‹ Histoire de Beauvais et de ses institutions communales jusqu'au commencementChapitre 9 sur 47 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

les fastes de Beauvais, les reçut avec la plus grande joie et les fit déposer dans l'église Saint-Étienne ^^\ Ce n'étaient pas seulement des religieux qui venaient chercher une protection dans notre ville : des gens de guerre euxmêmes y trouvaient un refuge. En effet, à l'approche des Normands, on avait confié le château de Pontoise à un nommé Aletram;au mois de novembre, les Barbares étant venus assiéger cette place forte, les assiégés, réduits par la disette d'eau, durent donner des otages. C'est à Beauvais qu'ils se retirèrent pendant que le château était brûlé ^^K

Une partie de la cité de Beauvais fut aussi consumée par les flanunes le 17 septembre 886; les moines de Saint-Waast perdirent dans cet incendie toutes leurs richesses, tant en argent qu'en ornements d'église, en livres et en chartes ^^^ Ce malheur n'était pas dû aux Normands, car ceux-ci ne semblent pas s*étre montrés dans le Beauvaisis à cette époque ^^\ bien qu'on ait dit qu Us avaient assiégé Beauvais, Meaux et Melun en 888 ^^K

Les reliques de saint Waast restèrent à Beauvais, à l'abri des insultes des Barbares, jusqu'au moment où elles quittèrent la basilique de Saint- Étienne ^^^ pour retourner à Arras. Cette translation eut lieu du ta au 1 5 juillet 893 ^^^ Plus tard, la ville servit encore de refuge aux moines de Saint-Germer, portant avec eux le corps de leur saint fondateur ( a 4 septembre, vers 906 )(^^ C'était, comme on le voit, à la veille de l'établissement des Normands dans la province qui s'appela plus tard de leur nom. Aussi ne trouve-t-on plus guère mention de courses de ces bandes de pirates dans le Beauvaisis (^), et la ville de Beauvais put à loisir, dans le courant

(0 La basilique de Saint-Étienne était placée dans le êuburbUan, près des murs de la cilé.

(') Annal, VedoêU, ann. 856, édit. Dehaîsnes, p. 3aa. — De g9$ti$ Normann. m Fronda, Hiitorimti de France, t. VIII, p. 96 et 96.

(^} Annal. VedaêU,ann. 886, ibid.,f.326.

<*) Dans le courant de 881, ils s*étaient approchés seulement de Beauvais en venant de la Somme. (Annal. Vedaet., ann. 88i, ibid., p. 3 10. — De gegtie Nornuam. m Francia, ibid,, p. gk D.)

t^) Ce siège , malheureusement, est rapporté non pas pr des annales et des chroniques du nord de la France et contemporaines, mais par des auteurs plus modernes et éloignés du théâtre des événements : Thibaut, moine de Bèze, du xu* nècle, De Miroeulie S. Prudenlii, liv. ir. (Ubbe, BibUoih., t. II, p. 617; Hûioriinê de France, t. IX , p. 1 55.) — Chnmiq. de

Samt- Bénigne de Dijon. (Spieileghim, I. Il, p. 378, col. 1 ; Hietariene de France, L VIII, p. 94iA.)

^^ Cette église conserva pendant longtemps dans le moyen Age rappdlation d^^gUae Saint- WaasL

(^ Ex reUuione earparie S. Vedaeti a Belvago ad proprium locum : Mabiilon, Ada $an^ tor. ordm. Bened,, $aec. à, pare i*, p. 6o5 et 606 ; Hittcriene de France, t IX, p. m.

<*) NarraL de reliq. S, Geremari , ms. signalé par MM. Danse, Bord et Bncquet, Hietoire du Beauv,, p. 3i3.

<*) Les dernières dévastations des Normands eurent cependant lieu après la conversion de Rollon et rétablissement des Normands dans la Neustrie. En 995, les hommes de Rdlon firent irruption dans le Beauvaiab et TAmiénois. La ville d* Amiens fut brûlée, un incendie détruisit en méme^ temps Arras, enfin les

du 1* siècle, consolider ses murailles, reconstruire ses maisons détruites par plusieurs incendies, augmenter sa population et se répandre en dehors de la cité pour former le bourg où devait prendre naissance la commune ^^\

Nonnands avancés jasqu^à Noyon en brûlèrent «oam les fanboargs, (Chrûnic. Fradoardi, ad mm* g35.) Mais il ne parait pas que Beauvais ait souffert autant que ces dernières villes ; du reste, les cruelles épreuves qu^elle avait déjà en à supporter ne lui laissaient rien i leur envier.

<^> Notons encore un incendie qui vint ravager Beauvais en 1018. Simon (op. ciL, p. 1 5 ) dit que la cité seule fut épargnée; mais les chroniques sur lesquelles il s'appuie ne font pas cette réserve. (Chrotùe. Auttuiodor. , Ofi. ioi8, Hiêtarienê de France y t X, p. 971. — Chrome, Veteliae,, tbid,, p. Saa.)

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