CHAPITRE II
Au mois de mai 1702, l'empereur, l'Angleterre et les Provinces-Unies déclaraient la guerre à la France et à l'Espagne. Des trois alliés, l'empereur seul n'avait pas reconnu Philippe V. En sa qualité de Habsbourg, il se considérait comme l'unique héritier de Charles II et revendiquait l'ensemble de sa succession. Ni l'Angleterre ni les Provinces-Unies n'étaient disposées à soutenir à fond ces prétentions qui auraient reconstitué, en faveur de Léopold, la monarchie de Charles-Quint. Ce qui les poussait avant tout dans la lutte, c'était l'occupation de la Belgique par les troupes françaises, prélude évident d'une annexion par Louis XIV. Ainsi la question des Pays-Bas catholiques se trouvait une fois de plus, et plus nettement que jamais, le pivot du conflit. Elle allait le rester sans interruption jusqu'à la paix d'Utrecht.
Les campagnes de 1702 et de 1703 se déroulèrent surtout en Allemagne, où Villars et Maximilien-Emmanuel continuèrent leurs efforts contre les impériaux. Les Anglais et les Hollandais ne se trouvaient pas encore en mesure d'envahir efficacement la Belgique. Le répit qu'ils lui laissèrent fut mis à profit pour entourer la Flandre et le Brabant d'une longue ligne de retranchements partant du pays de Waes et aboutissant à la Meuse, aux environs de Huy. Vers l'Est, les principautés de Liège et de Cologne, grâce à l'alliance de Joseph-Clément