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MAINTIEN DE L'AUTONOMIE DU PAYS

rois d'Espagne, et le comte Harrach l'a parfaitement caractérisé en parlant de la « voie douce » qu'il a suivie (1). A Madrid, le Conseil Suprême de Flandre n'est plus qu'une institution de façade où d'anciens gouverneurs viennent prendre leur retraite, et qui n'est plus appelée à donner son avis que sur la concession de titres de noblesse. A Bruxelles, pas un seul Espagnol ne siège dans les trois Conseils Collatéraux. Le Conseil d'État, qui continue à se recruter parmi les grands seigneurs du pays, a perdu, il est vrai, depuis longtemps toute importance et n'est plus qu'un rouage inutile.

Suspecte au roi depuis la conspiration de 1630, la haute noblesse, écartée des affaires, ne cherche pas à y rentrer. Elle se contente de commandements militaires et de fonctions honorifiques, ambitionnant comme suprême récompense le collier de la Toison d'Or, qui, de loin en loin, est accordé à quelqu'un de ses membres. Mais sa fidélité a beau être complète, le roi ne cesse de la traiter avec froideur. Bien rares sont ceux des siens qu'il appelle à l'un des postes essentiels de la monarchie. Divisée d'ailleurs par des rivalités d'intérêts ou de préséance que les gouverneurs entretiennent soigneusement, elle est incapable de jouer un rôle politique. En réalité elle végète dans une condition médiocre, sans ambition et sans éclat, et les noms illustres qu'elle renferme font paraître plus profond l'engourdissement où elle sommeille (2).

Au-dessous d'elle, ce sont des nobles de création récente ou des hommes de loi sortis du barreau ou des conseils de justice qui fournissent le personnel du Conseil des finances et du Conseil Privé : les Bergeyck, les Schockaert, les Stockmans, les de Paepe, honnêtes gens sans grand génie et tous sincèrement attachés au système de la monarchie tempérée tel qu'il se manifeste à leurs yeux dans la Joyeuse-Entrée.

(1) Qachard, Édits et ordonnances des Pays-Bas autrichiens, t. III, p. LVili.

(2) Voy., en 1670, le portrait des personnes de considération qui sont attachées au service de Sa Majesté catholique. Ballet, de la Comm. roy. d'Hist, 3e série, t. X [1869], p. 329. L'auteur remarque que les Pays-Bas n'ont jamais été autant dépourvus d'hommes de valeur.

Caf la vieille charte brabançonne commence dès lors à passer pour le fondement de la constitution nationale. On y découvre ce que l'on désire y trouver, c'est-à-dire une équitable pondération des droits du prince et de ceux du pays. On interprête la souveraineté qu'elle reconnaît au premier comme ne lui accordant que ce qu'un « bon prince » doit promettre à ses sujets. Ceux-ci, de leur côté, ne doivent l'aider que « suivant leurs forces ». Sans doute ils ne peuvent refuser l'impôt, qui n'est pas un simple « donatif », mais le prince, naturellement, ne doit pas trop les charger (1). On ne s'inquiète pas de la dualité que le texte établit si nettement entre le souverain et le pays. On le met en harmonie avec la situation de fait; on n'y voit que le bienfaisant équilibre de pouvoirs rapprochés par une mutuelle confiance, étant convaincus « qu'un gouvernement monarchique et non despotique, fondé sur la raison et sur la justice, est le meilleur, le plus sûr et le plus heureux pour le prince et pour le peuple » (2).

L'autonomie que le roi laisse au Conseil Privé et au Conseil des finances, ceux-ci la laissent de leur côté à l'administration des provinces. Chacune d'elles se gouverne par ses États et par la « députation permanente » qui les remplace dans l'intervalle de leurs sessions. Recrutées dans le clergé, la noblesse et la bourgeoisie riche, ces assemblées se caractérisent par leur esprit conservateur et leur horreur des nouveautés. Le Settingh-Boexken de Flandre s'ouvre par l'affirmation, empruntée à Jean Bodin, que le salut de l'État consiste dans l'immutabilité des lois (3). Au reste, le traditionalisme dont on s'inspire tourne à l'avantage du peuple. L'impôt, fixé suivant d'anciens rôles de répartition, s'il est mal établi, est

(1) Voy. le traité de de Paepe sur la Joyeuse-Entrée composé vers 1680 et imprimé à Malines en 1787.

(2) J'emprunte ce texte à un mémoire composé en 1719 pour les doyens des nations de Bruxelles. Gachard, Documents inédits concernant les troubles de la Belgique sous le règne de l'empereur Charles VI, t. II, p. 413 (Bruxelles, 1839).

(3) Het vlaems Settingh-Boecxken inhoudende d'oprechte practijke van de vlaemsche pointinghen ende settinghen (Gand, 1694).

ESPRIT CONSERVATEUR DES INSTITUTIONS 5j

peu oppressif. Les intendants français constatent, en 1691, qu'il est beaucoup moins arbitraire que la taille (1). De plus, il ne comporte pas de privilèges ; le clergé et la noblesse le payent à peu près comme le tiers. Ajoutez à cela qu'il n'est pas affermé, comme en France, mais levé par des percepteurs nommés par les États, connaissant le contribuable, et qui, en cas de contestations, décident presque toujours en sa faveur. Enfin, si grandes que soient les nécessités du gouvernement, il reste modéré et il est rare que les objurgations des gouverneurs, même au moment des plus grands périls, arrachent aux États un subside extraordinaire.

Comme la monarchie, la fidélité au roi est tempérée. Le loyalisme que l'on professe pour un Philippe IV et un Charles Il ne peut se hausser, on le comprend, jusqu'à l'enthousiasme patriotique. D'ailleurs tout le monde sait bien que, même au prix des plus grands sacrifices, il est impossible de résister aux armées de Louis XIV. A quoi bon, dès lors, écraser d'impôts le pays déjà suffisamment ruiné par la guerre et par les réquisitions de l'ennemi ? Le mieux n'est-il pas de se courber sous la tourmente au lieu de lui tenir tête, et de ménager ses forces en attendant le retour de la paix?

Si l'héroïsme militaire a fait défaut à la population, le courage moral ne lui a pas manqué. Au milieu des pires calamités de l'invasion, elle n'a jamais désespéré de l'avenir. Ce souffre-douleur des conflits internationaux et de l'équilibre européen ne s'abandonne pas au découragement. Les Français admirent sa persévérance et son inlassable ardeur au travail. « Les habitants, écrit l'intendant du Hainaut en 1691, sont extrêmement laborieux. Même en pleine guerre ils cultivent leurs terres, quoiqu'ils soient presque sûrs de ne pas en

(1) Mémoire sur la province de Hainaut, fol. 30. Bibliothèque royale de Bruxelles, ms. n°^ 40-47. .

faire la récolte à cause des fourrages des troupes » (1). Après chaque campagne, comme dans une fourmilière ravagée, l'œuvre de restauration commence immédiatement. On relève les bâtiments incendiés, on replante les bois et les vergers : il ne se rencontre presque pas de ruines dans ce pays constamment ravagé par les armées. Mais si le peuple ne se laisse pas abattre par les calamités qui fondent sur lui, il ne les traverse pas impunément. De 1650 à 1700, la population décroît d'un mouvement continu. En Brabant, vers la fin de cette période, la diminution du nombre des habitants semble être d'un tiers environ (2).

Il va de soi qu'au milieu de l'insécurité perpétuelle, la situation du commerce et de l'industrie, bien autrement sensibles que l'agriculture, est plus lamentable encore. Et pourtant on ne se lasse point d'espérer, de chercher des remèdes, de travailler, en dépit de tout, à perfectionner l'outillage économique. En 1651, Lille se fait accorder par Philippe IV un octroi pour l'érection d'une bourse. En 1654, les « licentes » (3) abolies en 1648, mais qu'au mépris de leurs promesses les Provinces-Unies continuent à percevoir sur leurs frontières, sont rétablies et, sous le nom (\q droits d'entrée et de sortie, entourent le pays d'une ceinture douanière. Puis on met à profit, avec une confiance touchante, les huit années de répit qui suivent la paix des Pyrénées. A Gand, en 1660, il est question de construire une halle au lin, un packhuis pour les marchandises et même une bourse sur le modèle de celle de Lille. La même année, Bruxelles consacre 60,000 florins au relèvement de sa draperie et propose de creuser un canal qui reliera la ville à la Sambre (4). Les États de Flandre, en

(1) Mémoire sur la province de Hainaut, fol. 4. Bibliothèque royale de Bruxelles.

(2) Je tire cette conclusion de l'examen des chiffres, malheureusement incomplets et peu sûrs, donnés par Tarlier et Wauters dans La Belgique ancienne et moderne. Géographie et histoire des communes belges [arrondissements de Nivelles et de Louvain] (Bruxelles, 1859-1887).

<3) Voy. Histoire de Belgique, t. IV, 2^ édit., p. 420. (4) A. Wauters, Histoire de Bruxelles, t. II, p. 151.

TENTATIVES DE RELÈVEMENT ÉCONOMIQUE Sq

1664-1665, voulant créer une voie d'accès vers la mer pour compenser la fermeture de l'Escaut, contractent un emprunt destiné à l'approfondissement du canal de Bruges à Ostende (1) et obtiennent du gouvernement la permission d'équiper des « vaisseaux convoyeurs » (2) chargés de protéger la navigation nationale. En 1665, Bruges inaugure un nouveau bassin, et une chambre locale, puis, en 1667, une chambre générale de commerce y sont érigées (3). Sur la côte, la grande pêche est encore activement pratiquée et les bateaux ostendais cinglent jusqu'au Groenland (4).

La reprise de la guerre, en 1667, met fin momentanément à ces efforts, et, la paix revenue, les conjonctures sont pires que jamais, car le tarif français de 1667 ferme désormais la frontière du Sud aux produits du pays. Cependant on ne se décourage pas. En 1672, lors de l'invasion de la Hollande par Louis XIV, le gouvernement de Bruxelles cherche à attirer les drapiers de Leyde en leur promettant des exemptions d'impôts et de droits d'entrée (5). De leur côté, les États de Flandre reprennent les travaux de leur canal maritime et font achever en 1674 les écluses de Slykens. Mais dès la même année l'invasion recommence et depuis lors, jusqu'à la trêve de Ratisbonne, le pays, abandonné presque sans relâche aux belligérants, est forcé de subir passivement son sort. Le prince de Parme consent au tarif ruineux que la Hollande lui impose en 1680 (6). La France, par les droits qu'elle établit aux limites du Tournaisis, ferme la Flandre aux charbons du Hainaut, et profite de la misère

(J) p. Van Duyse et E. De'Busscher, Inventaire analytique des chartes et documents appartenant aux archives de la ville de Gand, p. 642, 645 (Gand, 1867).

(2) Qilliodts Van Severen, Cartulaire de l'étape de Bruges, t. III, p. 520, 539, Cf. du même, Cartulaire du consulat d'Espagne, t. II, p. 586, 588,

(3) Qilliodts Van Severen, Cartulaire de l'étape de Bruges, t. III, p. ^02, Cf. H. Van Houtte, Annales de la Société hist. de Gand, t. X [1910], p. 6.

(4) Le 16 novembre 1663, les capitaines des navires de guerre à Ostende sont autorisés à faire la pêche au Groenland pendant la paix. Placcaeten van Bradant, t. IV, p. 12.

(5) Placcaeten van Vlaenderen, III, p. 808. Cf. F. De Potter, Petit cartulaire de Gand, p. 352.

(6) Voy. plus haut, p. 36.

6o DERNIÈRES ANNÉES DU RÉGIME ESPAGNOL

croissante des provinces pour attirer vers ses manufactures quantité d'artisans. Le pays de Liège impose impitoyablement le soixantième à toutes les marchandises qui passent sa frontière, si bien que les forgerons du Namurois, qui y écoulaient leurs produits, sont contraints d'aller s'y établir (1). Ainsi, en même temps qu'on ravage ses campagnes et qu'on bombarde ses villes, le pays, étouffé par le protectionnisme de ses voisins, voit s'arrêter les dernières pulsations de son commerce et de son industrie. Il semble tombé au dernier degré de la décadence économique. Et pourtant il continue à nourrir des rêves de relèvement. Des projets se font jour consistant à protéger le marché national livré sans défense à l'importation étrangère. En juillet 1683, les États de Flandre demandent que les denrées et manufactures soient taxées à l'entrée « pour bénéficier celles du pays et le creu du terroir, et imposer de si grands droits que les voisins perdent l'envie de les amener et les habitants de s'en servir, particulièrement les charbons d'houille d'Angleterre et d'Escosse, les beurres, les bestes grasses de Hollande, grains, avoines, viandes salées, cuirs salés, suifs, etc., ensemble les toiles de coton blanches ou teintes, étoffes de France de soie, fil ou laine, dentelles de fil, soie, or ou argent, et qu'on en interdise le port, vu que l'on pourrait établir des manufactures suffisantes non seulement pour fournir le pays, mais pour exporter, et que, sans cela, le pays sera tellement épuisé qu'il sera impossible de fournir aux charges publiques » (2). A la même époque, le marquis de Grana prend quelques mesures pour favoriser le commerce avec l'Espagne, qui reste le marché principal des toiles flamandes, et pour réorganiser l'institution des vaisseaux convoyeurs. En 1684, il se décide à relever tous les tarifs douaniers. Mais aussitôt, le renchérissement des denrées alimentaires exaspère le peuple des villes.

(1) Lahaye, Inventaire de la correspondance du Conseil provincial deNamur,

(2) Gachard, Inventaire des archives des Chambres des comptes, t. III, p. 115 (Bruxelles, 1851). En 1686 les États de Hainaut demandent que l'on frappe des droits sur le charbon d'Angleterre et d'Ecosse. L. Devillers, Inventaire des archives des États de Hainaut, t. II, p. 245.

PROJETS DE CANAUX 6l

A Anvers, les « wijkmeesters » et les doyens refusent leur consentement au subside annuel (1). Les « nations » de Bruxelles se montrent plus récalcitrantes encore. Des bagarres éclatent; le gouverneur est menacé, son cheval est tué sous lui. Il faut qu'il fasse appel à l'intervention de quelques grands seigneurs pour rétablir l'ordre, et, de crainte d'un soulèvement général, il est contraint de retirer ses ordonnances. Au reste, il n'abandonne pas l'espoir d'une revanche. Pour mater la résistance des Bruxellois il songeait à transporter à Gand le siège du gouvernement, quand il mourut subitement à Mariemont (2).

Son successeur, le marquis de Gastanaga, profitant de la trêve de Ratisbonne, imita son exemple et encouragea les hommes d'action. A leur tête figurent l'avocat van der Meulen et le marchand Pierre Caron. Celui-ci publie en 1686 sa Source véritable de la disette d'argent, où il expose, en un mélange confus d'idées justes et de rêveries irréalisables, les causes de la misère du pays et les moyens de les combattre. 11 préconise avant tout un système d'approfondissement de rivières et de creusement de canaux en vue de permettre aux navires de mer de remonter sans rompre charge d'Ostende à Anvers, Matines et Bruxelles (3). Gastafiaga s'empressa d'approuver ce projet et sa bonne volonté ranima tout de suite les énergies latentes. Les États de Flandre et de Brabant demandent à Madrid l'autorisation pour les bateaux flamands de naviguer aux îles Philippines, ou du moins de pouvoir

(1) L. Galesloot, Het knickerspel. Épisode inédit de l'histoire communale d'Anvers. Annales de l'Académie d'archéologie d'Anvers, 1872.

(2) A. Wauters, Des efforts tentés à la fin du XVII>^ siècle pour entraîner la Belgique dans le système prohibitionniste. Bullet. de l'Acad. roy. de Belgique, 2e série, t. XLVIIl [1879]. Pour l'esprit protectionniste du temps, voir le ms. 5 n" 12463 de la Bibliothèque royale de Bruxelles, L'origine de la ruine et pauvreté des Pays-Bas espagnols, comme aussi les instructions sur les moyens d rem lire ces pays et d'y faire revivre le commerce, etc.

(3) L s instructions de Villa-Hermosa, en 1675, attiraient déjà son attention sur des projets analogues. Voy. Gachard, Bibliothèques de Madrid et de l'Escurial, p. 343. Cf. aussi, en 1678, un avis du conseil d'État. Bullet. de la Comm. roy. d'Hist., 3<' série, t. VII, [1865], p. 117.

fréquenter le port de Buenos-Ayres (1). Van der Meulen, reprenant des idées déjà formulées en 1632, propose la création d'une grande compagnie de commerce (2). Le gouverneur institue une « jointe » chargée d'élaborer une refonte des droits d'entrée. Déjà se manifestent des symptômes de renouveau. En 1686, une fabrique d'étoffes de soie s'installe à Gand (3). Ypres attire dans ses murs des drapiers hollandais (4). On poursuit en justice des ouvriers qui ont voulu émigrer en France (5). L'édit proclamant que le commerce ne déroge pas à la noblesse est republié en 1690 (6). Enfin, en 1688, des négociants brugeois équipent une frégate destinée à faire voile vers les Indes, où d'ailleurs elle n'arriva pas, ayant été capturée sur la côte de Guinée par les vaisseaux de la compagnie africaine de Brandebourg (7).

La reprise de la guerre, de 1689 à 1697, vint interrompre ces efforts. Mais la paix de Rysvs^yk permit à Maximilien- Emmanuel de s'y intéresser à son tour. Au lieu de retourner en Bavière, où l'appelait le désir de son peuple écrasé d'impôts, il avait résolu de demeurer dans ces Pays-Bas sur lesquels il comptait bien régner un jour. 11 déployait toute l'activité de sa nature à relever Bruxelles de ses ruines, à en faire une capitale digne d'un futur roi. Il y achevait les travaux d'où devait sortir bientôt cette merveilleuse grand'place entourant le joyau gothique de l'hôtel de ville de ce cadre d'une somptuosité un peu lourde, dans lequel la Renaissance italienne s'allie aux vieilles traditions de l'architecture brabançonne. 11 faisait percer la nouvelle rue de Bavière et élever un Opéra sur l'emplacement de la Monnaie. Il donnait ses couleurs aux arquebusiers, organisait des fêtes, tirait l'oiseau avec les

(1) M. Huisman, La Compagnie d'Ostende, p. 28.

(2) Wauters, loc. cit.

(3) F. De Potter, Petit cartulaire de Gand, p. 355. Cf. pour d'autres établissements du même genre, p. 359, 360, 364, 370, 372.

(4) E. De Sagher, Notice sur les archives communales d'Ypres, p. 344 (Ypres, 1898).

(5) V. Gaillard, Archives du Conseil de Flandre, p. 412.

(6) Placcaeten van Vlaenderen, IV, p. 1334.

(7) M. Huisman, La Compagnie d'Ostende, p. 29.

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