment mattre du burgum tout entier, car, en 855 , il le céda au monastère de Saint-Sulpice^^^. Au Puy, en 9 a 4, il se passa à peu près le même fait qu'à Reauvais, en 1 1 5 : le roi Raoul, à la prière de l'évéque Adélard, lui donna à lui et à ses successeurs, avec l'assentiment du comte, tout le bourg avec les droits comtaux, c'est-à-dire les droits de marché (forum) ^ de tonlieu, de monnaie, etc., et défendit au comte et à tous autres officiers royaux de rendre la justice et de lever des impositions dans ce bourg (^). Enfin, à Chàlons-sur-Marne, en lOâS, le roi Robert II concéda, à la prière de l'évéque Roger, au monastère de Saint-Pierre le bourg et ses dépendances , le tout soustrait entièrement à l'influence du pouvoir royal ^^\

La distinction entre le burgum et la civùas est encore intéressante à faire au point de vue des institutions communales. En effet, la commune s'est surtout propagée dans le burgum; je ne sais s'il faudrait aller plus loin et dire que c'est là qu'elle a pris naissance. Toujours est-il que la civitas, presque entièrement habitée par les clercs et les clietUs de l'évéque et du chapitre, ne se prêtait pas beaucoup au développement d'institutions qui, très souvent, allaient contre le pouvoir épiscopal. C'était donc dans le «»&urbium ou burgum que se trouvait le centre de la commune; là s'élevait l'hôtel commun , 011 se réunissait pour délibérer le conseil des magistrats ^^^ ; là était bâtie l'église, où se faisaient toutes les solennités de la vie muni-

^>) Gonfinn. par Charles le Chauve en 855. temps avaot d^avoir uo local spédal pour dé-

(Hi»t. de Fraawe, t. VIII, p. 56 a.) libérer : ils se réunissaient dans la halle aux

^^ W. lÀ^^i, RtgeêteHp n* 3. — Confirm. draps. Ce n'est qu''asses tard qu'ils eurent un

en g55 par Lotbaire. {Hi$t, de France, t. IX, h^l de ville. — A Noyon, Thètel commun

p. 61 8.) était aussi en dehors de la cité. — A Amiens,

(') Pfisler, CaiaL, n* 86. — Confirm. en le plus ancien lieu de réunion de la commune

10À3 par Henri I*'. {HûL de France , t. XI, était la Malmaîson, dans le êdfur^vm, —

p. 576.) A Verdun, Thôtel de ville s'appelait MiMUau-

<*) A Beauvais, ks magistrals furent long- ham; îl était situé dans le eubHrbntm, etc.

cipale^^^. Le burgum, en effet, avait pris beaucoup de développement dans toutes les villes, et le faubourg était bien plus étendu et bien plus peuplé que la cité elle-même.

S 5. L'ivâQUE DE BEAUVAIS DEVIENT COMTE. SES DEVOIES FI^ODAUX.

En 1 1 5 , l'évéque de Beauvais avait donc vu sa puissance temporelle grandir considérablement; devant les avantages qui lui avaient été faits par Eudes II, il n'est pas étonnant qu'on se soit mépris et qu'on ait voulu y voir l'origine de cette puissance temporelle^^^). 11 n'est pas prouvé, ai-je déjà dit, qu'Eudes se soit entièrement dépouillé de ce qui lui restait dans notre pays. Le contraire serait plutôt vrai, puisqu'une vingtaine d'années après sa donation , on trouve encore une mention qui semble se rapporter à un comte laïque. L'évéque de Beauvais, Dreux ou Droon, fondateur de Saint-Symphorien, dota cette abbaye, en io35, de biens qui, dit--il, ne devront aucune redevance au comte ni à son voyer : m his pas$esgionihu$ non cûmiii, non mcarto, non cuicutnque seeularium exactorum uUa œnsuetudo relinquatur ^^K Ces biens étaient situés à Bury, Lihus^^^ Saint-Germain ^^^ Saint-Just-deshMarais^^^ autour du monastère et jusque dans le faubourg même de Beauvais ^"^K

C'est, du reste, la dernière mention de comte laïque, et il n'est guère douteux que l'évéque ne tarda pas à prendre le titre pour lui-même ^^^ On ne sait pourtant pas à quel moment cela se fit, puisque dans toutes les

(>) A Beaimif , c'était régltae Saint-Élieime. — Dans le cimetière qui entourait cette égliae était la tribune aux harangues, adossée contre les murs de Saiat-Élienne. C'était dans ce cimetière, à cette tribooe, que le maire et les magistrats municipaux nouvellement éius venaient prêter serment

<') Au XIII* siècle, cette méprise avait déjà cours. En 1 9 1 6 , le chapitre de Beauvais, dans une requête adressée A PhiKppe de Dreux, semblait faire du dîplAme de ioi5 le titre même en vertu duquel l'évéque possédait la totalité du comté : Doamê, bene noêU fnod comkatum fisJMkwistm dêiit çitidam eomm in êlêmotma eceluiaê b. Pétri Behacenn». .

(Pièce just, n' XFV.) ^ 11 n'y a donc rien d'étonnant A ce qn'Aubri des Trms-Fontaines et, avant lui, le continuateur de Sigeberi, qui devaient être moins bien ronsdgnés que le chapitre Icd-même, se soient trompés. —

Remarquer que le chapitre dit bien dédit, ce qui exclut toute idée d'échange.

<*) Louvet, t. I, p. 553.

(*) Oise, arrondissemeat de Beauvais, eaivton de Marseille-le-Petit.

(*) Ibid,, commune de MoyviUers, arrondissement de Gompiègne, canton d'EsIrée»- Saint-Denis.

^*^ Ibii*, commune de Laversines, arrondissement de Beauvais, canton de NivîBers.

(^) In fnfaUi guburbio eamb^m et hoêpiitm»

(» Les épitaphes de Tévêque Roger (Louvet, t* II, p. 1 84) lui font un honneur d'avoir rendu ia liberté an pays en chassant le oomte :

Ubertoi patrioe puliô eûmUU dmiwuau,

et d'avoir fait la joie du peuple en supprimant les cens dus aux voyers :

Atfue viatonun demiêio, gaudia, eetMH.

(Sur celte épitaphe, voir Ducaqge, Glonm-

chartes ladoes il ne prend pas d'autre dénomination que celle de Behacenm qnscopus ^^K En 1 1 5 1 , le pape Eugène III lui confirma le comté avec toutes ses autres possessions temporelles ^^\

En qualité de comte de Beauvais , et même depuis i o 1 5 , Tévéque était ' vassal direct du roi; à ce titre, il était tenu à certains devoirs féodaux vis-à-vis de son suzerain. Il devait donc le service militaire, le service de cour et diverses prestations pécuniaires, dont une des plus importantes était le gtte. La liste des villes et châteaux du domaine royal, dressée au commencement du xiii* siècle par Philippe Auguste, porte qu'il devait fournir au roi exemtwn et procuratwnem ^^\

Le caractère sacré de l'évéque ne lui permettait pas de suivre lui-même son suzerain dans ses expéditions guerrières , quoique Ton puisse citer des titulaires de Tévéché de Beauvais, Philippe de Dreux ^^^ entre autres, qui s'illustrèrent par leur. humeur belliqueuse et leur intrépidité dans les combats. Aussi n était-il tenu qu'à envoyer des chevaliers à l'armée royale. Renaud de Nanteuil , ayant reçu Tordre de se rendre au ban convoqué à Tours dans la semaine de Pâques 1^79, déclara qu'il ne devait que cinq chevaliers pour faire son service d'ost^^^. Le nombre de cinq chevaliers est encore indiqué dans Y État des revenus de Vioèehi présenté en 1 3&9 ^^^ mais il est dit aussi que «( les hommes de grands fiefs sont tenus de servir Monsieur en ost, quand Monsieur est semons de servir le roy en armes ^"^ 9.

rûim, au mot Vkanu»,) Uaatre épitaphe rapportée par Loovet exprime à peu près la même idée dans ce vers :

Quod ooimtti tuto gaudemut juf ivinoto.

Mais , avant de foire fond sur ces documents , il serait important de savoir à quelle date ils appartiennent : c'est ce que nous ignorons.

Pour terminer ce que j*ai à dire sur Roger, j'ajouterai que le compte du chapitre de 1387- 139a signale que, le jour de Point de cet évéque, on mettait sur sa tombe un cierge pesant 7 livres, du prix de 18 sols. (£artr. des eoiMptai du chap,faUi au xviu' nèeU, carton n^XIII deM.deBrétisd.)

<'> En 1 167, révèque de Beauvais, Barthélémy de Montcomet, rendait hommage au comte de Troyes, Henri V% pour le fief de Savignies (canton de Beauvais). (Arch. naL, J. 198*, Champagne, IX, n** a. — Bnusel, Nouvel exanwn de Vuaage général deefiefi, 1. 1 , p. 3.) Est-ce que cet hommage était particulier à Barthélémy, ou était-il rendu par tous

les ëvèques de Beauvaisî C'est ce qu'on ne sait pas. En laaA, Miles de Nanteuil, évéque de Beauvais, approuvant l'ordonnance de Thibaut , comte de Champagne et de Brie, sur la manière de partager entre les enfants mâles la succession des barons et des châtelains, était cité en tête des barons de Champagne. (Chantereau Le Febvre, TroUi deefefi^fr., p. 5& et i63.) Mais cet évéque appartenait â une famille vassale de la maison de Champagne.

(ld,y pr., posttm.)

(*) Jaffé, n*" 96 56.

(') A. Giry, DoeummU ewr le» retaHiùmM de la royauté avec let viUee eu France, de a 80 à lâtâ (Paris, Picard, i885, in-S"*), p. 39.

(*) Voir H. Géraud, Le eomto^héque (Bibliothèque de l'École des chartes, i** aér., U V), p. 8.

<*> La Roque, Du bon et arrière-ban. TrmU de lawMeeee (édiL de Rouen 173&), p. 11.

— ColL Grenier, t. 169, fol. 39.

(«) Cart n* XllI de M. de Brétiiel.

(7) Rid. — Cf. encore ColL Grenier, L i63.

ACQUISITION DU COMTÉ DE BEAUVAIS PAR LES ÉVÊQUES. àl

Cette autorisation de s aider de ses vassaux pour son service d'ost avait été accordée par Philippe le Bel à l'évéque vers iSoo^^^.

Ainsi obligé de servir le roi dans ses expéditions, Tévéque devait entretenir une petite armée féodale, ou tout au moins en avoir les cadres. Son officier supérieur s'appelait le marescaldus ; on voit apparaître son nom en 1 1 6 1 ^^\ Peut-être cet officier était-il sous la dépendance du sénéchal de Févéque, par assimilation à ce qui avait lieu dans les armées du roi.

Philippe Auguste essaya encore, au commencement du xin'' siècle , d'exiger une contribution de guerre en plus des hommes fournis par l'évéque; mais Philippe de Dreux, qui occupait alors le siège de Beauvais, protesta en 1 â 1 4 devant le légat du pape ^^\ et le roi fut obligé de réduire ses prétentions.

Uévéque-comte de Beauvais devait le gîte : procurationem , et il le devait & Beauvais même et à Bresle, sa résidence habituelle. A l'origine, il avait à défrayer le roi toutes les fois que celui-^i venait dans Tune ou l'autre de ces localités. Cette obligation étant trop onéreuse, Philippe de Dreux obtint de Philippe Auguste, son cousin, de payer seulement 100 livres par an^^^. Mais cette faveur n'était que personnelle : elle avait sans doute été accordée à cet évéque en considération de ses exploits militaires contre tes Anglais; aussi Milon de Nanteuil dut fournir au roi, en lasS, i56 livres ^^'; en t9a6, le lundi des Rameaux, i&o livres, plus le vin et autres menues choses ^^).

La sédition qui éclata à Beauvais en iâ33 amena saint Louis dans la ville. Non content d'entreprendre sur la juridiction de l'évéque, le roi, à son départ, exigea de ce dernier le payement de 8oo livres parisis^'^^ pour son droit de gîte des cinq journées qu'il avait passées à Bresles et à Beauvais. Milon de Nanteuil se crut en droit d'être surpris de cette demande exorbitante, mais comme il priait le roi de lui accorder quelque délai, saint Louis fit saisir son temporel ^^). Ce ne fut qu'au bout de quinze

foL 96. (D'après 3* Carttd, en papier du chap, àê Beauv,, fol. 79.)

<^> Louvet, t. II, p. 479.

(*> Huberitu mareeealdue : CoU, Mareau, t LXXI,fol. 71.

<*> Arch. dép. de VOnA : Invent, det layet.

du chap, de Beauv, (xfiii* siècle.)

(*> Le Nain de Tillcmoni, Vie de Maint Louiê (ëdit. delà Société de Vlfittoire de France par J. de Gaulle) , t. il, p. i65. — Cf. bulle du pape Urbain IH donnée par Louvct, l. II, p. 893.

(^) Brasael, N<ntv, erom. de ftia. gén. dee Jirfe, t I, p. 546.

(•) Ibid., p. 547. — Selon Le Nain de Tillemont {loc, ct(.), celte même année, Milon aurait payé à Louis VIII 80 livres pour Bredes et 1 3o livres pour Beauvais.

(') C'est Topinion du Nain de Tillemont (loc. eit,) que la somme de 80 livres que Ton voit mentionnée dans d'autres auteurs est une erreur, et je suis entièrement de sou avis.

(*) Pour le détail de cette aflbire, voir ir^ra, ch. v.

années que celte malheureuse affaire fut réglée , lors de l'épiscopat de Ro-^ bert de Gressonsac. Le roi, par un acte daté de juin tââS, s'engagea k ne demander pour son droit de gtte que loo livres parisis de rente annuelle quand ne séjournerait pas dans la ville, et 90o livres quand il y viendrait (^^ La même année, sur les loo livres à lui dues de par cette convention, il en abandonna 8o à perpétuité au profit du chapitre de Rouen ^^l Au xiv** siècle» l'évéque Jean de Dormans racheta cette rente en abandonnant sa maison, ses terres et ses revenus de Villers-en-Vexin ^'^ Ce rachat fut notifié au chapitre de Beau vais le a 5 mars i364^^).

Gomme tout vassal à son suzerain, Févéque devait encore au roi de France Taveu et le dénombrement. Je ne connais guère, pouvant servir à f histoire de la période que j'embrasse dans ce livre, que deux dénom-brements : Tun de lià^^ désigné sous la rubrique dctat dés revenus de révéehé^^\ l'autre, beaucoup plus important, présenté par Guillaume de Hellandeen i/i5&(<^l

Reste un dernier devoir très important qui s'imposait à Tévéque-comte de Beauvais : c'est le service de cour ou l'obligation pour le vassal d'assister de ses conseils et de ses lumières son suzerain et son seigneur dans l'exercice de sa justice. Mais, comme c'est à cette obligation que l'évéque de Beauvais dut d'être, au xm* siècle^ un des pairs de France, je rejette ce que j'ai à en dire au paragraphe suivant.

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