‹ Histoire de Belgique (volume 2)Chapitre 136 sur 218 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

En transmettant les Pays-Bas à la' maison d'Autriche, les traités d'Utrecht et de Rastadt avaient stipulé que toutes les coutumes et privilèges des provinces seraient respectés (1). Ce n'était pas, — est-il nécessaire de le dire? — le bien du pays qui avait inspiré cette clause aux puissances maritimes et à la France. Son but était tout simplement d'empêcher le nouveau possesseur de la Belgique de la gouverner à son gré et d'y affermir sa souveraineté au point de la rendre dangereuse pour ses voisins. Elle était, dans le domaine de la politique interne, une façon de barrière dressée devant lui. De bonne heure, on l'a vu, il l'avait franchie et personne, tout d'abord, n'avait protesté. 11 n'en fut plus ainsi sous Joseph 11. Au cours de la crise de 1787, les États de Brabant avaient déjà proposé à ceux des autres provinces d'invoquer, contre les entreprises de l'empereur, la garantie qui protégeait leurs droits. Et ce qui n'était encore en ce moment qu'une velléité assez vague, allait devenir bientôt une réalité.

Les circonstances se prêtaient merveilleusement, en effet, à diriger vers la cause des Belges, non sans doute les sympathies, mais l'attention des cabinets européens.

L'ambition nerveuse et maladroite de Joseph l'avait rendu

H) Voy. plus haut, p. 127.

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