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CHAPITRE III

LES GUERRES LIÉGEOISES /qj:^^^^ -^

Jusqu'au commencement du xv^ siècle, le pays de Liège a entretenu, dans la paix comme dans la guerre, les rapports les plus étroits avec les autres territoires des Pays-Bas. Touchant tout à la fois, par la configuration bizarre de ses frontières, au Hainaut, au Namurois, au Luxembourg, au Brabant et à la Gueldre, peuplé d'habitants de langue wallonne et de langue flamande, centre d'un diocèse dont la juridiction spirituelle s'étend largement vers l'Ouest, et communiquant par la Meuse avec les ports de la mer du Nord, il mêle son histoire, depuis que la ruine de l'Église impériale a relâché les liens qui l'unissaient jadis si étroitement à l'Allemagne, à celle de ses voisins occidentaux. Si sa vie économique est moins intense que celle de la Flandre ou du Brabant, il présente pourtant avec eux une parenté évidente et apparaît comme un membre de la même famille. Sauf des différences de détail, le développement de la démocratie urbaine y a suivi une marche parallèle à celle que l'on observe à Bruges, à Ypres et à Gand ; la paix de Fexhe et les paix des XXII rappellent par leurs caractères essentiels la charte de Cortenberg et la Joyeuse Entrée.

C'est avec le Brabant, on l'a déjà vu, que la principauté épiscopale se trouva le plus directement et le plus fréquemment en contact. Lorsque les ducs, après la bataille de Worringen,

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eurent acquis le Limbourg, et lorsque, de leur côté, une centaine d'années plus tard, les évèques eurent annexé le comté de Looz, les deux territoires, enchevêtrés l'un dans l'autre et se pénétrant mutuellement, virent leurs relations déjà si nombreuses se multiplier encore.

Il faut distinguer dans ces relations un double courant. Tandis que l'exercice de la juridiction ecclésiastique et de la juridiction de paix sur les terres brabançonnes faisait éclater entre les ducs et les évèques de nombreux conflits, dans lesquels les premiers eurent régulièrement l'avantage sur les seconds, les villes liégeoises, indifférentes aux prétentions de leur prince, s'orientèrent de plus en plus vers le duché, firent converger vers Anvers leur activité commerciale, et cherchèrent à se concilier l'amitié de leurs voisins brabançons. Elles finirent par imposer leur conduite à l'évêque. A partir du milieu du XIV^ siècle, leur politique l'emporta et eut pour résultat une ère de paix et d'entente réciproque. Un traité analogue à celui qui, du temps de Jacques Van Artevelde, avait uni le Brabant à la Flandre et au Hainaut, fut conclu vers la même époque (21 septembre 1347) entre le Brabant et le Pays de Liège (i). La Joyeuse Entrée consacra la perpétuité de l'un comme de l'autre (2), si bien que le Brabant, relié tout à la fois, à ses voisins de l'Est et de l'Ouest, apparaît dès lors comme destiné à les réunir quelque jour en un même tout.

On sait que, si cette union se réalisa du côté de la Flandre, il en alla tout autrement du côté de Liège. Le cours pris par les événements au xiv^ siècle dévia soudain au xv^. La maison de Bourgogne, si facilement accueillie dans le reste des Pa3'S- Bas, rencontra dans la principauté épiscopale une résistance obstinée. Elle ne parvint à en triompher que par le fer et le feu. Il fallut trois campagnes, le sac de Dinant et de Liège, des massacres abominables, pour lui soumettre le pays. Et cette

(1) Brabantsche Yeesten,t. II, p. 468.

(2) « Voert ghelov^en wi hertoginne ende hertoge vorghenoemt, te houdene ende te sweerne die verbonde die ghemaect siin tusschen ons, onsen goeden lieden ende lande van Brabant, ende den greeve van Vlaendren, sinen goeden lieden ende lande, gheliic die brieven in hebben die daer op ghemaect siin ende besegelt, ende aile desgeliics te houden tverbont tusschen ons, onsen goeden lieden ende lande van Brabant, ende den goeden lieden enden lande van 't bysdomme van Ludeke. n

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