L IMPOT
tant ainsi l'indépendance financière du prince (i). Comme nous l'avons déjà dit, le poids de l'impôt fut allégé par une meilleure
{ i) En l'absence d'une étude détaillée sur les contributions payées aux ducs par l'ensemble de leurs pays « de par-deça », le relevé suivant, malgré son caractère fragmentaire, ne laissera pas de présenter un certain intérêt.
Année i388 : loo ooo francs d'or accordés par la Flandre » iSgy : loo ooo nobles accordés par la Flandre » iSgg : i ooo » » le Limbourg
» 1408 : 108 000 doubles écus accordés par la Flandre » 14 M : 60 000 écus accordés par la Flandre » 1414 : 100 000 deniers d'or accordés par la Flandre » 1417 ' 100 000 doubles écus d'or accordés par la Flandre
Îio 000 heaumes accordés par la Flandre 60 000 livres (payables en deux ans) par le Hainaut 5o 000 écus (pendant 10 ans) par la Hollande » 1430 : i5o 000 nobles d'or accordés par la Flandre » 1434 : 40 000 livres » le Hainaut
ii5o 000 nobles » la Flandre
40 000 livres n le Hainaut
3oo 000 ridders (payables en 6 ans) par le Brabant » 1438 : 3o 000 livres accordés par le Hainaut
Ii5o 000 nobles n la Flandre
20 000 florins du Rhin accordés par le Limbourg 36000 écus (pendant 5 ans) par la Hollande ( 40 000 livres accordés par le Hainaut 35o 000 ridders » la Flandre
6 000 livres » le Hainaut
5o 000 » » le Hainaut
176 000 écus (payables en 7 ans) par le Brabant 200 000 écus (payables en 8 ans) » la Flandre 40000 » (pendant 6 ans) » la Hollande 3 000 couronnes » le Limbourg
10000 livres » le Hainaut
120 000 livres (payables en 6 ans) » le Hainaut i5o 000 ridders » » Brabant
40 000 écus (pendant 10 ans) par la Hollande
5 000 livres (pour la guerre de Gand) par le Hainaut i5o 000 écus (payables en 6 ans) par le Brabant 100 000 livres (payables en b ans) par le Hainaut 46 000 écus » la Flandre
32 5oo écus (payables en 3 ans) par le Brabant 200 000 livres (payables en 10 ans) par le Hainaut 25o 000 écus » » Brabant
25 000 ridders (pour le sacre de Louis XI) par la Flandre 54000 écus (pendant 10 ans) par la Hollande 36 000 ridders » Flandre
1 000 000 écus
3oo 000 livres
(pour la guerre de Liège) par le Brabant (pour la guerre contre Liège) par la Flandre (payables en i5 ans) » »
» par le Hainaut
160 000 ridders (payables en 5 ans) par le Brabant 28 000 livres pour la joyeuse entrée
de la duchesse (payables en i5 ans) par le Hainaut) 120 000 écus accordés pour 3 ans par toutes les provinces 5oo 000 écus accordés pour 6 ans par toutes les provinces 3o 000 écus (pour la flotte) accordés par la Flandre.
répartition. Dès 1408, Jean sans Peur fit re viser le Transport de Flandre qui, fixé au commencement du xiv" siècle, réglait encore à cette date la quote-part des diverses circonscriptions du comté. En 1437, ^^^ opération semblable fut accomplie en Brabant. En même temps, l'impôt se généralisa, et partant pesa moins lourdement sur les contribuables. Ce n'est qu'à partir des grandes guerres de Charles le Téméraire qu'"il commença de devenir oppressif.
La création, en 147 1, d'une armée permanente de dix mille hommes (i), n'augmenta pas seulement les dépenses du duc, elle le força aussi à imiter le roi de France et à chercher à s'assurer, comme lui, l'impôt perpétuel. Après avoir obtenu, en 1 471, une aide générale de 120,000 écus pour trois ans, Charles réussit' encore, en 1473, à se faire voter pour six ans 500,000 écus. Mais le mécontentement avait atteint cette fois son extrême limite. En 1476, après la bataille de Granson, une nouvelle demande de subsides fut rejetée parles États généraux.
Tel que nous venons de l'esquisser, le gouvernement central des Pays-Bas apparaît comme un organisme superposé aux constitutions territoriales par la volonté du prince. Il ne plonge point ses racines dans la tradition nationale. Créé par la dynastie, confié à un personnel presque entièrement étranger, calqué en partie sur les institutions monarchiques de la France, n'employant guère d'autre langue que le français, soustrait à tout contrôle autre que celui du souverain et imprégné des tendances absolutistes de celui-ci, il présente un contraste éclatant avec les régimes politiques qui, sous lui, continuent d'exister dans les diverses provinces. Par lui se perpétue dans l'Etat collectif, cette opposition du prince et du pays que nous avons constatée au xiv* siècle dans les petits États territoriaux. On est loin encore de l'époque où se fondront, dans une unité supérieure et dans une collaboration intime, la volonté monarchique et la volonté nationale. Malgré les services incontestables qu'elle rend à la chose publique, l'administration centrale
(1) J. de la Chauvelays, Mémoire sur la composition des armées de Charles le Téméraire dans les deux Bourgognes. Mémoires de l'A cadémie de Dijon, 3« série, t. ¥[1878], p. iSg et suiv.