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CHAPITRE III

Durant les soixante-dix ans qui s'écoulent de la mort de l'infante Isabelle à celle de Charles II, l'Espagne s'est contentée de vivre dans les Pays-Bas. Sa faiblesse, son incapacité politique, ses misères et ses défaites lui ont enlevé la possibilité et le désir de gouverner. Elle abandonne le pays à lui-même et son inertie laisse peu à peu l'esprit conservateur des habitants dégénérer en esprit de routine. Du Suprême Conseil de Flandre à Madrid, ne part ni une initiative, ni une velléité de réforme. A la fin du xvii^ siècle, le gouvernement reste exactement tel que Bentivoglio l'a décrit sous les archiducs: une monarchie tempérée. Au reste, les tempéraments apportés au pouvoir du prince ne découlent en rien d'une conception systématique. Ils résuhent simplement d'une situation de fait, c'est-à-dire de la persistance des vieux privilèges dont le pouvoir central s'accommode parce qu'il ne peut s'en affranchir.

Il en devait aller tout autrement sous la maison d'Autriche. Après la période de tâtonnements que présente le règne de Charles VI, un nouveau régime se manifeste et s'impose avec une force croissante, depuis l'avènement de Marie-Thérèse. Le pouvoir monarchique, relégué pour ainsi dire à l'écart sous les rois d'Espagne, vise à se replacer au centre et à soumettre à son action toute la vie politique. L'activité de Vienne con-

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