INDUSTRIE ET COMUERGE DE BEAU VAIS. - LA DRAPERIE
L'arrêt du pariement du it novembre laSs^^^ nous apprend que la ville de Beanvais comptait vingt-deux corps de métiers ; parmi toutes ces corporations, il n'en est assurément pas qui aient fait plus d'honneur à la ville et lui aient apporté plus de richesse, que celles qui s'occupaient de l'in* dustrie des draps.
Au moyen âge, le nord de la France comptait beaucoup de villes drapantes; celles de Flandre avaient pour leurs laines et leurs draps une réputation universelle : Saint-Omer, Abbeville, Arras, Amiens, Reims, Beauvais,sans égaler certainement les importants centres de manufactures, tels que Lille, Bruges, Ypres, Bruxelles, Valenciennes , etc., n'en tenaient pas moins un bon rang dans cette industrie ; leurs produits étaient aussi très estimés.
Au XI* siècle, Beauvais semble être restée en dehors du grand mouve* ment commercial du Nord ; mais ce fait peut être expliqué ainsi : la matière première de l'industrie des draps, la laine, venait en grande partie de l'An^eterre : c'était là que se fournissait la Flandre. Mais Beauvais avait, sous ce rapport, une position assez défavorable : d'un côté la Normandie, de l'autre côté le nord de la Picardie et l'Artois l'écartaient de la mer. Cependant la draperie se développa assez vite à la fin du xi* et pendant tout le xii' siècle. Au xni% les marchands de Beauvais entrèrent dans la hanse de Londres et, jusqu'aux temps modernes, les produits de leur industrie jouirent d'une assez grande réputation. Les draps et les serges de Beauvais sont si fins, dit Loisel ^^\ r qu'on les peut parangonner à celles de Florence 97.
La rivière du Thérain entoure et traverse la ville ; ses eaux sont précieuses pour le lavage des laines, dont elles adoucissent la rudesse et dont elles font ressortir certaines couleurs données par la teinture. Ces qualités
f) Loc. eÎL — W Page a5.