‹ Histoire de Beauvais et de ses institutions communales jusqu'au commencementChapitre 29 sur 47 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

étaient déjà appréciées dans le courant du xi* siècle ^^^ ; car, dès cette époque, il existait à Beau vais des moulins à foulon. C'est ainsi que l'évéque Gui, mort le â5 mars 1088, avait donné à l'abbaye de Saint-Quentin, qu'il avait fondée et comblée de bienfaits, la dîme de moulins situés devant ia porte de Beauvais ^^\ Une des premières querelles entre la commune nouvellement constituée et le chapitre eut aussi pour cause l'empêchement d'un moulin qui ne pouvait moudre, par suite de l'obstacle des ponts et des ordures des teinturiers ^^\ Ce seul fait nous révèle donc l'existence d'un corps de métier qui avait rapport à l'industrie drapante.

Dès le XII* siècle, les textes plus nombreux deviennent plus explicites et permettent de suivre de plus près les progrès de cette industrie. L'évèque Barthélémy de Montcornet forma le dessein d'établir de nouveaux moulins à foulon ; mais le tonloyer Aimeri , ad quem reiitus de trunds Jidkmum spectabant^ s'en plaignit vivement. Louis VII dut même intervenir et amener les deux parties à transiger (1179). L'évèque eut dès lors le droit de construire ses moulins , mais il dut donner à son tonloyer, en augmentation de 6ef, un revenu de 7 livres, monnaie beauvaisis ^^).

Ce mémo évoque favorisa beaucoup l'industrie du drap : non content d'élever lui-même de nouveaux moulins, il reçut de l'abbé de Saint-Quentin l'engagement d'en construire trente dans l'espace de cinq ans ( 1 173); pour les établir, il donna franchise de terrain et d'eau et abandonna à l'abbé tout le profit de ces moulins, jusqu'à l'entier payement des frais occasionnés pour les bâtir. Il fut même stipulé que si, au bout de cinq années, les deux parties jugeaient utile d'en élever encore de nouveaux, on les construirait dans les mêmes conditions ^^l Ceci dut être cause d'un grand développement de l'industrie locale; il est fort à présumer, pour motiver ces nombreuses constructions, que les marchands de Beauvais avaient vu s'ouvrir de nouveaux débouchés pour leurs draps. A la fin du

(0 L*ëvéqac Hervéc ( + 998), on s'en souvient, donna à son chapitre deux moulins, sur lesquels, en 1099, Tévcque Ansel abandonna tous ses droits de justice, en faveur du même chapitra. Mais on ne sait à quoi servaient ces moulins ; élaient-ils des moulins à blé ou des moulins à foulon ?

(«) Decitnam molendinorum suorum ante porUtm, Obit. de Saint-Quentin, rapporté par Louvel, t II, p. 199. — Dedmationem duorum molendinorutn y qui juxta muros civitaUs habentur, quota Guido, Belv. episcopus, canonicU eccletie Beati Quintini, vi(a

iibi eomiie, m remedto ammf atff donaverat»' . Diplôme de Louis VI, donné à Gompiègne, en 1111, en faveur de Saint-Quentin , à la prière de Tévéque Godefroi {Cartulaire de Saini^Quenûn, GhelleDham, n"* 7606, p. 6i)'

t=») Cf. nupra, chap. IV, cl EpûL 'j'j himà CamoL, Hitt. dé Fr<mce, t. XV, p. io5.

<*^ Original : Arch. départ, de l'Oise , G 787. — Copies : s' Carîid. du chap, , tit. &3s , Bibl de Troussures, V a«, p. 108; ML GremeTy l. 1 6a , fol. 67. — Édit : Luchaire, Actei de Loua VII, n' 69s.

t*^ Pièce justif., n* X.

XI 1° siècle, il sMtait déjà écoulé un assez long espace de temps, depuis rétablissement des premiers moulins à foulon, pour que lun d'eux, situé dans la rue de la Couture, près de la place du Marché, pût tomber de vétusté en i igB. L'industriel, à qui le chapitre le louait, désespérait sans doute de pouvoir y travailler davantage au foulage des draps, car on lui permit d y établir une meule à aiguiser, si toutefois il pouvait en obtenir le consentement de Tévéque ^^\

Les dispositions de Louis VI, renouvelées par Louis VII, dans la charte conununale de ixklif indiquent suffisamment ce développement, dès le début du xn* siècle, de l'industrie ^^^ et du commerce des draps ^^\ Relativement aux moulins, le roi ordonna que, dans chacun deux, fussent éta* blis seulement deux junioreê ^^\ et il ajouta que si quelqu'un entreprenait d'en placer plus de deux, ou d'introduire d'autres mauvaises coutumes, plainte en serait portée aux magistrats municipaux, auxquels appartiendrait de faire justice ^^\ L'article i à spécifiait que les pieux fichés en terre pour l'étendage des draps devaient être d'égale hauteur. Philippe Auguste indiqua en outre, dans sa confirmation de la charte communale, que la juridiction des dommages causés u ceux qui étendaient leurs draps était attribuée aux mêmes magistrats ^^\

La propriété de tous les moulins appartenait en général à l'évêque, et ceux qui les exploitaient lui devaient une certaine redevance ; mais, de bonne heure, il abandonna au chapitre une grande partie de cette catégorie de revenus. C'est ainsi que Barthélémy de Montcornct lui accorda le revenu des moulins bâtis par lui^^^; cependant, à l'avènement de Philippe de Dreux^ le chapitre en abandonna la moitié au nouvel évêque. Cette moitié lui revint encore par une disposition prise par Philippe de Dreux, le 9 sep-

(0 Arch. de TOise, G 85G. — Carttd. du chap,, p. 1/1 : Coll, Grenier, t. XII, p. 770, Bibl. de Troussnres, V »•, p. 2.

'^) Art. 7 et i4 de la charte de t ihh,

^•'') Art. 5.

(*) Le texte français du commencement du xiT* siècle, donné par M. Giry, Documenté, p. Gi3, traduit c% root par regan, et M. Guiiot, HMlPfr» d$ la chiUêatiou, t.* IV, p. 38, par gardeê^moulint,

t») Art 7,

<*) Même article dans la charte de 1189.

(') XVIkaljul. Obut BarthoUnMUt , no9tmr eptseopuê, qui dêdii nobU domuni êuam êub muro civitatiê, eum molêndinù pannoi fidUentibut et omnibuê appenditiiê eui$, et in tico qm

Culiura dieitur, tnokndinum unum paimoê fulUen» et (blanc) monete Sancti Simphoriani , ntedietatetn molendini unius ad tannum mo^ lendum et medietatem omnium nd ipeum moIeH" dinum^ pertinentium apud Bn^lam, et or»

penna vinee xiv, 11 modioê frumenti, qùoê ab Haimerico Rufo emerat, ab eeeletia de Freemont annuatim per vecturam eorum recipiendoê ad meneuram Behaeetiiem, que cmma pro^ priiê eumptibut acquàieraL Dédit et emmuenki pont^aUie, etc. — - Seeundum Necrologium eedttia» Behae. , Bibl. de Trouasurea, reg. des Obituavretf p. A 1 • -r~ Toatea ces donationR de révoque Bartliélemy sont raprodiiitea dans la confirmation, par Lrbain 111, des biens du chapitre : Jaflfë, n* i5698.

soi

tembre iiSs, avant son départ pour le pèlerinage de Saint-Jacques de GomposteUe. Cet évêque alla même plus loin et voulut que les chanoines participassent pour moitié aux redevances que pourraient payer les moulins à foulon, élevés à l'avenir sur tous les cours d'eau à lui appartenant dans la ville et dans la banlieue de Beauvais ^^\

La plupart des moulins se trouvaient du côté du faubourg Saint-Jacques, dont ils faisaient la richesse; aussi ce quartier de la ville s'appelle-t-il, dans un acte du mois de novembre iâ/17, Saint-Jacques de Riquebourg (dedwite bur^o^^^). Les industriels drapants formaient aussi une des classes les plus aisées de la population de Beauvais : les obituaires des églises de Saint*Waast et de Saint-Nicolas, que leur dévotion semble avoir préférées pour y faire célébrer leur anniversaire, ont conservé la mémoire de plusieurs de ces riches possesseurs de moulins ^^\ Une rue de Beauvais leur servait spécialement de domicile ; elle portait un nom caractéristique : vîm moîendtnorutn ^^\

Aux xii' et xnf siècles, les possesseurs de moulins à foulon sont donc bien désignés ; mais ce n'est qu'au xiv"" siècle , qu'on peut nettement distinguer les diverses corporations s'occupant de l'industrie des draps : les tisserands, les foulons, les laneurs, les arçonneurs, les tondeurs et les teinturiers. Les tisserands étaient surtout en nombre considérable à Beauvais. D'après l'assiette des tailles du 1 4 avril t /i a 6 ^^\ la plus complète que j'aie vue, la paroisse Saint-Etienne comptait 46 tisserands, lâ laneurs, à arçonneurs, là tondeurs, t foulon et 3 teinturiers; et la paroisse Saint-Sauveur, ji tisserands, 11 laneurs, li tondeurs, a foulons, 5 arçonneurs et 9 teinturiers. Ces deux paroisses étaient les plus importantes de la ville ; elles indiquent suffisamment la proportion des personnes qui, au plus fort de la guerre de Cent ans , alors que l'industrie j»ériclitait à Beauvais et que le commerce souffrant des malheurs publics était presque anéanti, s'occupaient encore de la draperie ^^\ C'était souvent parmi les tisserands qu'étaient choisis, pour l'examen des draps, les cinq boujonneurs dont l'office sera indiqué plus loin ; on est malheureusement mal renseigné sur le compte

(') Pièce jii8tir.,ii«X]lI.

(*> ColL Grenier, L 169, fol. 68; cest ia pièce juBtîf. n^* XYII.

<') Vlid, oclobr, ObienuU dotaùmuê PhUippuê molendinarius et Agnei, mater ^u$, qui dede»

runt nobis ii êoUdoê de eensu, . . — VIII koL dec. Oh. Maria, fiUa Philippi molendinarii, . . — /// mm, dêc, Ob, Philippus mokndinariut, etc. — Ces menlions sont tirées de Tobituaire de

SaintrWaast, conservé dans la Bibl. de IVoossures. La dernière mention dtée ici se troorc encore dans les deax obituaires de Saint-Nicolas, conservés au même endroit

<*> Premier obituaire de Saint^Nioolas, au is des calendes de mai.

(*) Gart. n* IX de M. Aux Cousteaux.

<*) Cf. encore compte du 10 janvier lisg:

Utid,

de cette corporation, la plus importante ^^^ Les teinturiers avaient, eux aussi, leur rue particulière : meus tinctuariorum ^'^K Cette corporation, dont l'origine est au moins contemporaine de la naissance de la commune ^^\ était assez riche; car plusieurs de ses membres figurent dans les obituaires avec des donations importantes ^^K

L'industrie des draps était par trop précieuse à la ville, pour que les différentes juridictions n'eussent pas, à l'envi, cherché à la prendre sous leur protection intéressée. De nombreux procès, dont on retrouve la trace au XIII* siècle, s'élevèrent surtout entre l'évéque et la commune; ce sont ces procès qui, aujourd'hui, nous révèlent le peu que l'on sait à ce sujet. Disons tout de suite que ces draps, aux xii* et xiii* siècles , étaient des draps rayés, dont la longueur légale devait être de i/i aunes et des draps plains de 3 o aunes ^^\

Ce furent les magistrats municipaux qui finirent par posséder, sans contestation, la haute surveillance sur cette industrie. Pourtant, le seul règlement pour les ouvriers que nous ayons (mais c'est un document du XIV* siècle assez avancé), fut donné par le parlement, le a 3 juin 1390, à l'occasion d'un arrêt sur le fait de la draperie. Il fut alors ordonné qu'il y aurait une horloge pour régler l'heure à laquelle les ouvriers se trouveraient sur la place pour être loués, et on indiqua les heures du commencement et delà fin du travail, avec le temps des repas. Ainsi, depuis Pâques jusqu'au i*' octobre, ils devaient être sur la place entre 5 et 6 heures du matin, pour être à l'ouvrage entre 6 et 7; en hiver, ils commençaient leur besogne à 7 heures, etc. ^^\

Le maire et les pairs, dit l'article ùù de la grande composition, connaissant mieux que l'évéque les bons et capables ouvriers de draperie, choisiront désormais , sans empêchement de la part de l'évéque et de ses officiers, 6, 7 ou 10 prud'hommes au plus, expérimentés dans cette industrie; et ceux-ci veilleront et tiendront h ce que les draps soient tels qu'ils doivent être. Ces prud'hommes, au xiu* siècle, n'ont pas encore de

(0 On trouve deux mentions de tisserands dans robitoaire de Saint-Waast, au 4 des car lendes d^août et an 5 des ides du même mois.

(*> 1 7 des calendes de mars : Obit. de Saint- Waast, conservé à Troussures.

(S) On se rappelle qu*eile se trouva mêlée, en 1099, dans ia première querelle connue entre la commune et le chapitre.

(*) Cf. Obituaire de Saint- WaasI , au 1 4 des nones do mars, au 10 des calendes de juin.

au 3 des nones d'août, aux nones de décembre.

(*) Bourquelot : Étude tur le$/oir$ê de CKam" pagne {Mémotree de l'Académie des tnscnjptione, a* série, tV, 1 '* partie, 1 865), p. aS/i, a 55. On fabriquait aussi des draps rayés à Provins, Paris, Douai, Bruges, Tournai, Ypres et surtout à Gand, et des draps plame à Provins (t^., p. 93/1).

(*) ImmUaire de 1 jù» : Arcb. commun, de Beauvais, JJ 61» fol. 93a*

nom particulier; Tarréi du âo mars 1809 ^^^ ne sait les désigner que sous le nom de gardes en laine, (ii, teinture» etc.; mais sous Ëngnerrand de Marigny, évéque de 1 3 13 à 1 3^7, ils s'appellent des houjotmeurs. C'est en vain que l'arrêt du se mars iSo^ attribua à la cour de Tévéque, contre le droit manifeste dos bourgeois, l'élection de ces prud'hommes : cette élection, au xin* siècle, avait appartenu aux magistrats municipaux et elle leur resta pendant les siècles suivants. Elle se faisait deux fois par an, à Pâques et à la Toussaint ^^^ Une fois nommés, les élus juraient au maire et aux pairs, devant l'évéque ou son bailli, d'accomplir leur office avec justice et loyauté (^^ Au xiv^ siècle, ils furent divisés en deux classes égales ; les boujonneurs proprement dits et les scelleurs.

Les premiers examinaient si les draps étaient «suffisamment tissés, de bon poids, de droite longueur et largeur et de bon fil 99. Ils possédaient un coin de plomb, dont la matière leur était fournie par la commune et l'empreinte par les gens de la justice épiscopale ; celte empreinte représentait deux clefs et une main ^^^ Au moyen de ce coin, les boujonneurs marquaient les dra[)s et les serges qu'ils avaient visités. Les cinq scelleurs avaient un autre coin, représentant une croix cantonnée de quatre clefs, avec lequel ils contresignaient les draps déjà visités par les boujonneurs ^^l

Ces formalités étaient exigées pour empêcher la mauvaise fabrication des étoffes. Si les boujonneurs (je leur donnerai ce nom même pour le xm* siècle), si les boujonneurs, dis-je, trouvaient un drap par trop défectueux en qualité, ils le signalaient au maire et aux pairs, et ceux-ci le faisaient porter sur la place du marché, avec le bois nécessaire pour le brûler. Gela fait, il était nécessaire avant la troisième heure, c'est-à-dire avant neuf heures du matin, d'avertir la justice de l'évéque d'y venir mettre le feu. Si les gens «de cette justice ne se présentaient pas avant l'heure ou les chanoines de la cathédrale faisaient sonner leurs vêpres , les magistrats municipaux n'attendaient pas plus longtemps l'agrément de l'évéque ou de son bailli ; ils faisaient porter le drap défectueux à l'Hôtel-Dieu , où il ^^^

t^) Arch. naL, X^* ky fol. ii5; Ârch. commun, de BeaavaÎB, A A 1 , fot. 61 v* ; Beugnol, OUmj L 111, p. 395; Gky, DocwmnU, p. 176.

— Indiqué : Arch. commun, de Beauvais, bmnUnrt de l'jûa, JJ 61, fol. aSa; Boutaric, n* 3574.

('} Accord entre Jean de Marigny et la com* mune : cari, n* XV de M. de Brétizei, liasse Hétd de Ville, p. 1 â. — Complainte, en 1379 , de la commune par«devant le bailli de Senlis, pour troubles apportés par l*évéque dans i*é~

lection des boujonneurs : Arch. commun, de Beanvais, JJ 61 , foi. Shb. — Cf. encore îWm BB 8, fol. 9, Si, 36, Aa /*, Sa, etc.; pi^ ju8tif.,n»XXXVll.

t'> Art. 99 de la grande eompoeitiao.

(*) L'empreinte de ce coin fut modifia au xf* siècle ; on employa alors le sod de la ville : Délibér. du 99 ocL lâSg, ArcL commun, de Beauvais, BB 8 , fol. 99 v".

(^) Accord déjà cité entre Jean de Marig^T et la commune.

vait aux malades. L'étoffe défectueuse pouvait encore avoir assez de qualité pour ne pas mériter le feu : cela dépendait de l'appréciation des boujonneurs. Dans ce cas comme dans le premier, on portait le drap sur le marché et l'on convoquait la justice épiscopale à venir le couper et rendre les morceaux au propriétaire, forcé ainsi de vendre son drap dans la ville même. Mais si la justice épiscopale faisait défaut, c'était au maire et aux pairs h effectuer cette besogne ^^^

Toutes les précautions possibles étaient donc prises pour que la bonne réputation industrielle de la ville ne reçût au dehors aucune atteinte fâcheuse. On s'exposait, en effet, à une amende envers les magistrats muni* cipaux, quand on essayait de vendre au dehors un drap justicié par les boujonneurs ^K Mais ce n'était pas encore tout : les boujonneurs, après avoir constaté la qualité de l'étoffe, devaient s'assurer du poids. Une pièce de drap de & aunes , par exemple , devait avoir un poids légal ; s'il lui manquait ù livres et si elle n'avait pas d'autre défaut, celui qui l'avait fabriquée payait seulement une amende de lâ deniers. Une pièce de ao aunes ne devait pas non plus peser moins d'une livre que le poids fixé. Mais si la différence du poids de l'étoffe avec le poids légal était plus grande, la somme à payer par le mauvais fabricant croissait dans la même proportion. Toutes ces amendes revenaient aux boujonneurs : c'était donc une garantie pour l'accomplissement de leur devoir ^^K Les poids et les balances étaient fournis au maire et aux pairs par le tonloyer de Beauvais , un des francs-hommes de l'évêque, comme l'on sait. Toutes les fois qu'une difficulté s'élevait au sujet de leur justesse, on les comparait à l'étalon, con* serve par devers ce tonloyer ^*^

Il serait intéressant de savoir de quel pays les drapiers de Beauvais tiraient la matière première de leur fabrication ; msdheureusement , les textes font complètement défaut sur ce point. On sait seulement que les drapiers chargeaient de leurs achats des courtiers de laine. Ceux-ci étaient, comme les boujonneurs, élus par le maire et les pairs, et présentés soit à l'évêque, soit à son bailli, devant lequel ils prêtaient serment ^^^

Les produits une fois obtenus et leur bonne qualité reconnue ainsi que

^) AH. sa de la (p^ode eompoeilion ; arrête (*) Art s i .

du pariement du 18 juillet i355 (Arch. ('> Areh. commun, de Béaavaîs, AA 1,

commun, de Beauvais ^JJ 61, fol. a55)etdu fol. a. — Accord du 19 mai i35a : ihid,y

16 aeptemiire'iSôo (ibid., AA i , fol. 58). fol. 60. — Procès au pariement en juin lâoa :

(*) Compte de 1 399-1^^00: ibid,, JJ61, tM.,FF9, fol. 5. — Cf. encore B0ctml de

foi. 3&6. pièees sur le Bêouv., n* 37 zBibL de Trous-

(') Art. 93 de la |p*aDde composition. sures, V 1*; pièce justif., n** XXXYII.

leur poids légal » les marchands de Beauvais allaient vendre leurs draps soit à la halle de la ville, soit au dehors. Cette halle spéciale, appelée la halle aux draps ou la halle à laine, servait aussi aux assemblées des magistrats et des principaux de la commune. La propriété en appartenait à Tévéque ; mais c'était aux magistrats municipaux qu'incombait le soin d*y faire toutes les réparations nécessaires, en payant encore, à Toccasion de ces réparations, le droit de voirie à la justice épiscopale ^^^ L'évéque se prévalut même un beau jour de son droit de propriété pour faire défendre par son sergent au maire et aux pairs d'y tenir leurs plaids et leur conseil et d'y faire des assemblées. Un procès s'ensuivit, commencé au bailliage de Senlis le 1 7 avril 1 3 7 7 ^^^ ; je ne sais quelle fut la décision , mais je présume fort que l'évéque perdit sa cause, car les magistrats municipaux continuèrent à se réunir dans le même endroit ^^K

Tous les marchands qui, dans cette halle, exposaient leurs laines et leurs draps, payaient à la justice de l'évéque une certaine redevance. Ces redevances constituaient un revenu , qui était affermé au plus fort enchérisseur ^^l A l'époque de Guillaume de Hellande, les deux tiers de ce droit de hallage avaient été aliénés en faveur des différents tonloyers ^^\

La protection des marchands forains qui venaient à Beauvais était déjà assurée par la charte conununale de 1 1 64 (art. 5). Celui qui, dans l'intérieur ou dans la banlieue de la ville, faisait tort h l'un d'eux, était justiciable des magistrats municipaux, devant qui la plainte était portée, mais il fallait que le malfaiteur fût trouvé sur le territoire de la conunune et que le marchand ne fût pas un ennemi de la ville. Ce malfaiteur venait-il à s'échapper du territoire soumis à la juridiction de ces mêmes magistrats, on se contentait d'envoyer vers lui, pour lui demander satisfaction. S'il réparait le dommage causé ou s'il prouvait son innocence, l'affaire en restait là. Dans le cas contraire, on faisait justice sur sa personne, à la première occasion qui s'offrait de le surprendre dans la ville.

Il n'en faut pas davantage pour supposer qu'au xu"" siècle, il devait déjà exister des foires et marchés à l'intérieur de la ville, puisque l'on s'occupait de la sauvegarde de ceux qui s'y rendaient. Cependant il est permis

(*> En 1379, révéque attaqua devant le par- (^original qai était aax archives de Bcauvaisi

lement les magistrats muoieipanx qui avaient iayette K, liasse I, coté lo. refait i neuf ie pignon de la balle, sanspreo- (^^ Voir tous les registres de délibérations

dre congé de lui et sans payer la redevance de la commune aux Arch. commun, de Beaa-

appelée datrait : Arcb. commun, de Beauvais, vais. A A I, fol. 98 v^ W Pièce justif., n* XXX VII.

(» Cart. n* IX de M. Aux Gousteaux , diaprés (*) Ibid.

de croire, en l'absence de documents positifs, que ce n'était pas à Beau vais même que se faisait le plus grand commerce des marchandises qui y étaient fabriquées. La plupart des draps étaient expédiés au dehors; des dépôts en étaient faits dans des halles appartenant à la ville eUe-méme, dans d'autres localités.

A Compiègne, les marchands de Beauvais avaient ainsi plusieurs halles, dont les baux étaient passés au nom de ces mêmes marchands par le maire et les pairs ^^^ A Paris, ils en possédaient une autre près de la halle aux tisserands ^^); son existence n'est constatée positivement pour la première fois qu'au xiv* siècle, quand Charles V réduisit à lâ livres parisis la redevance annuelle de 1 8 livres que les bourgeois de Beauvais devaient pour ce bâtiment (^). Cependant la personne que la commune avait mise pour la garde de la halle dut toujours débourser les 1 8 livres ; mais les 6 livres qui n'étaient pas données au roi furent dès lors versées dans la caisse municipale et servirent aux réparations du bâtiment (^). Ce gardien avait encore l'obligation de recevoir dans la halle le maire et les pairs , quand ils y venaient, et de leur fournir une écurie de six chevaux ^^). Malheureusement , les 6 livres que la commune devait employer aux réparations, ou n'étaient pas utilisées à cet usage, ou ne suffisaient pas : toujours est-il qu'en i Aâg , la halle de Beauvais \ Paris menaçait ruine et que Charles VII , pour en obtenir l'entretien par la ville, était obligé d'abandonner les arrérages de la rente de i â livres qu'on lui devait, et cette rente elle-même pendant six années consécutives ^^\ Le commerce déclinant continuellement, cette rente de 1 a livres fut encore abaissée à 7 livres , et Louis XI , en 1 & 7 3 , dut aussi l'abandonner pendant vingt ans, pour aider aux réparations (''^ Enfin la commune trouva beaucoup plus simple , vu le peu de profit qu'elle en retirait, de céder sa halle purement et simplement au roi. Cet abandon eut lieu en ifi84<*^

Le plus grand commerce des draps ne se faisait pas encore dans ces endroits: c'était surtout dans les foires et marchés, que les marchands de Beau-

(1) Baux, en iSog et i3a6, des halles de (*> Comptes communaux de i38s-i383 et

Gompiëgne pour vingt ans, moyennant a ii livres de 1390-1391 : cart n*" IV de M. Aux Cous-

pariais i payer tous les ans, à la foire de la teaux.

miH»réme, par le maire et les pairs de Beau- ^*^ Bail de i/ioi : Arcb. commun, de Beauvais au nom des marchands : Arch. commun, de vais , J J 6 1 , fol. 39 1 . Beauvais, JJ 61, fol. 399. (*) 3i octobre 1 hZg : cart. n*^ IX de M. Aux

(*) Sauvai, Antiquiifê de Parié, t. III, Cousteaux. p. 970. (^) Arch. commun, de Beauvais, BB 9,

('> Arch. commun, de Beauvais, AA 1 , foi. 3 v*. fol. 85; ce i5, n*" 95; JJ 61, M. 891. ^*^ Sauvai, op. cit., 1. III, p. 456.

Bbauvais. 1 h

vais pouvaient espërer ëcouler leurs produits plus rapidement et à meilleur compte. Aussi ne manquaient-ils pas de se rendre, par exemple, à la grande foire annuelle du Lendit, qui se tenait, comme Ton sait, dans la plaine de Saint-Denis ^^^. Us n'étaient pas non plus sans aller aux foires qui avaient lieu dans les localités plus voisines : à Glermont, une foire annuelle avail été instituée en 11&7 par Tévéque de Beauvais, Eudes III^^^ et, depuis 1 1 57 au moins, une autre se tenait à Senlis^^^

Mais aux xif et xiii* siècles, le plus grand débouché était sans contredit les foires de Champagne. Les marchands de Beauvais n'étaient pas du reste les seuls de la Picardie à s'y rendre : ils y allaient en compagnie de ceux de Saint-Quentin, d'Abbe ville, de Gorbie, de Roye, de MontreuiK de Péronne, d'Amiens, etc. ^^^ Leurs produits étaient exposés et mis en vente aux marchés de Troyes, de Lagny, de Bar-sur-Aube et de Provins ^^l C'était surtout à la première de ces villes que se rendaient les marchands de Beauvais; ils y possédaient leurs comptoirs et leurs écuries dans la rue qui porte actuellement le nom de rue PaiUot-de-Montabert, dans cette partie qui , au xiii* siècle , s'appelait « les halles de Ghàlons par où l'on va de l'église Saint-Jean à la rue des Bûchettes (^) 9.

La route que les marchands de Flandre et de Picardie suivaient pour se rendre en Champagne passait par Bapaume, Péronne, Roye^''), Compiègne et Crépy-en- Valois ^'^ Les marchands de Beauvais, conome ceux de Thérouanne , de Boulogne , de la Normandie , de Corbie , d'Amiens , du Ponthieu, de Tournai, de Cambrai, etc., étaient intéressés à choisir particulièrement cette route, car dans les villes que j'ai citées plus haut, ils n'avaient pas à payer le droit de travers ou de passage ^'^K Cette question des droits de travers souleva de nombreuses difficultés , à cause surtout de la fréquence de leur payement; aussi la conunune de Beauvais fit-elle tous ses efforts pour se rendre moins onéreuses les redevances qu'elle avait à acquitter de ce fait ^^^^ surtout pour les péages établis à peu de distance de

(>} Lebœaf, Hiiioire ecclésiastique de Parié, I. ni, p. 96s.

(*) Loiael, p. 973.

(^ Abbé Mûller : Emoî d'une numographiê des riMf y placée et monumente de SenliSf art. Fwre, dans les Mêmaireê du ecmité arcké<hlogique de Senlis, 1880, t V, 9* série, p. /îo6,

(*) Boarqaelot, Étudee eur Im fnree de Champagne , ip. 139.

(*> Ibid., p. 969.

(*> Corrard de Bréban, Lee rues de Troyat, p. 78.

if) Pour Roye, voir en particulier un arrêt du 93 septembre 139/1 : Arch. commun, de Beauvais, AA 1, fol. 87.

<") Bourquelot, p. 3i6.

(*) Arrêt du parlement d^hiver, i3io: édition, Beugnot, Olim, t II, p. 619; trad., Arcb. commun, de Beauvais, AA t, foL 6& «"• — Cf. encore une lettre patente de Philippe Y du 99 novembre i3i8: Beognot, t IL p. 686.

^^^) A Angy, le droit de péage était de a de niers pour chaque fardeau de laine noire ei

la ville. De là viennent les nombreux accords faits à ce sujet devant le bailli de Senlis, pour les travers de Clermont^^^, de Bailleul^^^ de Saint-Félix ^^^ de Saînt-Martin-le-Nœud^*^, d'Asnières î^^, de Longueau^®^

Quand les foires de Champagne commencèrent à décliner (fin xiii' siè- <;le), les marchands de fieauvais durent se diriger d'un autre côté. Au XI?' siècle, ils allaient pourtant encore en Champagne ^^^ mais le courant, à cette époque, s'établissait bien plutôt vers l'Angleterre. Au xiii' siècle, j'ai déjà eu l'occasion de le dire, nos marchands étaient entrés dans cette grande association appelée la hanse de Londres ^^^ Les draps et serges de Beauvais durent donc partir de ce côté, avec les produits de Saint-Quentin, de Péronne et d'Amiens, en passant par Longueau et Bailleul. Une partie devait encore être destinée à la Normandie, à la ville de Rouen (^\ et passer par Saint-Martin-le-Nœud. Mais tout cela n'est qu'une probabilité, les textes nous faisant complètement défaut pour pouvoir rien affirmer.

Il me suffit de constater que depuis le xii' jusqu'au xiv' siècle, période dont je raconte surtout l'histoire, l'industrie de Beauvais était extrêmement florissante, et que le commerce qui en résultait, mettait la ville au nombre des centres les plus riches et les plus renommés. La guerre de Cent ans fit un mal considérable au pays; dans toutes les adresses au roi, les bourgeois se plaignaient de la dépopulation de leur ville. Le commerce dut par conséquent souffrir beaucoup lui-même; aussi Jean de Dormans, chancelier de France et évêque de Beauvais, obtint- il du dauphin Charles | en août i36o, l'établissement dans sa ville épiscopale de deux foires annuelles , l'une le 3 novem})re et l'autre le 1 5 mai , chacune devant durer trois jours consécutifs. Le dauphin mit en même temps sous la sauvegarde royale tous les marchands qui voudraient s'y rendre ^^^^ De son côté , i'évêque

de 1 donitr pour la Isino hlaoche : Arch.

comiDan. de Beauvais, FF s, foi. 3.

(') lU septembre i3a8 : Arch. commun.

de Beauvais, A A i , foi. Â7.

(^ 1 1 juillet i366: ibid., fol. 66, et BB i, fol. 1.

('> 18 juin 1389 : ibid., AA i, fol. A5.

(*) 1 1 juin iSgd : ibid., M. 8â et Sa.

<» a6 juUlet tZ^h : ibid., fol. 8a.

(0 95 novembre 1Â07 : ibid., fol. 106 v*.

(7) En nud i3o8, les gardes des foires de Champagne et de Brie rendirent une sentence au pro6t des drapiers de Beanvais contre les rdigîeux du Val-des-ÉcoUers. Il s'agissait de 100 sols tournois de rente légués aaidits religieux par le sieur de Ghacenay»pour le paye-

ment desquels les marchands de Beauvais étaient poursuivis. Geux-d refusaient de payer cette rente, parce qu*iis n^avaient pas vendu à la halle du sieur de Ghacenay. (Arch.

commun, de Beauvais, ItweiUairê de fjàa, JJ61, fol. 3/îo.)

(') Gf. Roisin, Franchiiê$ de lAlle, p. i5i ; Bnm Lavainne, iire^tvst hùteriquiê H litté^ raireM du nord d$ la Frttnee et du midi de la

BelgifUê, 1. 1, p. 189 ; Bourquelol, p. i3& et suiv.

(*) Uordonnance du roi Jean , de mars 1 3 5o

(v. st.), concernant les ouvriers de draps de

Normandie, fait mention des ouvriers de

Beauvais. {Ordmn., t. IJ, p. Sg.)

(»•) Loisel, p. 178; LoQvet, t. Il, p. 5/17.

obligea les marchands de Beauvais à venir exposer et vendre leurs produits à ces foires, et promulgua des pénalités contre les rëfractaires ^').

Tel était le commerce qui se faisait dans la viUe de Beauvais sur les draps et serges. Ce commerce s'est continué pendant tout le moyen âge et les temps modernes. Après avoir subi un amoindrissement pendant la guerre de Cent ans, il se releva et prit de nouveau une très grande extension, surtout après les créations de manufactures par François I* et Golbert, et l'établissement de marchés francs tous les premiers samedis du mois par Henri II. Charles IX assura lui aussi le commerce en établissant un tribunal consulaire, ayant juridiction sur les industriels et les marchands de la ville. Pour donner une idée de ce qu'était l'industrie à Beauvais au commencement du xvm* siècle, alors que toutes les manufactures étaient en pleine prospérité , il suffira de dire que , dans la ville , on comptait plus de a o o fabriques ^^K

Quelques corporations peuvent , à la rigueur, être rapprochées de celles qui avaient pour objet la fabrication des draps : je veux parler des couturiers et des cordiers. C'était un assez noml)reux corps de métier que celui des couturiers; c'est du moins ce que révèle l'assiette des tailles du 1 4 avril 1 4s 6 ^^) : la paroisse Saint-Élienne , à elle seule, comptait ao personnes qui en faisaient partie, et la paroisse Saint-Sauveur, ai. Malheureusement, on ne sait rien de plus sur son compte. Les cordiers, moins nombreux, avaient ia franchise de tous les péages quels qu'ils fussent, et ne payaient pas de tonlieu, dans les marchés, pour le chanvre qu'ils achetaient pour travailler. Seulement ils étaient obligés, quand on faisait une «justices à Beauvais, de fournir un licol pour suspendre le condamné h la potence ^*^.

Une industrie très florissante à Beauvais était encore celle du cuir. Au commencement du xv* siècle, la seule paroisse Saint-Sauveur avait 7 pelletiers, la tanneurs, 8 corroyeurs, 1 mégissier, ai cordonniers et 8 savetiers ^'^^ Il est vrai que le centre de cette industrie était dans cette paroisse.

Plusieurs moulins à tan avaient été établis dans la ville dès une époque ancienne. Au xii* siècle, Barthélémy de Montcornet, évéque de 116a à 1175, avait emprunté ao sous beauvaisis à a8 tanneurs de la ville pour construire un moulin, dont il légua la moitié è l'abbaye de Saint-Symphorien^^). Ces tanneurs s'étaient aussi engagés à venir, pendant trois années,

0) Pièce justir., n« XXXII. <» Assiette de la taille jetée le i4 avril

<*) ColL Grenier, t. 16a, fol. 70. 1696, déjà citée.

(3) Loe. cit. (*) Cf., outre la charte ci-après désignée, la

i^) Senleoce du prévAt de Pont-Sainte«' conGraiation par le pape Ladus III des biens

Maxence, 1 3^1 : Arch. commun, de Beauvais, de Saint-Symphorien, 17 novembre 1189:

A A 1, fol. 53 v^ — Pièce justif., n* XXX VIL Louvet, t. 1, p. 56 1. — LViutre moitië fiil

faire moudre tout leur tau à ce moulin, mais à la condition de ne pas payer plus de so deniers par muid comme redevance ^^^ A la fin du même siècle, un de ces moulins pouvait valoir jusqu à 35 livres ^^^ Depuis ce moment jusqu'à la fin du xvi* siècle (^), on ne cessa d'en établir; mais comme toutes les eaux de la ville appartenaient à l'évâque , pour les construii*e , il fallait demander l'autorisation de sa justice ^^^

Tous ceux qui travaillaient le cuir devaient ce qu'on appelait alors racheter leur métier, en payant à l'un des tonloyers de l'évéque une redevance de 5 sols parisis^^^ De plus, sur toutes les peaux vendues à Beauvais existait un droit de tonlieu, dont le tarif est minutieusement indiqué par le dénombrement de i&54(®). Les tanneurs, eux aussi , payaient cette même redevance, quand ils établissaient leur chaudière^-); en outre, ils devaient, lorsqu'un nouvel évéque arrivait, nourrir un chien pendant une année sans lui donner de nom, pour après cela le présenter à cet évéque ^^^ Cette dernière obligation était la reconnaissance du privilège qu'ils avaient reçu, pour l'exercice de leur métier, de pouvoir ficher dans la rivière, au droit de leur maison, cinq pieux, afin d'y attacher par la tête les peaux de bétes qu'ils avaient à travailler. Ils ne pouvaient pas cependant mettre ces peaux en travers de la rivière ; autrement , le sergent des eaux avait le droit de les détacher et de les laisser aller au fil de l'eau. La salubrité publique avait fait aussi ordonner par la justice épiscopale aux mêmes tanneurs de ne pas jeter dans les rivières de la ville les cornes de leurs bêtes et les résidus de leurs cuirs, sous peine d'une amende de 7 sols 6 deniers parisis W.

doonëe à la cathédrale : 9*nécroIo(^ de VéfjLîae ^) Arch. départ du l^Oise, G 38.

de Beauvais, Bibl. de Troussares, NécroL et <*) Ihid., G 787.

cbit., p. &i. (■) Dénombrement de Guillaume de HeU

<» s' Cartulain du ekapUre de Sam^Pitm, lande , pièce jnatif. , n* XXXVIL

fol. 57 et 58, Bibl. de TrooMures, Y 9% («^ /61'J.

p. 65. — Arcb. départ, de TOise, G 787. (') Ibid.

W Vente, en 1 991, d*an monlin à tan près W Ibid. — Cf. encore CarUdaire de Sam^

de la mtiion dea B^;Qine8 : Arch. départ, de Piêtm, fol. ^9 v". Coll. Gremer, t. 19,

rOîae, G 856. — Ce même moulin, en i&95, fol. i&â, et t. 169, fol. 36 y*.

était vendu 86 écua d*or de 18 sob parbis (*> Dénombrement de i656, pièce juatif.,

chacun et loué 1 00 lola pariais : ilnd, n* XXXVII.

LE GOMMERGB DE BEAUVAIS. (Suite.)

Page 1