AVANT- PROPOS IX
que, menacées dans leurs libertés séculaires par le « despotisme éclairé » de Joseph II, elles unissent leurs forces, et toutes ensemble, d'un même élan, se dressent contre l'Autriche comme elles s'étaient dressées au xvi« siècle contre l'Espagne. C'est cela qui donne à la Révolution brabançonne, en dépit de tant de faiblesses, sa signification historique. Avec elle, les Pays-Bas Autrichiens deviennent la Belgique. Les couleurs qui ont flotté sur les forts de Liège et les tranchées de l'Yser, c'est d'elle que nous les tenons.
Mon récit s'arrête au moment où, chez nous comme dans le reste de l'Europe, l'Ancien Régime va s'effondrer sous les coups de la Révolution française. Sa dernière phrase annonce l'approche de Dumouriez. La Belgique ancienne disparaît : l'avenir s'ouvre sur la Belgique moderne.
Diverses circonstances ont retardé, bien au delà du terme que j'avais prévu, l'apparition de ce volume. J'éprouve une très vive reconnaissance pour les nombreux lecteurs qui m'ont témoigné à plusieurs reprises le désir de le posséder. Je déplore de n'avoir point joui du calme nécessaire à la correction de ses épreuves. Ce m'est un motif de plus d'exprimer ici toute ma gratitude à mon vieil ami, M. Paul Thomas, qui, cette fois encore, a bien voulu les relire et qui m'a suggéré d'utiles corrections.
Peut-être me sera-t-il permis d'avouer que la satisfaction de ne pas m'être trompé sur le sens de notre histoire m'a soutenu durant les longs mois d'angoisse que j'ai vécu en tête-à-tête avec mon travail. Avec quelle vigueur et quelle splendeur cette nation belge, dont j'avais cherché à décrire la croissance depuis le haut moyen âge, ne s'affirmait-elle